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lundi 28 avril 2014

Carrefour développe un modèle de drives satellites

Carrefour prend un nouveau virage en matière de drives. Il se constitue un réseau d'entrepôts solos qui ont vocation à servir des drives satellites adossés à des magasins.
De source syndicale, Carrefour a annoncé 27 nouveaux drives en 2014. 3 sont des entrepôts solos, 16 sont des satellites et 8 sont des drives adossés avec picking en magasin (le modèle dominant de l'enseigne).
Au 31 mars, selon un décompte interne, le parc de Carrefour se décompose en 117 drives adossés (non inclus ceux des supermarchés), 11 solos, 4 satellites et 2 mitoyens.
L'appellation de drive mitoyen, chez Carrefour, désigne un modèle dans lequel le drive fonctionne sans picking magasin, mais avec son propre entrepôt pris sur les réserves de l'hyper. Ce qui suppose de pouvoir libérer d'un coup 1000 à 2000 mètres carrés.
Le drive mitoyen a été installé à Chartres et à Vitrolles. Comme avec le picking, les salariés du drive sont ceux de l'hyper. Mais le modèle n'a pas été retenu par Carrefour et ne devrait donc pas être déployé.

Drives picking non rentables

Parmi les 16 nouveaux drives satellites annoncés en 2014, 5 ou 6 seront en réalité des conversions de drives picking non rentables.
Pour les hypers concernés (sans doute Nîmes Sud, Beaucaire, Perpignan Claira, Perpignan Roussillon, Villabé et Flins), le modèle économique n'est en effet plus le même. Plutôt qu'une équipe picking de 6 à 10 personnes, le magasin n'affecte plus au drive que deux personnes, chargées de réceptionner les commandes préparées dans l'entrepôt solo et de les remettre aux clients.
En contrepartie, le chiffre d'affaires reste affecté au drive solo et l'hyper ne perçoit plus qu'une commission sur les ventes.

La société Carrefour Drive

Les drives solos, eux, sont gérés par la société Carrefour Drive (qui n'offre pas à ses salariés les mêmes conditions que Carrefour Hypermarchés France).
A date, la société Carrefour Drive dispose de 11 établissements, dont un tout nouveau solo opérationnel à Biarritz depuis le 23 avril. Une ouverture à Amiens est attendue pour juillet 2014. Pour être complet sur le panorama des drives solos de Carrefour, il faut aussi y ajouter un entrepôt à Morzine ouvert par un franchisé Carrefour Market et le drive d'Ooshop à Villeneuve-la-Garenne.
Les drives solos de Carrefour sont installés sur des lieux de flux ou, de façon offensive, sur la zone primaire d'un concurrent. Certains sites ont donc désormais vocation, en sus, à préparer des commandes pour des drives satellites. Satellites qui peuvent être accolés à un hyper, mais aussi à un supermarché Carrefour Market : la logistique de Carrefour devient multiformat, les drives suivent le mouvement.

Source: http://goo.gl/6g3A06

mercredi 16 avril 2014

Le « drive » modère l'allure

Pour ses 10 ans, Chronodrive recherche un second souffle...

«Vous avez un nouveau client.» Chez Chrono-drive, l’activité est rythmée par le haut-parleur et les commandes. Les préparateurs sillonnent les rayons de manière rationalisée. «Jusqu’à 15 km en quatre heures», souligne l’un d’eux. L’efficacité du processus est née il y a dix ans, dans ce «picking» magasin de Marcq-en-Barœul. Jeudi, le précurseur des «drive» en France célébrait officiellement cet anniversaire. «Nous étions les premiers à proposer de faire ses courses sur Internet et de venir récupérer la commande directement dans le coffre de sa voiture», raconte Ludovic Duprez, cofondateur de Chronodrive.

Nouveaux services

Adossée à la centrale d’achat d’Auchan, l’enseigne a rapidement pris son essor: 69 sites en France, dont 9 dans la métropole lilloise. Ce mode de consommation est entré dans les mœurs, entraînant dans son sillage la concurrence de la grande distribution. En 2012, le nombre de «drive» doublait pour atteindre les 2000 en fin d’année. «Nous sommes désormais capables d’assurer une commande en 30 minutes via un smartphone», souligne Henri Sarraf, directeur du site de Marcq-en-Barœul.
Avec 4% de part du marché alimentaire et 2839 sites recensés en France début mars*, le «drive» semble néanmoins à la recherche d’un second souffle. «Aujourd’hui, le marché ne progresse plus. On réduit le rythme des ouvertures à une dizaine cette année», avoue Jean-Philippe Grabowski, directeur général de Chrono-drive. En 2013, les premières fermetures ont même été enregistrées, dont celle d’Hallluin. «Le métier du drive n’est pas fini pour autant, pronostique pourtant Ludovic Duprez. Il faut réinventer de nouveaux services.»

jeudi 10 avril 2014

Amazon Dash, la nouvelle arme de Jeff Bezos dans la bataille des produits frais

amazon-dash
Le géant de l’e-commerce américain a dévoilé samedi un nouveau projet grand public, baptisé Amazon Dash, un terminal connecté en wi-fi qui permet de commander des produits du quotidien. Ce scanner fonctionne via l’application Amazon Fresh, uniquement disponible au Etats-Unis pour l’instant.
Muni de cette télécommande, l’utilisateur peut à la fois scanner très simplement les produits qu’il souhaite recevoir, ou indiquer à l’aide du micro intégré le nom de ceux qui lui manquent, comme l’indique cette démo : 
https://www.youtube.com/watch?v=JLOzF0Y4Mqw (la vidéo ne semble pas fonctionner c matin)

