Affichage des articles dont le libellé est permaculture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est permaculture. Afficher tous les articles

mardi 24 juin 2014

Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois

C’est une promesse pleine d’avenir : nourrir la France sans pesticides, sans engrais chimiques, et quasiment sans pétrole, tout en dégageant de substantielles marges et en créant des dizaines de milliers d’emplois. A la Ferme du Bec Hellouin, non loin de Rouen, on invente cette agriculture de demain. Expérimentant des techniques qui viennent des quatre coins de la planète, cette ferme en permaculture produirait autant voir plus que le système conventionnel. L’exploitation pose les bases d’un nouveau modèle agricole : celui d’un réseau de centaines de milliers de micro-fermes rentables et capables de générer chacune un emploi à plein temps. Reportage.
Ce jour de printemps, Charles Hervé-Gruyer est accroupi au pied d’une butte de terre et repique des navets. Autour, une mare et un cours d’eau où viennent se réfléchir les rayons du soleil, de quoi augmenter légèrement la température de la butte cultivée. Nous sommes ici sur une petite île de la ferme du Bec Hellouin, à une cinquantaine de kilomètres de Rouen, dans l’Eure. Des canards [1] barbotent et viennent, quand c’est nécessaire, happer les limaces qui menacent les cultures. Sur le côté poussent des roseaux. Une fois broyés, ils serviront de paillage aux jardins afin d’empêcher les mauvaises herbes de pousser. En jeunes pousses, ils seront vendus à un restaurant parisien !
Un peu plus loin, un jardin-forêt – entendez, des arbres et arbustes fruitiers mélangés à des plantes aromatiques et médicinales – abrite les cultures des vents dominants. « Nous avons créé des petits milieux qui interagissent entre eux, avec une circulation de la matière organique », explique Charles. « Un cocon de nature vivante, protégée. »
Sur son île, Charles Hervé-Gruyer ressemble un peu à un aventurier… de l’alimentation de demain. Après avoir parcouru le monde sur un bateau école, il a accosté ici, au Bec Hellouin, un petit coin de terre où nourrir sainement ses enfants. Près de deux hectares d’herbage au sol, au départ peu fertile, où poussent désormais, en abondance, près de 1 000 variétés de végétaux, fruits, légumes, plantes aromatiques [2]. Dix ans plus tard, l’endroit est devenu une ferme de référence pour les adeptes de la permaculture, la culture permanente.
Toutes les semaines, 65 paniers de légumes issus de 2 000 m2 dédiés au maraîchage vont régaler les habitants du coin, de la région de Rouen et de Paris. Une autre partie est vendue à un grossiste, qui alimente ensuite un magasin Biocoop. Un restaurant parisien étoilé s’y approvisionne également. A la ferme, un chef cuisinier prépare confitures ou sauces qui sont ensuite vendues sur place.

« Les déchets de l’un font les ressources de l’autre »

En cette fin avril, quatre rotations de culture ont déjà été effectuées depuis le début de l’année. Sous la serre, petits pois, salades et carottes poussent à foison. Les fèves qui grandissent viennent capter l’azote pour alimenter les salades, qui s’étendent au sol et évitent ainsi l’apparition de mauvaises herbes. A la ferme du Bec Hellouin, toutes les cultures sont associées : pas de rangs séparés de carottes, pommes de terre et salades. Mais plusieurs variétés de légumes, aux besoins différents, plantés à proximité, et qui s’alimentent mutuellement. Dehors, des légumes précoces poussent sur une butte dite « chaude », agrémentée de fumier de cheval. Ce dernier se composte en direct sur la butte, et permet ainsi de gagner quelques degrés sur la fin du froid hivernal.
La Ferme est à la pointe de la permaculture. « C’est s’inspirer de la nature pour nos installations humaines », explique Charles Hervé-Gruyer. « Les déchets de l’un font les ressources de l’autre. » C’est pourquoi le positionnement des cultures et des éléments, les uns par rapport aux autres, est primordial. L’objectif de la permaculture est de recréer la grande diversité et l’interdépendance présentes naturellement dans les écosystèmes [3]« Nous prenons un soin extrême des sols, afin qu’ils soient de plus en plus vivants, fertiles, indique Charles. Les buttes permanentes, où la terre n’est jamais retournée mais continuellement enrichie, se rapprochent de la nature, car il n’y a pas d’engins qui viennent travailler ici. »

