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jeudi 24 avril 2014

The ever-present local food

Every single one has, at some point, heard the term local food. You also probably have a pretty clear view on how you feel about the subject. Local food is widely considered to be nothing more than a more expensive version of regular food that doesn’t even taste any different!
In today’s world you are being bombarded with information all around you. You do not want to burden yourself with facts like how to save the planet or how to reduce your carbon footprint when you are doing your grocery shopping. You want to get in and out of the shop as quickly as possible and with as little bother as possible. We are slaves to routines and grocery shopping definitely is something where people have formed different kinds of routines. Of course some like to think these questions and make choices accordingly but I dare to say that majority of us doesn’t. Funnily enough, we probably have more important things on our minds and we rarely think too much into the future nowadays.
So how to change people’s shopping routines at a time when everybody wants everything immediately, without any hassle and with as little cost as possible? How to get information out to general public in a way that it doesn’t feel like a “yet another campaign for good health and a better world”? Impossible to say to be honest but at least there are signs to see that imply that bigger food companies are taking local food more seriously than before (at least in Finland).
I have seen local food being promoted many times in grocery stores, local products being located in the central area of the store etc. The results have been positive and local foods are gaining ground in the food market. People are becoming more aware and are more interested in the origins of their food products and they make choices accordingly.
So why not try something that helps people to quickly get information about food’s origin, carbon footprint and other ecological information? This would give local and organic products advance over products that don’t give this information. What if stores would start marketing ecological products in the same way they market cheap prices? What about big signs, short catch phrases or pictures that fill our brains with thoughts about taking responsibility instead of choosing the easy way out? Go wild! How about an app that gives people that information via phone and (in the future) by glasses? We could add an appcode to the local food info/price tag and by taking a photo of the code you could get the information about the food product to your phone. This wouldn’t be too big of a leap from grocery list apps and such if you ask me. Of course this again requires some effort from the consumer. I would like to think there are some people out there who could be interested in making an exception to their routines in the store and maybe choose to do something to help save both ourselves and our nature.
What would it take for you to knowingly change your habits and choose a more ecological product? Or have you already done so?

vendredi 18 avril 2014

Distribution : les Français se rapprochent du producteur

Le circuit court de distribution n'admet qu'un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur. L'idéal en apparence pour avoir un beau produit au meilleur coût. Pour Envoyé spécial, Paul Sanfourche a enquêté sur ces circuits et leur récupération par la grande distribution.
Aujourd'hui 20 % des agriculteurs commercialisent leur production en circuit court, une tendance qui va en s'accentuant. Internet a favorisé le phénomène. Jean-François, éleveur en Saône-et-Loire, vend sa viande en ligne, mais doit assurer la livraison: «Je parcours 1. 000 kilomètres pour servir les clients, soit vingt heures de travail, deux jours par semaine. En revanche, je suis à l'abri des crises et des fluctuations du marché de la viande».
Les particuliers, eux, sont rassurés par la qualité et acceptent volontiers de mettre le prix. Certains créent une Amap, association qui permet, entre autres, de commander directement à un agriculteur un panier de produits de saison, à un prix fixé à l'année. Ghislain, maraîcher en Lot-et-Garonne, écoule ses poireaux chez un grossiste et en circuit court. II vend souvent à perte chez le premier, mais gagne le double de son prix de revient en passant par une Amap.
Le circuit court est aussi devenu un argument marketing pour la grande distribution, qui n'hésite pas à acheter directement chez un producteur local. Ghislain tente l'expérience, mais perd encore plus d'argent qu'avec un grossiste. En revanche, le consommateur, lui, sort gagnant, tout comme la grande surface.
De nouvelles grandes enseignes à l'ouest et dans le Nord se consacrent presque exclusivement à la vente en circuit court avec des frais de fonctionnement et d'emballage réduits. Or la DGCCRF, le service de la répression des fraudes, a noté un taux de non-conformité de 49 % l'an dernier. Beaucoup de petites infractions sur l'étiquetage et sur le circuit exact des produits.
Paul Sanfourche conclut: «Le circuit court intègre deux définitions, celle d'un seul intermédiaire et celle, plus exigeante, d'un périmètre de production de 80 à 100 km favorisant le local. La grande distribution se cherche, mais elle est bien équipée pour faire pression sur les producteurs tentés par l'achat en grosse quantité. S'inspirant parfois de la grande distribution elle-même, les producteurs se font entrepreneurs et ouvrent leur propre magasin, sur le modèle des drive».
À savoir
Selon une enquête du cabinet Ethicity, 56 % des Français (+14 pts par rapport à 2012) déclarent qu'un produit permettant de consommer responsable doit être fabriqué localement. Selon l'Ademe, l'économie en CO2 est minime, mais le circuit court favorise l'agriculture de proximité, plus créatrice d'emplois.