Ce nouveau device simplifie immanquablement la commande de produits frais. Mais on peut aussi penser que le grand public, qui dispose déjà de multiples appareils ( tablettes, smartphones, PC), n’est pas certain d’adopter un énième device, alors que les applications de commande web-to-store existent déjà. C’est le cas par exemple  d’Instacart à San Francisco, un application innovante de livraison de produits frais en moins d’une heure.
AmazonFreshLa firme de Jeff Bezos parie donc sur la livraison rapide de produits frais grand public, un marché que vise l’ e-retailer depuis un bon moment. La plateforme Amazon Fresh, qui livre des produits le jour-même pour un montant minimum de 35 dollars, a ouvert à San Francisco, à Seattle et à Los Angeles. Amazon Fresh entend concurrencer des géants du retail comme Walmart ou Tesco.
En France, c’est le service du drive qui permet de récupérer rapidement des produits frais. En 2013, on comptait ainsi 2 800 drives ouvert par les principales enseignes hypermarchés, Leclerc, Carrefour et Intermarché en tête.

Source: http://goo.gl/Vsjj2E

lundi 7 avril 2014

L’hypermarché, le drive et le temps

Ces dernières semaines, les grands de la distribution ont communiqué sur leurs résultats 2013. Un point commun se détache : ceux qui ont misé sur le drive (Leclerc et Carrefour, 350 unités chacun) s'en sortent mieux que ceux qui ne l'ont pas fait (Système U et Auchan). Casino a fait une bonne année en « investissant » sur les prix.
Le drive est une originalité française : le consommateur achète sur le site Internet du distributeur et retire son achat dans un espace consacré, le drive, accolé ou pas à l'hypermarché.
Le drive a un peu plus de dix ans et représente (il n'y a pas de chiffres officiels et la rentabilité est incertaine) entre 3 % et 5 % du chiffre d'affaires des enseignes. Sa croissance est extrêmement rapide.
Il est intéressant de s'interroger sur le succès du drive. Les prix y sont les mêmes que dans la grande surface, le choix est très large, il évite la tentation des achats impulsifs, l'achat y est plus rapide. D'ailleurs, les enseignes s'interrogent pour faire venir les clients dans les magasins en baisse de fréquentation et les confiseurs voient leurs ventes diminuer.
En période de crise, le drive est un argument économique pour le consommateur. Mais surtout, le drive fait économiser du temps. La preuve ? Ce sont les hard-discounts qui perdent des parts de marché et des points de vente ferment (151 ont fermé, selon Nielsen, entre août 2012 et 2013). Le hard-discount, qui était à 14 % de parts de marché en 2008, est à 11,8 % en février 2014 (Kantar).
Or, le hard-discount est moins cher que le drive. Il y a donc un constat simple qui était l'un des signaux faibles de la chute des hypers il y a plus de dix ans : une part de la clientèle des hard-discounts était attirée par le temps économisé : une minute de temps d'achat par produit en hard-discount contre 3 à 6 minutes en hypermarché, incluant le temps d'accès au parking. Faites le calcul : l'achat en hard-discount est d'environ 10 articles, pour 15 en hyper…
Cette clientèle économe de son temps, à la recherche de l'économiseur de temps, a basculé du hard-discount au drive, du choix trop réduit à un choix plus large, tout en étant économe du temps consacré aux achats de nature répétitive. Le temps est un critère d'achat ignoré par les études - ou si peu pris en compte.
L'éphémère ministère du Temps libre a été créé en 1981. Depuis, le Français court toujours après le temps, même en travaillant 35 heures depuis quinze ans environ. Le temps est devenu une valeur rare et donc chère, dont la prise en compte évite des erreurs. Signal faible ou signal fort ? Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine… pour démontrer l'inverse.

lundi 31 mars 2014

CARREFOUR : France : Le nombre de Drive dépasse celui des hypermarchés

Le nombre de Drive en France a franchi un cap, dépassant pour la première fois le nombre d'hypermarchés répartis sur le territoire, selon les chiffres publiés mardi par l'institut Nielsen.
Dopé par un rythme frénétique d'ouvertures au cours des deux dernières années, le nombre de Drive, ces points de retrait qui permettent aux clients de passer leurs commandes sur le site internet des distributeurs et d'en prendre livraison en magasin dans les 24 heures, a atteint 2.031 à la fin mars, contre 2.022 hypermarchés.
Le concept inventé par Auchan il y a dix ans avec un premier "Chronodrive" à Marcq-en-Baroeul (Nord) a connu un succès fulgurant et a profondément bouleversé le paysage de la distribution alimentaire.
Alors que sa rentabilité est loin d'être avérée, le Drive est devenu l'outil incontournable des distributeurs dans leur course à la part de marché.
Leclerc, de loin le plus agressif dans le développement de ce format, détenait quelque 462 Drive à la fin mars 2014, selon Nielsen TradeDimensions, devant Intermarché (379), Carrefour (353), Système U (293) et Casino (131).
Resté plus en retrait, le pionnier Auchan comptait quant à lui 93 Auchan Drive et 69 Chronodrive. Le distributeur nordiste a d'ailleurs expliqué en partie sa perte de parts de marché en France l'an dernier par de moindres ouvertures de Drive que ses concurrents. (Pascale Denis, édité par Dominique Rodriguez)