Une agriculture sans pétrole

A la ferme du Bec Hellouin, un tracteur n’est utilisé que pour le transport du fumier, qui vient du club hippique voisin. Au départ, un cheval aidait à retourner la terre. Jusqu’à ce que se développent les buttes permanentes, qui n’ont plus besoin d’être retournées. « La permaculture prévoit ce monde inédit, sans pétrole », note Charles qui déplace dans ses jardins sa brouette atelier, avec l’ensemble des « petits » outils dont il a besoin au quotidien. Une agriculture de la connaissance, qui n’a rien à voir avec l’agriculture conventionnelle actuelle. « Avec l’agriculture moderne, vous recevez un mail de la chambre de l’agriculture qui vous dit : il y a telle invasion d’insectes, voici le produit que vous pouvez mettre. A vous de jouer ! » Rien de tel ici.Pas d’application numérique pour savoir quel pesticide épandre et quand.
L’agriculture menée au Bec Hellouin utilise très peu de pétrole. Loin derrière l’agriculture conventionnelle, et même, l’agriculture biologique. « Dans l’agriculture conventionnelle, pour produire une calorie d’alimentation, il faut 10 à 12 calories d’énergie fossiles, explique Charles. Le bio tente d’utiliser le moins possible d’engrais de synthèse mais nécessite beaucoup d’engins dans les champs. » Moins de pétrole, donc plus de travail à la main, minutieux, pour garantir sur le long terme une extraordinaire biodiversité des sols. « L’agriculture moderne cherche à atteindre une rentabilité à court-terme, en brûlant les réserves carbonifères. Nous, nous prenons notre temps. Le but de mon travail est que mes enfants puissent en profiter durablement. »

Des « néo-ruraux idéalistes » ?

A l’origine, c’est pour leurs enfants que Perrine et Charles Hervé-Gruyer décident de s’installer à la campagne. Perrine était juriste internationale, basée en Asie ; lui, écrivain et navigateur, parcourait le monde à la découverte des Indiens. Le couple s’est formé pour être psychothérapeutes avant de décider d’aller vivre à la campagne pour retrouver le lien avec la nature. « Nous étions des néo-ruraux idéalistes, raconte aujourd’hui Charles. Nous n’avions jamais visité de ferme en permaculture avant de nous installer ! » Ils en sourient encore. Au début, Perrine mettait des gants en plastique pour éviter de toucher la terre. Aujourd’hui, elle fait son pain avec les mêmes micro-organismes qu’elle donne à la terre afin de l’enrichir.
Les deux premières années sont très difficiles. Le couple dépense toutes ses économies. « Nous avons cherché des solutions, relate Charles. Nous nous sommes tournés vers le monde anglo-saxon. Ma femme s’est rendue en Californie. Puis à Cuba. » Elle en revient avec des techniques parfois inconnues en France, qui sont à présent appliquées sur leur ferme. Ces techniques permettent d’augmenter la production, jusqu’à un niveau très élevée. Et cela, malgré de petites surfaces ! De quoi donner du fil à retordre aux critiques de l’agriculture biologique.