Source: Les Echos (http://goo.gl/mgeVp6)

mercredi 26 mars 2014

Le « drive », nouveau terrain de bataille des distributeurs

Un dossier complet avec des liens vers d'anciens articles.  a lire en ligne pour avoir tous les liens actifs (http://goo.gl/RTWYuG)

Les « drive », ces points de livraison adossés aux magasins pour les commandes de produits alimentaires effectuées sur Internet, se développent rapidement dans l’Hexagone. Auchan a été le leader sur ce créneau. Carrefour est parti en retard, mais compte bien se rattraper. Quant à Leclerc, il a mis le « drive » au cœur de sa stratégie et est devenu leader sur ce marché. Explications.

Le « drive », qu’est-ce que c’est ?

Le « drive », nouveau terrain de bataille des distributeurs
Entre le commerce électronique et le commerce traditionnel en dur, le « drive » inventé en 2004 par Chronodrive, est en plein boom et constitue le nouveau moteur de la distribution alimentaire. Le principe : le client commande ses produits sur Internet et va les chercher sur un site mitoyen d’une grande surface ou dans un entrepôt indépendant. Son colis est alors déposé directement dans son coffre de voiture. Les « drive » ne proposent que 10% de l’assortiment d’un hyper, soit entre 5.000 et 6.000 références, mais il s’agit des articles les plus consommés –le fond de courses du ménage : eaux, farines, sucres, laits, pâtes, produits d’entretien, etc. Selon une étude de Parabellum réalisée fin 2010, ce nouveau service attirait surtout des cadres ou des employés, âgés de 25 à 39 ans, avec enfants et plutôt des femmes (68%). En 2011, d’après une nouvelle étude du même cabinet, le profil des utilisateurs a changé : les 40-54 ans sont de plus en plus représentés (41%, contre 25% un an plus tôt), de même que les professions intermédiaires. La clientèle reste très féminine (70%).
VIDEO Les explications de Philippe Bertrand, spécialiste de la distribution aux « Echos », sur l’essor du « drive » (mars 2011)

Tous les distributeurs dans la course

Côté distributeurs, Auchan a été le pionnier sur ce créneau. Mais tous ses concurrents s’y sont mis et les « drive » poussent comme des champignons dans l’Hexagone. Il faut dire que la formule, pratique pour le consommateur et source de gain de temps, est peu coûteuse pour le distributeur et présente un retour sur investissement plus rapide. En avril 2012, le cap des 1.000 « drive » est franchi. En mars 2013, on en comptabilise 2.000 en France. Si numériquement, ce sont Système U et Intermarché qui arrivent en tête du classement, avec plus de 500 points de collecte, le leader incontesté du « drive » est en réalité Leclerc chez qui les « drive » ont généré 838 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, soit un quart de la croissance de l’enseigne. En pointe sur le « drive », le groupement d’indépendants mise d’ailleurs sur cette formule de vente pour servir de base à sa nouvelle stratégie multicanal et pour l’aider dans son ambition de détrôner Carrefour et de devenir le leader français de la distribution alimentaire. Début 2014, le « drive » approche les 3.000 unités. La marché pèse alors 3,8 milliards d’euros, avec deux leaders, Leclerc et groupe Auchan, qui pèseraient respectivement 1,5 et 1 milliard d’euros.
Des produits du quotidien  [ 21/03/2011 ]

Une reconquête du terrain dans le e-commerce

Longtemps à la traîne sur le marché du commerce électronique, les distributeurs reconquièrent du terrain depuis qu’ils privilégient le « drive » à la livraison à domicile. Selon une étude de Kantar Worldpanel, les achats en ligne de produits de grande consommation (PGC) plus les produits frais en libre-service ont passé le cap du milliard d’euros entre le 1er janvier et la fin juillet 2012. Ils contribuent de fait à 31 % de la hausse des ventes des enseignes confirmant le fait que le « drive » est devenu le nouveau moteur de croissance des Leclerc, Auchan, Intermarché, U et autres Carrefour. Il s’agit bien du « drive », puisque ce mode de distribution a représenté 89 % des ventes en ligne des distributeurs alimentaires, contre 11 % seulement pour la livraison à domicile. Au total, le « drive » a atteint une part de marché de 2,5 % en juillet 2012, soit l’équivalent de celle du hard discounter Aldi, et 10,7 % des ménages français utilisent alors ce canal d’achat. Début 2014, ils sont un quart à avoir recours au « drive », 3 millions de Français le fréquentant dix fois par an et y consacrant 23 % de leurs dépenses annuelles, selon Kantar. Sa part de marché atteint désormais 3,9 %. Pour autant, sa croissance ralentit.

Une formule rentable ?