Excellents rendements

Car la question est récurrente : peut-on vraiment nourrir le monde sans utiliser d’engrais chimiques, de pesticides ou d’herbicides ? Pour y répondre, la ferme du Bec Hellouin a noué un partenariat avec l’Inra et l’école AgroParisTech. L’idée est simple : quantifier tout ce qui entre et sort de 1 000 mètres carrés de la ferme, isolés virtuellement. Combien d’heures de travail ? Quels outils sont utilisés ? Combien coûtent-ils ? Quels engrais naturels sont apportés ? Et finalement : combien de légumes et fruits sont récoltés pour quel chiffre d’affaire généré après vente ?
Les premiers résultats tombent au milieu de l’année 2013. Sur 1 000 mètres carrés, il a fallu 1 400 heures de travail annuel pour générer 32 000 euros de chiffres d’affaires (calculé selon les récoltes et leurs prix moyens de vente en Haute-Normandie). Pourtant, l’année ne fut pas des plus propices. Une fois retirées les charges (semences, engrais), l’amortissement de l’outillage et des équipements (serres), « ces estimations permettent de penser que même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du Smic », constate le rapport de l’ingénieur agronome. Sachant que de nombreuses améliorations sont encore possibles pour augmenter les rendements. De quoi faire pâlir d’envie nombre de petits producteurs.
« Dans une ferme traditionnelle, en maraîchage, on obtiendrait ce chiffre d’affaire sur un hectare ! », indique Charles. La différence est de taille. Et sans gazole, sans engin mécanique, sans besoin d’acquérir de grandes surfaces de terres, les coûts de production sont faibles. L’étude se poursuit et est reproduite dans d’autres endroits de France avec des personnes qui s’installent pour la première année. Les rendements semblent toujours augmenter et laisser entrevoir de nouvelles perspectives.

La micro-ferme du futur : un million d’emplois possibles

Sous un abri, à côté des pelles, râteaux et grelinettes, un grand tableau. Y sont écrites les tâches à réaliser au cours de la journée et de la semaine. La Ferme emploie huit permanents. Production, recherche, formation : tout le monde est polyvalent. Une véritable ruche. La ferme accueille aussi des stagiaires et des porteurs de projet qui souhaitent se former à la permaculture. L’idée est de transmettre des techniques et des connaissances. Et d’éviter ainsi aux « étudiants » de répéter les erreurs que Charles et Perrine ont commises.
Un peu partout, à la campagne comme à la ville, des micro-fermes comme celle du Bec Hellouin pourraient voir le jour. « Je pense que les gens vont venir à la terre à temps partiel. On peut se lancer quasiment sans investissement, du jour au lendemain. », suggère Charles qui estime qu’un million de micro-fermes pourraient être créées, en France, dans les prochaines années. Soit un million d’emplois possibles : « 1 000 m2 cultivés en maraîchage bio permaculturel permettent de créer une activité à temps plein », estime l’ingénieur Sacha Guégan. « C’est un métier dur, rappelle Charles, mais nous vivons chaque jour dans la beauté de la nature qui nous entoure. »
Simon Gouin (texte et photos)
Un reportage radio à la ferme du Bec Hellouin, réalisé par Terre de Liens Normandieen partenariat avec Basta !, sera prochainement mis en ligne.
Pour en savoir plus : 
- le site Internet de la ferme du Bec Hellouin.
- le rapport d’étape n°2 de l’étude menée par l’INRA et AgroParisTech sur 1000 mètres carrés de la ferme.
- le rapport d’étape n°3, qui détaille les méthodes et principes utilisés.
Source: http://goo.gl/7M0Nvw

Notes

[1De type Coureurs indiens, ces canards ne mangent pas les cultures !
[2Au total, entre les cultures maraîchères, la forêt jardin, les mares, les pâtures, les terrasses cultivées et le verger, la ferme du Bec Hellouin possède aujourd’hui 20 hectares de terre.