Si le « drive » porte la croissance des distributeurs et leur permet de conquérir de nouveaux clients, est-il pour autant rentable ? La question fait débat. « Il s’agit d’un modèle économique très exigeant », reconnait Pascal Damien, directeur d’exploitation d’Auchan Drive mi-2012. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que le « drive » –qui propose un nombre limité de références– pousse pour le moment à une certaine paupérisation de la consommation. Pour les distributeurs, l’enjeu est de pousser les consommateurs à sortir de leur liste de course. En les incitant à effectuer des courses de complément dans les points de vente physiques, lieux de prédilections des achats d’impulsion et de produits frais. Et en rendant la consommation alimentaire sur Internet aussi vivante que le shopping en magasin. « Pour que le modèle du “drive” soit pérenne, il lui faut résoudre l’équation économique, gagner la bataille des produits frais et améliorer son marketing dédié », estime ainsi Bernard Demeure, directeur associé chez Oliver Wyman. Une façon, aussi, de résister à l’arrivée attendue d’Amazon Fresh en France.

Une régulation des « drive »

Les ambitions des enseignes dans le « drive » pourraient être bientôt ralenties. Car le gouvernement a décidé de légiférer et de soumettre les « drive » aux règles communes de l’urbanisme commercial. Cette mesure a été inscrite dans la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur). Ainsi, chaque projet de création devra bientôt obtenir l’approbation de la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) dont il dépend –alors que jusqu’à présent, pour implanter un « drive », il suffisait de demander un permis de construire. L’obtention de ce type d’approbation prend en moyenne deux ans.
Source: Les Echos (http://goo.gl/RTWYuG)

mardi 25 mars 2014

En dix ans, le « drive » a révolutionné la distribution française

Ce format approche les 3.000 unités et pèsera bientôt plus lourd dans l’alimentaire que les magasins de proximité. Mais le concept de commande sur Internet et de retrait en magasin ou entrepôt doit améliorer sa qualité de service.

Inventé en 2004 dans le nord du pays par Chronodrive (voir ci-dessous), le « drive » fête ses dix ans. Et, sans conteste, cette forme de courses, qui consiste à commander sur le Net ses produits alimentaires et de grande consommation, puis à aller chercher sa commande en voiture dans un entrepôt dédié ou sur le parking spécialement aménagé d’un supermarché, est entrée dans les habitudes des consommateurs français. Un quart des ménages utilise, désormais, le « drive » et 3 millions de Français le fréquentent 10 fois par an et y consacrent 23 % de leurs dépenses annuelles, note Gaelle Le Floch dans une note récente de Kantar Worldpanel. Ce circuit de distribution réalise 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, selon Kantar. L’étude Drive Insights estime, elle, le marché, à 3,8 milliards d’euros TTC, avec deux leaders, Leclerc et le groupe Auchan, pour lesquels le « drive » pèserait, respectivement, 1,5 et 1 milliard d’euros.
Après un démarrage assez lent, le « drive » a explosé au cours des trois dernières années. Sa part de marché dans l’univers des produits de grande consommation est passée de 0,7 % en janvier 2011 à 3,9 % en janvier 2014. Début 2014, sur un an, il était le seul circuit de distribution à gagner des parts de marché. Et Kantar estime que sa part devrait atteindre, à la fin 2015, entre 6 % et 8 % du marché alimentaire français. En d’autres termes, l’année prochaine, le « drive » pèserait autant que les magasins de proximité, dont tous les experts ont affirmé ces dernières années qu’ils étaient l’avenir du commerce mondial !

Phase de maturité

Pour autant, la croissance du « drive » ralentit. Les ouvertures se succèdent, mais on commence à voir des fermetures. Le marché entre dans sa phase de maturité. Des ajustements ont lieu. Les enseignes qui ont démarré après Auchan et Leclerc, comme Carrefour, regagnent du terrain. Le gouvernement a entrepris d’encadrer le développement du format. Alors que le territoire compte déjà près de 3.000 unités (2.838, selon Drive Insights), les nouvelles créations ne recrutent plus de nouveaux clients. Ce qui pose des questions sur la viabilité de son modèle économique. Le « drive » a été rentable pour les enseignes qui sont allés vite et ont, ainsi, pris des clients à leurs magasins concurrents. C’est le cas de Leclerc, groupe pour lequel le « drive » a constitué 30 % de la croissance récente. Mais, selon l’analyse de Salim Poonawala, chez Oliver Wyman, développée lors de la dernière conférence grande consommation organisée par Les Echos Events, « au final, ce sera un jeu à somme nulle ». Et le « drive » deviendra un service supplémentaire offert par les distributeurs à leurs clients, avec le coût induit...
Un coût qui, si l’on en croit Kantar Worldpanel, pourait encore augmenter afin de hausser la qualité de service. Indisponibilité des produits, mauvaise préparation des colis, créneau des horaires de livraison trop court : la liste est longue des problèmes d’exécution. Seuls les pionniers Chronodrive, Auchan et Leclerc semblent exempts de reproches.
Autre bataille à gagner : celles des produits frais. Aujourd’hui, le « drive », c’est la solution aux courses corvées – les packs d’eau, les couches, la lessive, etc. L’enjeu est de passer aux courses plaisirs. Mais les auteurs de Drive Insights notent que, au contraire, l’assortiment des « drives » s’appauvrit, s’établissant en moyenne à 10.102 produits. Casino Express, par exemple, a retiré 1.000 produits de son offre en deux mois. De son côté, le nouveau service de livraison à domicile développé par Amazon (voir ci-contre) s’appelle Amazon Fresh... Et il peut proposer jusqu’à 30.000 références ! Il pourrait arriver bientôt en Europe via l’Allemagne.