jeudi 27 février 2014

Le pionnier de l’agriculture de demain

Alors que le tentaculaire Salon de l'Agriculture ouvre ses portes à Paris, faisant la part belle aux méthodes agro-industrielles, certains fermiers se battent pour défendre le courant inverse. Eliot Coleman est de ceux-là. Il est américain, et ce n'est pas un hasard. Si l'agriculture intensive et chimique est prépondérante aux Etats-Unis, une contre-(agri)culture, qui prône un retour aux valeurs humaines et naturelles, se développe avec d'autant plus de vigueur.
Eliot Coleman est l’un des pionniers du "Deep organic farming", ou micro-agriculture biologique à haute productivité. Sur une terre acide, caillouteuse et gelée de l'Etat du Maine, cet ancien professeur a créé la Four Season Farm (Ferme des quatre saisons) il y a plus de 40 ans. C’est aujourd’hui un jardin fertile, à la productivité inouïe, été comme hiver, et ce sans aucun recours aux énergies fossiles, produits chimiques ou mécanisation. 
Serre d'Eliot Coleman ©Barbara Damrosch
Serre d'Eliot Coleman ©Barbara Damrosch
Coleman vient de publier en France Des légumes en hiver (sous-titré "produire en abondance, même sous la neige") : un manuel précis et passionnant, destiné aux jardiniers amateurs comme aux professionnels du maraîchage. 
Dans son livre, Coleman révèle qu'il s’est inspiré des pratiques maraîchères parisiennes du 18 et 19ème siècles, tombées dans l’oubli aujourd’hui. Grâce à des techniques de micro-agriculture méticuleuse et à l’amendement des terres avec du crottin de cheval (abondant en ville avant l’apparition des voitures), et ce sur 6% de la surface urbaine, Paris était totalement autonome en termes d’approvisionnement de fruits et légumes (on est bien loin du compte aujourd’hui !).
Eliot Coleman enseigne, à sa manière, un bon sens paysan tourné vers l’avenir, et prouve que l'agriculture biologique à dimension humaine est une vraie alternative. Interview d'un révolutionnaire de la terre (*).
Eiiot Coleman et son mesclun d'hiver ©Barbara Damrosch
Eiiot Coleman et son mesclun d'hiver ©Barbara Damrosch
Quelles ont été vos premières inspirations ?
J’ai commencé à cultiver ma ferme en 1968. A l’époque, il n’y avait quasiment plus aucune tradition maraîchère en France ni aux Etats-Unis. Mais en 1974, j’ai découvert la ferme de Louis Savier en région parisienne. J’étais impressionné : les rangées étaient droites et serrées, sans aucune mauvaise herbe, les récoltes étaient incroyablement saines et abondantes, c’était exemplaire. Savier s’inspirait des pratiques françaises d’antan, même s’il n’utilisait pas les cloches en verre ou le crottin de cheval, qui était la clé du succès des anciens jardins maraîchers parisiens. Il a modernisé ces traditions pour le 20ème siècle, et moi je m’en suis inspiré pour les adapter au 21ème siècle.
Pourquoi, selon vous, l’agriculture s’est-elle autant dégradée ?
On ne valorise pas assez la nourriture, et on essaie de la produire toujours au moindre coût. Pourtant, la qualité de ce que nous mangeons, de ce que nous mettons dans notre corps, c'est bien plus important que la qualité de l’essence que nous mettons dans nos voitures… Or vous n’oseriez jamais mettre une mauvaise essence dans le moteur de votre belle voiture de sport ! Pourquoi négliger ainsi notre corps ? Je pense que c’est parce que l’homme n’accepte pas que les lois de la nature s’appliquent aussi à lui.
Pourquoi, si c’est si efficace et productif, n’applique-t-on pas plus les méthodes de l’agriculture biologique ?
Le problème de l’agriculture biologique, c’est que lorsqu’elle est bien faite, seul le fermier gagne de l’argent. Il n’y a aucun profit à se faire en conseillant aux gens de cultiver leurs champs naturellement. C’est comme la santé ou la guerre : rien ne fait plus peur à l’industrie médicale que l’idée d’un monde en bonne santé, rien ne fait plus peur à l’industrie de l’armement que l’idée d’une paix universelle. Les bonnes idées sont rarement lucratives ou commercialisables…
Mais il y a de l’espoir, tout de même ?
Oui, j’ai beaucoup d’espoir dans les fermiers du futur, souvent des jeunes gens très cultivés qui se tournent vers la terre et la nature, ou ces reconvertis venus des villes, qui veulent changer de vie. Leurs visions sont saines, pures, et novatrices. Cela implique beaucoup de travail, mais après tout, le travail est ce qui justifie notre existence sur terre !
Quelle est votre devise ?
"La nature a toujours raison"… S’il y a une erreur, c’est donc moi qui l’ai faite. Et si cela semble trop compliqué, c’est probable que j'ai aussi fait fausse route. 
Eliot Coleman et son épouse Barbara Damrosch
Eliot Coleman et son épouse Barbara Damrosch
A lire : "Des légumes en hiver" d'Eliot Coleman, Actes Sud, 35€.
(*) La première fois que j'ai entendu parler des méthodes d'Eliot Coleman, c'était à la ferme du Bec-Hellouin, chez Perrine et Charles Hervé-Gruyer, où j’enquêtais sur les alternatives à l’agriculture intensive (article "Les révolutionnaires de la terre"M le magazine du Monde, février 2012). Dans leur magnifique ferme normande, ce couple pratique la permaculture et applique bon nombre de préceptes de Coleman.
Source: Le Monde (http://goo.gl/mZSkQD)

lundi 13 janvier 2014

Semi di permacultura

Prendersi cura della terra senza aggredirla e con metodi naturali, tendere all’autosufficienza alimentare a livello locale, ridurre i consumi di energia ovunque. E, soprattutto, piantare, piantare, piantare alberi. Pensieri di un permacultore
food forest 012
di  Andrea Maiemi
Attivo insegnante ed educatore, è anche considerato una voce di punta italiana nelle tecniche di ecobuilding, in particolar modo per quel che riguarda la costruzioni con balle di paglia (un tema che ha approfondito in Inghilterra con Barbara Jones e Bee Rowan), ed ha messo a frutto la sua esperienza nella realizzazione dell’edificio che oggi ospita la sua azienda agricola e fattoria didattica, La Boa di Pramaggiore (Ve). Stefano, oltre ai numerosi corsi che tiene in tutto il territorio italiano, insegna presso la Scuola di Pratiche Sostenibili di Milano e presso l’ecovillaggio Gaia a Navarro (Argentina), mentre nei suoi trascorsi c’è anche un ruolo da insegnante presso la facoltà di architettura a Venezia e presso il Cat in Galles (Inghilterra). Esperto di food forest, ne ha realizzate finora più di quindici. Ho perso il conto del numero di edifici di balle di paglia che ha aiutato a costruire.
Abbiamo rivolto a Stefano qualche domanda per conoscerlo meglio e per sentire la sua opinione su alcuni temi collegati alla permacultura, a cui ha gentilmente acconsentito a rispondere.
A che progetti ti stai dedicando al momento?
Sto terminando i lavori sulla nostra casa in paglia; mancano ancora alcuni pavimenti, alcuni intonaci, diverse finiture.
Contemporaneamente continuo a portare avanti il mio lavoro di docente. Oltre ai corsi di agricoltura biologica, permacultura, food forest, costruzione di case in paglia, terra cruda e calce, che sono i miei argomenti principali, sto studiando nuovi corsi su tecniche costruttive alternative che rientrino nelle Normative Italiane
Qual’è la tua meta attualmente?
Arrivare a finire al più presto almeno una parte della casa per poter dedicare maggior tempo alla parte agricola ed all’ ospitalità didattica del Centro di Permacultura La Boa
Un classico: ci dai la tua personale definizione di permacultura?
Progettazione sostenibile
 