Carrefour développe ses drives entrepôts

Au départ adepte du store picking pour ouvrir ses drives, Carrefour accélère aujourd'hui sur le modèle de l'entrepôt dédié. Le parc a doublé, passant de 10 à 21 sites, en moins de six mois.
Quelques-uns sont "solos" (Rennes, Béthune, Morzine). La plupart sont accolés ou associés à un hyper.
Ces drives entrepôts nécessitent davantage d'investissement mais sont bien plus productifs au quotidien.
Le modèle de l'entrepôt est déjà celui retenu par Auchan et Leclerc, les deux groupes qui dominent largement le créneau du drive.
Parti avec retard, Carrefour avait au départ opté pour le store picking afin de multiplier rapidement les ouvertures.
En 2011, Carrefour a testé son premier drive entrepôt à Tours (37). En octobre 2013, le parc comptait 10 drives entrepôts.
A fin mars 2014, selon les informations de Linéaires, Carrefour aligne 21 drives entrepôts. Deux ouvertures supplémentaires sont attendues dans les prochains jours : à Biarritz (64) et Port-de-Bouc (13).

lundi 17 mars 2014

Parts de marché: Leclerc et le drive grands gagnants de février 2014

Tous les professionnels l'attendent. Voici le communiqué de Kantar Worldpanel portant sur la P02 2014 (du 27 janvier au 23 février 2014). Avec Leclerc, comme grand gagnant, une nouvelle fois. 

Selon Kantar Worldpanel, la consommation PGC+FLS des ménages français en circuit généraliste (HM + SM + Discount + Proximité + Internet) reste sur une bonne dynamique, avec une croissance cumulée sur les deux premiers mois à + 1,9%, soit une évolution sur le cumul annuel à fin février de + 1,4%. Pourtant le moral des ménages français a replongé en janvier (du 30.12 au 26.01), dû à un vouloir d’achat en chute de 6pts. En effet 53% d’entre eux n’avaient pas envie de se faire plaisir et 35% ont déclaré dépenser moins que d’habitude pour leurs courses de produits courants.
 
Dans ce contexte, les foyers continuent à délaisser le Discount, circuit en baisse de -0.6 pt à 11.8% de Pdm. A noter l’exception Aldi qui reste stable sur la période. 
 
La P2 profite aux Hypermarchés (Pdm = 52.4% ; +0.8pt) alors que les Supermarchés sont en recul. Le canal Proximité affiche 6% (+0.1pt de Pdm). Le canal On line (Drive + home delivery) gagne 0,6pt de Pdm vs P2 2013 (Pdm = 4,2%). Le Drive qui constitue 92% du On line poursuit son développement mais à un rythme moins soutenu que ces deux dernières années. Pour rappel le drive est passé de 0.7% de Pdm en janvier 2011 à 3.9% en janvier 2014, une forte progression donc et un canal qui capte aujourd’hui environ 3Md d’€ par an en PGC-FLS.
 
Il faut néanmoins noter le développement moins rapide du drive depuis la rentrée 2013 ce qui peut s’expliquer par les trois raisons suivantes.
 
1/ La croissance du parc apporte moins d’additionnel et il semble que les ouvertures récentes apportent moins que les Drives plus anciens : les nouveaux drives s’implantent dans des zones parfois déjà équipées d’un drive et/ou dans des zones à moindre potentiel.
2/ L’exécution semble aussi être en cause et il est certain que les Drives des enseignes pionnières (Chronodrive, Auchan Drive et E.Leclerc Drive) répondent mieux aux attentes des clients et sont mieux notées que les drives des autres enseignes (Prométhée Drive*). La disponibilité des produits est mieux jugée (plus de 20 points d’écart sur le Top 2) ainsi que la disponibilité des créneaux horaires disponibles et la fiabilité de la préparation de commande (10 points d’écart sur le Top 2). Les sites internet des enseignes pionnières sont jugés plus ergonomiques et agréables (plus de 10 points sur le Top 2).
Résultat : Chronodrive, Auchan Drive et E.Leclerc Drive enregistrent les plus fortes proportions de clients «fidèles & réacheteurs ». Près de 30% des clients de ces 3 enseignes reviennent au moins 8 à 10 fois dans l’année ce qui est un marqueur fort de leur satisfaction (moins de 10% pour au moins 2 des autres enseignes de drive).
Des enseignes suiveuses moins exemplaires dans l’exécution du modèle Drive : un retrait moins performant, des erreurs et des indisponibilités de produits, un repérage délicat qui vont à l’encontre de l’attente n°1 des clients du Drive : le gain de temps.
3/ Le DRIVE ne recrute plus de nouveaux clients. La pénétration du circuit s’est stabilisée depuis quelques mois à un peu moins de 25% des ménages français car le drive perd autant de clients qu’il en gagne et donc ne recrute plus.
Les foyers perdus au Drive sont plutôt des ménages d’âge intermédiaire, sans enfant ou avec de grands enfants. Des ménages dont le profil diffère du “coeur de cible Drive” (les familles avec de jeunes enfants, urbaines et pressées) dont on peut penser qu’ils ont « moins besoin » de ce canal. Les foyers perdus au Drive étaient par ailleurs plutôt clients des enseignes de Drive « suiveuses » dont on a vu que l’exécution pouvait être moins satisfaisante. Les perdus au Drive sont des ménages moins typés “coeur de cible drive ». Ils « sur-fréquentaient» des Drives jugés moins satisfaisants par leurs clients.
 