Dove e come hai sentito parlare per la prima volta della permacultura? E come hai cominciato?
Già da 15 anni mi occupavo di agricoltura biodinamica e biologica facendo l’agricoltore, il consulente e l’insegnante. Per ”caso”. Nel 1999 tenni un convegno sugli OGM a Dolceacqua (IM). Al termine dell’evento Antonella di Torri Superiore accennò al corso che si sarebbe tenuto presso l’Ecovillaggio. Incuriosito mi sono iscritto. Da lì, tutto è cominciato…
food forest 003In cosa l’essere un permacultore ha cambiato la tua vita?
Dare un nome a cose che già si fanno o si sentono dentro a volte ti dà sollievo. A volte ti risveglia uno schiocco di dita, a volte un passaggio graduale, ma comunque è importante aumentare la propria consapevolezza per arricchire la propria vita giorno per giorno.
La permacultura in Italia sembra essere più indietro come diffusione rispetto ad altri paesi europei: secondo te quale potrebbe essere la causa principale? E quali le possibili soluzioni?
Sembra… In realtà siamo tra i paesi più attivi in Europa per quanto riguarda le attività formative, divulgative e le applicazioni pratiche; lo hanno anche dimostrato i resoconti delle rappresentanti della nostra Accademia Italiana di Permacultura che partecipano alle convergenze europee. Spesso abbiamo realtà molto interessanti a pochi passi da casa e non lo sappiamo.
Il nostro limite credo che sia nella nostra difficoltà di ‘fare rete’. Quando ero Presidente dell’Accademia ho sempre sollecitato una maggiore presenza a livello europeo e un rifacimento del nostro sito perché fosse maggiormente utilizzabile come strumento di interscambio, ma probabilmente i tempi non erano maturi. Ora però le cose si stanno muovendo molto bene e velocemente
Questa civilizzazione sembra essere un po’ alla frutta: come credi che andrà a finire?
Io sono sempre positivo; non ho una ricetta risolutiva, ma credo che il limite sia nella nostra immaginazione; confido nelle grandi risorse creative e nel buon senso, a volte apparentemente assopito, delle persone
Le tre cose principali da cambiare per un futuro migliore, globalmente parlando?
Tendere all’autosufficienza alimentare a livello locale; ridurre i consumi di energia; piantiamo, piantiamo, piantiamo alberi!
Come influirà il cambiamento climatico in corso sui tuoi futuri progetti?
Non avendo certezze, credo che dobbiamo in ogni caso aumentare la nostra resilienza. Essere pronti a tutto, anche di più!
Off the grid or not off the grid?
Se posso preferisco essere autonomo, ma dobbiamo comunque rivedere i nostri consumi
food forest 016Arare o non disturbare la terra?
Credo che nell’orto famigliare sia meglio non toccare la terra; su grandi estensioni diventa più complicato. Si possono comunque fare ottime produzioni con minime lavorazioni, questo ormai l’abbiamo già dimostrato da tempo inserendo sempre erbai da sovescio e facendo rotazioni appropriate.
La ‘non lavorazione’ di appezzamenti di grandi dimensioni in agricoltura biologica è stato un obiettivo sul quale ho lavorato per quasi tre decenni in diverse parti del mondo, ma non ho visto risultati soddisfacenti e costanti
Solo piante native o anche aliene?
Non esistono piante aliene! Gli alieni siamo noi quando le definiamo aliene! Le piante si sono sempre spostate molto prima degli esseri umani, facendo viaggi molto più lunghi e a minor impatto ambientale rispetto a quanto facciamo noi oggi. Quando insegno a realizzare le Food Forest, c’è sempre una parte di osservazione del luogo che ci ospita con il riconoscimento delle piante autoctone utilizzabili ai nostri fini. Inizio quindi dalle piante autoctone. Se poi voglio piantare un’essenza alloctona, che mi piace o mi serve, è fantastico poterlo fare
In fin dei conti io non sono autoctono nel luogo dove vivo e mi sono pure riprodotto !
Il ciclo della luna ha davvero un influenza significativa sulle coltivazioni secondo te?
Sicuramente sì, ma spesso non abbiamo la possibilità di seguirlo meticolosamente.
Dovendo scegliere un ipotetico compagno di sventura in un altrettanto ipotetico naufragio su un’isola deserta, Fukuoka o Mollison?
Credo che Fukuoka fosse più simpatico!
Puoi raccomandarci un libro per chi comincia a dedicarsi alla permacultura? E uno per chi già la pratica?
”Introduzione alla Permacultura” di Bill Mollison e Mia Slay per chi si avvicina; ”Permacultura” di David Holmgren per approfondire.