QUELLE PROJECTION POUR LE DRIVE ?
La phase actuelle de ralentissement de la dynamique du Drive ne doit pas occulter le fait que ce canal est une solution très satisfaisante pour une partie des ménages pour une part importante de leurs achats. Il facilite les courses en offrant une flexibilité jusqu’ici impossible via les canaux traditionnels. Il est aussi une réponse en temps de crise pour mieux maitriser ses dépenses et ses stocks (Prométhée Drive*). Ce canal s’est installé dans les habitudes de 3 millions de ménages qui sont devenus des clients réguliers : un canal utilisé 10 fois par an et qui pèse 23% des dépenses annuelles chez ces clients.
 
Le Drive a néanmoins récemment subit le « back to stores » propre aux grosses opérations promotionnelles d’octobre et de novembre et aux fêtes de fin d’année. Plus largement nous pensons qu’il s’agit d’une crise de croissance et, qu’après des mois marqués par une course à l’ouverture, le parc de Drive va maintenant entrer dans une phase de consolidation et d’amélioration de son service. Si l’exécution s’améliore alors nous pouvons être confiants sur la réalisation des projections de Pdm que nous avions faites en 2011 : soit une fourchette de Pdm comprise entre 6% et 8% à horizon fin 2015. A 22 mois de cette échéance le Drive pèse 3.9% en février 2014.
 
E.LECLERC DYNAMIQUE
 
Les Drives E.Leclerc sont quant à eux toujours dynamiques et permettent au Groupe E.Leclerc (Pdm =19.9%) de gagner +0.4pt de Pdm. Le rythme de progression de E.Leclerc, bien que toujours très honorable, est moins rapide que ces derniers mois.
 
Le groupe Delhaize (3.7% de Pdm) affiche le plus fort taux de croissance sur P2 avec +0.3pt de Pdm. Ce bon résultat est lié à Cora et à son temps fort « gros volumes » (habituellement programmé à P1). Le Groupe Carrefour maintient sa position et pèse 20.3% des dépenses des ménages français sur la P2. Le cumul CRF + CRF Market affiche +0,1 pt et le comportement d’achat des clients est plus favorable à CRF (surtout pour Carrefour Market) car les niveaux de pénétration et de fréquence d’achat s’améliorent.
 
Le Groupe Casino confirme son retour à l’équilibre avec 11.9% de Pdm valeur à P2. Géant affiche un bon dynamisme en ce début d’année et progresse de 0.1pt à 2.5% de Pdm via une légère hausse du trafic. Franprix continue à gagner du terrain pour la 6ème période consécutive (+0.1pt à 1.8% de Pdm).
 
Des évolutions qui ralentissent pour les autres enseignes avec globalement une fragilisation des comportements d’achat (érosion de la pénétration et/ou de la fidélité).
 
Ces données sont issues de Worldpanel, échantillon de 20 000 foyers panélistes de Kantar Worldpanel, et calculées sur un univers Généralistes, (Hypers + Supers + Hard Discount + Proximité + Internet), sur un ensemble de Produits de Grande Consommation et Frais Libre Service (Alimentaire, Liquides, Hygiène beauté, Entretien).

Source: LSA (http://goo.gl/EtNe8h)

mercredi 5 mars 2014

2013 l'année du Click & Collect. Pourquoi 85% des Français sont déjà séduits par ce service?

Le site référent en new tech Viuz* - Social Mobile et Apps - à regroupé, pour en faire une synthèse, les chiffres essentiels de ce service venu des Etats Unis dès 2010 (je l'avais personnellement repéré avec Frank Rosenthal le pro du retail US chez Container store qui dès 2008 proposait déjà toute une palette de services y compris le ''click & collect'' et même le ''phone & collect'' ... ). Et déjà en 2011 on a commencé à le voir en France dans des enseignes comme Toysr'us, et comme toujours particulièrement lors de la période de Noël...
Mais c'est réellement en 2013 que le ''click & collect'' a trouvé sa pleine expression et adoption par les shoppers ''cyber-acheteurs'' . Enfin quand je dis Cyber acheteurs... non. Cela devient des "cyber-cross-acheteurs" ... lol. Ce ne sont pas moins de 85% des français qui sont déjà séduits par ce service selon un sondage Ifop 2013 (source Viuz).
Il est certain que ce mode d'achat en ligne et de retrait en magasin à été accéléré par les habitudes prises avec le DRIVE, service 100% français faisant prendre conscience aux foyers que la partie ''s'informer, comparer, acheter'' le produit pouvait être séparée de la partie ''prise en charge'' du produit. Avant pas de solutions intermédiaires sauf la coûteuse livraison à domicile ( pour les 2 parties, distributeur ou client, il faut bien que quelqu'un la paie ). Donc j'achetais en magasin j'emportais ou je me faisais livrer ... ou ... j'achetais en ligne et je me faisais livrer (ou retrait en relais colis).
Et en 2013.. toutes les enseignes vendant en ligne avouent entre 30 à plus de 50% de taux de retrait des vente en ligne directement en magasin. Et la bonne nouvelle, c'est que dans environ 42% des cas (source Forrester sept. 2012), le client achètent un complément en venant retirer sa commande dans le magasin (taux confirmé encore dernièrement par les Galeries Lafayettes).
Alors la question que tout le monde me pose.. mais pourquoi les gens achètent en ligne et viennent chercher en magasin ??? c'est paradoxal.
Et bien non, et pour moi l'explication n'est pas seulement la gratuité de la livraison ( pourquoi toujours ramener au prix... pfuuuu.. ).
Le client se dédouane via le online du côté contraintes des courses au profit de la facilité et du plaisir. Oui les foyers trouvent que les courses sont une corvée (73% Ipsos 2012), et quand on les interroge pourquoi ? voiture, parking, file d'attente, temps perdu, répétitif, mauvais accueil, mauvais conseil ou pas objectif, vendeurs désagréables, etc...
Le clic& collect offre donc enfin une possibilité d'oublier tout cela et d'aller en magasin simplement parcequ'on aime y aller, parcequ'il est à côté de son bureau et ''qu'entre midi et deux ça me fera sortir'', parce que je réduit le risque vs la livraison et la contrainte d'être présent au domicile pour attendre.
Alors oui c'est une explosion et une excellente nouvelle : fini les opérations de création de trafic à grands coups de tickets à gratter ou anniversaire exceptionnel et bidon, plus personne n'y croyait ... le meilleur mécanisme pour faire revenir les gens en magasin... c'est de leur vendre en ligne..
Preuve une fois de plus qu'il ne faut ''jamais dire jamais'' ou ''tout est perdu pour le retail physique''... qui aurait dit cela il y a quelques années? ... moi mais cela fait prétentieux de le dire.. les gens me prenait alors pour un fou, et rien n'est fini.
2013 l'année du Click & Collect. Pourquoi 85% des Français sont déjà séduits par ce service.
Mais je ne peux parler de ce service sans citer une des volontés louable de Wallmart. Au delà de la volonté d'être disponible en retrait 24:7, la mise ne place de casiers click and collect correspond aussi à une volonté de pouvoir offrirun service de vente en ligne à une population défavorisée. En effet, 1/4 des clients Wallmart n'ont pas de carte ''magnétique"' équivalent de nos cartes bleues en europe, ou ont tout simplement des problèmes de bancarisation.... Donc les casiers ''click and collect'' en parking ou en entrée de magasin, sont payables ''en liquide'' et permettent à ces défavorisés de bénéficier de la facilité de la commande en ligne même sans carte de crédit.... et de pouvoir retirer leur commandes en dehors des horaires d'ouverture.
Donc la superbe compilation de Viuz nous donne la vraie tendance à savoir un plébiscite de la part des shoppers : (à voir surhttp://www.viuz.com/2014/02/17/lessor-du-click-and-collect-en-15-chiffres/#xAxYGIsyzIW8TYAi.99 )
1/ 45% des britanniques ont pratiqué le Click and Collect pendant la saison des fêtes contre 20% aux Etats-Unis (étonnant NDLR) Source Econsultancy.
2. les 2/3 des commandes en ligne (hors alimentation) des clients Tesco sont collectées dans l’un de ses 1500 points de vente. Côté alimentaire, en Angleterre le drive solo ou derrière le magasin n'existe pratiquement pas. Le modèle s'appuie sur le retrait en magasin (comme Système U en France) des commandes alimentaires passées en ligne. Et contrairement à la France quand il y a un point drive il est généralement juste à côté de l'entrée du magasin afin de ne pas nuire au trafic ''in store''.
3- En Angleterre le Click et Collect représente 19% des ventes cross-canal(Source Cap Gemini/IMRG Q3 2013)
4- En France, Selon la Fevad le click and collect a progressé de 13 à 21% des acheteurs en ligne en un an. Les français adoptent vite les services mis en place par leur distributeurs.
5- 70% des enseignes française proposent un service de click and collect(Etude Dia Mart 2013)
6- Le click and collect représente 35% des ventes en ligne de la chaîne britannique John Lewis.
8- Chez Nature et Découverte : Le panier moyen des ventes réalisées en mode Click and Collect est supérieur de 40% au panier online.
9- Le click and collect représente 30% des Ventes de Morgan (Source Altavia Watch)
10- A Noël, il représentait également 30% des ventes Internet de la Fnaccontre 20% en 2012.
11- Selon Proximis, 40% des personnes venant effectuer un retrait en magasin achètent des nouveaux produits en boutique
12- Selon LSA, la France comptait en septembre 2707 lieux de retraits en mode « Drive »
13- Selon une étude de Simpson et Carpenter, la mode, le petit matériel électrique et les accessoires de décoration sont les trois segments les plus populaires du click and collect . Par contre en France ce chiffre ne peut pas être pris en compte, le Drive étant une invention Française.
14- Selon Nielsen, sur les 4 premières semaines de Janvier, les réseaux de « Click and drive » ont réalisé un chifffre d’affaires de 200 millions d’Euros, en hausse de 62% sur un an.
15- Selon LSA, 20% des Français utilisent le Drive pour leurs courses d’Alimentation.
Cqfd.. comme quoi on ne nous raconte toujours que le côté sombre de la force, mais bien utilisé le cross canal est uen bonne nouvelle pour un commerce traditionnel confronté à la révolution du e-commerce. Et cela va remettre de l'équilibre en toutes ces nouvelles habitudes de consommation. La seule chose que l'on puisse dire c'est que cette ''révo-mutation'' aura réveillé un commerce qui pensait que tout irait toujours pour le mieux dans un monde captif. Mais la transparence, la liberté sont revenues dans l'univers du shopping.

mercredi 19 février 2014

Colruyt inaugure le "Drive Thru" à Sint-Niklaas!