jeudi 10 octobre 2013

New program looks to permeate permaculture at the university

Like many college students, senior Zach Elfers says he has been trying to figure out what makes him happiest. He found himself wondering, “What do I want out of life?
After a series of serendipitous encounters, Elfers found his passion in organic farming. Elfers says what started him on his journey was looking at philosophy in respect to farming.
“There is a whole aspect of knowledge that has been lost,” Elfers says. “Farming brings back a sense of place into our lives. So much of what’s going wrong in the world is stemming from disconnection.
Elfers hopes to regain some of this knowledge through Gardens for Growth, a new program starting this semester.
Although it is still in the early stages, Gardens for Growth addresses sustainable food and food security through three phases.
The first phase focuses on Garden Expansion and Curriculum Integration. The second phase focuses on student farming. The third phase is community engagement and research.
The gardens will provide educational demonstrations, grow food for consumption by the student body, focus on the improvement of soil quality and enable students and faculty to learn and experiment with different ideas and techniques which fall under the umbrella of organic agriculture, such as permaculture and biodynamics, according to their petition.
Initiated by Elfers along with alumni Jason Begany, Jonathan Richardson and Daniel Reyes, Gardens for Growth is a food initiative which aims to involve students in an educational, sustainable and student-operated garden program.
“It’s a really holistic attempt to formally re-engage students with their environment through the medium of food and agriculture,” Reyes says.
Part of the program will focus on permaculture. Permaculture, or permanent agriculture, is an ecological system designed for sustainability. However, permaculture has grown beyond its roots in strategic and sustainable farming into a worldwide movement that encompasses how we, as humans, can utilize and return Earth’s finite resources.
Permaculture is delayed gratification, Richardson says. For example, if you plant a fruit tree, you have to wait for it to grow fruit. Permaculture understands we are not temporary and allows future generations to reap the benefits of our work, Richardson says.
Within the past year the movement for permaculture at the university has grown. Students at the university saw a need for permaculture and started a campaign to begin the program.
The Gardens for Growth program will begin this semester and will offer insight into food security.
Begany says the university’s geographic location was a hub for permaculture.
On the basis that the university was a food desert, an area where affordable and healthy food is difficult to obtain, Begany and his fellow founders reached out to faculty and organizations in order to start building collaborations.
“It’s a program that originated on the principles of emigrating permaculture throughout the interior and greater community of UDel,” Begany says. “Our fundamental principles are experiential learning with a focus on the ecosystem and biosphere.
In January, the group started a petition on change.org calling the university to endorse permaculture within the community, Elfers says. They surpassed their goal of 500 signatures within a month, Elfers says.
By spring break, President Patrick Harker approved the program, Elfers says.
Their success caught the attention of Mark Rieger, dean of the College of Agriculture and Natural Resources, who asked to become a part of Gardens for Growth. Rieger decided to expand the impact by suggesting a collaboration of all campus gardens, Begany said.
“The dean proposed, himself, a community garden program where he’ll grow an organic garden next to an un-organic garden,” Begany says. “It’s totally badass.
The collaboration expands beyond the gardens.
Gardens for Growth hopes to achieve a minor, if not a major in permaculture within the upcoming years. Implementing a minor or major requires teaching at least five semesters in the field of study as well as student interest.
Currently, there are five faculty members involved in Gardens for Growth: McKay Jenkins, Susan Barton, Melissa Melby, Jules Bruck and Jeff Fuhrmann, Elfers says. Once Gardens for Growth is fully implemented, each professor will teach a course pertaining to permaculture thus providing the program with an interdisciplinary aspect. The courses will comprise a minor in conjunction with the RSO.
Barton and Melby will be teaching the first Gardens for Growth class in the spring. Bruck will help with the construction and design aspect of building a garden, Jenkins will bring an environmental-humanities view through journalism and Fuhrmann will focus on plant soil science and the relationship of soil management methods with the long term sustainability of civilization, Elfers says.
Despite the support of these faculty members, others remain skeptical that the student population is too apathetic and won’t care enough to get involved, Reyes says. The biggest obstacle facing Gardens for Growth is student involvement, Richardson says.