La fin de l’année 2013 fut marquée dans notre pays par une forte actualité en matière de drives. Carrefour fut - de justesse - le premier à dégainer avec le lancement de drive.be, une enseigne dédiée proposant de véritables drives "à la française". Comprenez des quais d'enlèvement où le client n'a plus qu'à se signaler pour enlever la marchandise commandée online, sans plus avoir à pénétrer en magasin. Si les premiers points d'enlèvement drive.be sont tous adossés à des magasins existants, Carrefour n'exclut pourtant pas d'inclure à l'avenir dans son parc des drive "solo", travaillant de façon totalement autonome. C'est cette dernière configuration qui a été retenue par le Groupe louis delhaize lorsqu'il a inauguré Wink, sa propre traduction du drive. Une formule "solo" dont notre excellent confrère Olivier Dauvers, observateur très averti du drive, nous confiait qu'elle lui semblait la plus efficace.

Après drive.be et Wink, qui donc allait suivre? Si l'on sait qu'un projet ambitieux est en préparation chez Intermarché, on s'interrogeait encore sur la réponse apportée par Colruyt. Le distributeur de Hal continue d'investir dans son service Collect&Go, disponible dans 139 magasins. N'a-t-il pas annoncé, en novembre dernier, la construction à Erpe-Mere d'un  deuxième centre de distribution de 9.000 m2, où 200 personnes s'activeront dès l'automne 2014 à la préparation des commandes? Ce regroupement des tâches de préparation en entrepôt central, plutôt que via picking dans chaque magasin, autorisait à priori l'adoption par Colruyt de toute formule d'enlèvement: en magasin comme c'est aujourd'hui le cas, en drive adossé au magasin, ou en drive solo. Seule condition: que la formule choisie réponde aux impératifs de coûts et d'efficacité dont Colruyt fait toujours une priorité. Chez Colruyt, toute idée ou innovation se teste longuement et minutieusement. Avant de révéler la nouvelle génération du concept Colruyt préfigurée par le magasin de Hal, le distributeur l'avait par exemple préparé en construisant un véritable magasin grandeur nature dans les entrepôts voisins du groupe. C'est probablement dans une perspective similaire qu'il faut interpréter l'apparition d'un drive adossé au nouveau magasin inauguré à Sint-Niklaas le 22 janvier dernier. Si le magasin rénové à Hal disposait déjà - une nouveauté - d'un accès séparé pour l'enlèvement des commandes Collect&Go, la solution retenue à Sint-Niklaas n'exige plus des clients qu'ils quittent leur véhicule.

Un test peut-être, mais très soigné

L'ouverture récente du deuxième magasin Colruyt de Sint-Niklaas, dans le sud-ouest de l'agglomération (Smisstraat 109), permet à de nombreux clients de l'enseigne d'y faire leurs achats sans avoir à traverser la ville pour se rendre au point de vente de la Nijverheidsstraat. Colruyt entend renforcer sa part de marché dans la capitale du pays de Waas, en jouant sur deux atouts. Le premier, c'est la proximité d'un axe routier important, la N70, et celle du Waasland Shopping Center, qui abrite un Delhaize. L'autre argument, c'est le point d'enlèvement Collect&Go, qui semble préfigurer une formule inédite pour Colruyt. Les clients transmettent leur commande sur le web ou via l'app chargée sur leur smartphone. Ils se rendent ensuite pour l'enlèvement aux bornes prévues à cet effet. Ils s'y identifient, un collaborateur de Colruyt leur apporte les achats, et ils procèdent au paiement (électronique). Le nouveau service est "un grand succès", nous confie un collaborateur du magasin, tout particulièrement prisé par les foyers à double revenu. Si Colruyt décrit  ce système comme un "drive thru", l'appellation ne semble pas si définitive que pour qu'on l'affiche telle quelle sur les installations du magasin de Sint-Niklaas. Officiellement, il s'agit toujours d'un "point d'enlèvement Collect&Go".  L'absence de nom de baptême spécifique souligne le caractère pilote du projet. Test ou pas, l'exécution est très pro, et prouve que Colruyt ne se livre pas à cet exercice sans ambition. Il confirme aussi que Colruyt entend bien jouer sa partition sur le terrain du drive, où la concurrence ne fait que s'éveiller en Belgique. Plus encore qu'aux aspects visibles du service, on s'intéressera dans les mois à venir à la façon dont Colruyt s'organise pour le faire obéir à sa culture d'efficacité opérationnelle.

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Colruyt Sint-Niklaas
Colruyt drive
Colruyt drive
Collect&Go
Colruyt drive
Colruyt drive
Colruyt Drive
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