“If we don’t get students to take responsibility, we’ll just be creating another generation of mindless consumers,” Richardson says. “We want to excite people. Permaculture is fun and delicious when you get around to doing it.
Implementing permaculture produces a more sustainable school which begets a more sustainable world, Richardson says.
“What we’re doing right now is not sustainable,” Richardson says. “We’re buying food from all over the world and marketing it as a sustainable practice because perhaps the farm it came from practices sustainability. For example, Lipton tea comes from India and China and perhaps the practice was sustainable but the fact that you had to travel creates a carbon footprint.
Reyes says he wants South Campus, the proposed location of Gardens for Growth, to be known for more than just the location of the football stadium.
Gardens for Growth needs one or two acres from the 350-acre farm at South Campus, Rieger says. The farm will be located off of South College Avenue.
“Less than half or one-third of an acre can and has produced 16 tons of food,” Rieger says. “Ideally, we want the garden to be easily accessible and highly visible. Most importantly, we want people seeing what we’re doing and how we’re engaging with the community.
The land needs to be accessible in terms of solar and physical access as well according to Jules Bruck.
“We need good sun to generate good food,” Bruck says. “As long as we stay within a normal walking distance, students would be more inclined to go there.
The closer resources on south campus allow the university to grow, produce and feed the community, Begany says.
Gardens for Growth hopes that the food planted could be used in the dining hall.
“One of my frustrations with the university has always been that we’re surrounded by farms, good farms, and we have a farm on South Campus, but it’s not tied into the dining services here and everyone’s always complained about that,” Reyes says.
Susan Barton, professor and Extension Specialist Plant and Soil Sciences, along with Melissa Melby will teach “From farm to table: food culture and nutrition” next semester.
Barton also teaches First Year Experience. This semester she asked her students to reflect on how they were eating differently now that they are a student at the university compared to living at home.
“A number of them said they have trouble getting fresh fruits and vegetables,” Barton says. “Without a car, without access to a grocery store, they didn’t feel like the dining hall had really good fresh fruits and vegetables.
Students can purchase fresh produce if Gardens for Growth hosts a farmers’ market.
While a farmers’ market visits campus on Thursdays, many students have found fault in their prices and quality, members of Gardens for Growth unanimously agree.
Reyes says the farmer’s market is a sham.
“It’s a joke because it’s not from local farmers,” Reyes says. “It’s seconds, meaning the lower-quality produce that ARAMARK buys at auctions, they put out at the farmers’ market.
In addition to the production of organic food, the permaculture farmer’s market would provide opportunities such as creating student jobs and improve health, Richardson says.
“It can potentially lower the price of foods plans and lower the amount of people going to the health center,” Richardson says. “A better nutritional diet means you and everyone else won’t get sick.
Currently there are almost 15 other schools in the nation with programs like this, according to the Gardens for Growth Prezi.
Elfers says the program will add prestige and boost enrollment since there are no student organic farms within the mid-Atlantic region.
“Delaware is right at the eye of this 150-mile radius where nothing else like this program is being implemented,” Elfers says. “If the university promoted that they put in a student organic farm, then more students would want to come here. The enrollment would rise which would boost the endowment for the school which would give the school more money which is what they want.
Reyes says the program will help students leave with a greater appreciation for the university as well as a deeper understanding of food.
“When people leave here, you don’t want them to leave with just a degree. You want them to leave with a sense of place and a sense of understanding what feeds a campus and what feeds them and what it takes to feed the world of the future,” Reyes says. “We can’t survive on the highly industrialized, globalized food system that we have now. It’s inefficient and it’s failing. We need to focus on more regional economies and support local farmers.
Gardens for Growth is currently in the process of becoming an RSO. While everyone involved has started planning its implementation, the program still has a ways to go.
“We showed up and we chose to make transformation happen, we needed partnership, collaboration and we needed to act,” Begany says. “Now we’ve planted the seeds that will bear the fruits of tomorrow.
Source: The Review (http://goo.gl/d5cV6Z)