mardi 15 avril 2014

Le Web-To-Store : un autre regard sur le commerce de proximité

Les commerces de proximité animent la ville, renforcent le sentiment d’appartenance des citoyens à leur milieu et répondent aux bonnes pratiques écolos, qui incitent le consommateur à faire ses courses près de chez lui pour ne pas prendre sa voiture. Ils ont des atouts et un avenir, à condition de s’adapter.
Ce qui compte pour faire du commerce, c’est en premier l’emplacement, en deux l’emplacement et en trois l’emplacement !
Mais aujourd’hui, 78% des Français recherchent d’abord sur Internet (Source : étude BVA/Mappy 2013) avant de se rendre en magasin. Et alors ? La différence, c’est que la vitrine du magasin s’est téléportée en ligne. On la retrouve sur le web, sur le mobile. C’est sur ces nouveaux médias qu’il faut capter l’attention des consommateurs.
Voilà expliqué en deux mots le concept de Web-To-Store : la grande tendance de cette année chez lesmarketers les plus aguerris. D’après les experts, le principe du web-to-store se décline en plusieurs supports et outils: les annuaires web ; le site et mini-site web et mobiles ; les plateformes de multidiffusion des coordonnées des points de ventes , le store locator géolocalisé ; le click-and-collect  …
Ce billet n’a pas pour objectif de vous proposer la recette miracle pour réussir son projet Web-To-Store mais d’illustrer ce concept avec un exemple innovant : les visites virtuelles réalisées par Mappy.
Ce service unique en France qui propose de visiter virtuellement les commerces de centre ville avant de s’y rendre a été lancé en 2012 avec une phase de test dans les villes de Bordeaux et Saint Germain en Laye, avant d’être déployée en 2013 sur Paris, la région parisienne et Dijon. Cette année de nouvelles villes seront couvertes dans le sud de la France, dont Marseille et Montpellier.
Les photographes de Mappy passent dans chaque commerce ayant un « pas de porte ». Ils recueillent toutes les informations utiles comme les horaires d’ouverture, l’accessibilité des personnes à mobilité réduites, les moyens de paiement, les langues parlées … et proposent au gérant/propriétaire de l’établissement, de réaliser gratuitement une photo à 360° de l’intérieur du commerce. L’appareil utilisé pour la prise de vues s’appelle une Girocam.
 Quelques semaines plus tard, la visite virtuelle du commerce est publiée dans la fiche détaillée du commerce sur Mappy. Aujourd’hui, plus de 21 000 visites virtuelles de commerces ont été réalisées.

lundi 14 avril 2014

Agriculture bio, semences, emplois, pesticides, fermes usines… Ce que propose la loi d’avenir agricole

L’avenir de « l’agriculture, l’alimentation et la forêt » est en discussion au Parlement. Le projet de loi défendu par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll doit redéfinir notre modèle agricole pour les années à venir. Parmi les agriculteurs, deux visions s’affrontent. Celle de la FNSEA, incarnée par Xavier Beulin, l’« agrobusiness man » réélu à la tête du syndicat agricole majoritaire. Et celle de la Confédération paysanne, dont le porte-parole Laurent Pinatel, défend une agriculture à taille humaine, moins polluante, privilégiant les filières courtes.
Tout les oppose. A droite, Xavier Beulin, l’« agrobusiness man » qui dirige depuis 3 ans la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire (53 % aux élections des chambres d’agriculture) qui a fortement influencé toute la politique française en la matière depuis l’après-guerre. Xavier Beulin dirige l’empire Sofiprotéol, le leader français dans les huiles de colza, de tournesol ou de soja. Un fonds d’investissement aux multiples filiales, impliqué dans les agrocarburants, le développement des OGM, la sélection génétique animale et végétale ou la « chimie verte ».
A gauche, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne (19 % des voix) depuis mai 2013. Laurent Pinatel ne dirige pas d’empire agro-industriel et financier. Juste une ferme, dans la Loire, avec deux associés. Installé depuis 1995, il produit du lait et de la viande bovine, dont une large part sont transformés puis vendus en circuits courts. Une agriculture davantage paysanne. « C’est une agriculture centrée sur l’autonomie des fermes », explique t-il à Basta !Nous avons par exemple développé l’autonomie en céréales, mais c’est aussi l’autonomie financière et décisionnelle. De quelle capacité se dotent les paysans pour décider eux-mêmes de leur revenu, de leur prix, des pratiques qu’ils peuvent avoir ? »

Agriculture paysanne contre agriculture industrielle

La vision de l’agriculture de demain, défendue par la Confédération paysanne, s’oppose totalement au modèle d’une « agriculture industrielle prédatrice d’emplois », à l’œuvre à plusieurs endroits. Exemple ? Le projet de ferme-usine des Milles Vaches en Picardie, porté par un entrepreneur du BTP, Michel Ramery (voir ici). Un millier de vaches pourraient être entassées dans des hangars, qui produiront d’un côté du lait vendu à prix cassé, et alimenteront de l’autre un méthaniseur avec leurs déjections pour produire de l’électricité. « 20 fermes de 50 vaches, ce sont 42 paysans qui vivent de leur travail. La ferme-usine des 1 000 vaches, ce sont 18 salariés. A terme, il ne faudrait plus que 2 500 usines pour arriver à la production laitière des 75 000 fermes laitières d’aujourd’hui », accuse Laurent Pinatel. En clair, prendre ce projet pour modèle et l’appliquer à l’ensemble du territoire ferait disparaître 100 000 emplois d’éleveurs.
Que dit le projet de Loi d’avenir agricole, fort de ses 39 articles, d’un modèle agricole, version usine Mille vaches ? Il s’y attaque indirectement. Le texte prévoit de contrôler à nouveau les acquisitions de terrains par les sociétés agricoles. Celles-ci peuvent jusqu’à présent agrandir démesurément le foncier qu’elles possèdent en toute discrétion grâce à des transferts de parts (voir notre enquête). C’est ce qui a permis à l’industriel Michel Ramery d’acquérir les terres et quotas de production nécessaires à son projet de ferme usine des Milles Vaches. Xavier Beulin, réélu le 9 avril à la tête de la FNSEA pour un deuxième mandat, est lui-même dirigeant de la holding Sofiprotéol qui pèse près de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un modèle agricole version Milles Vaches ne le dérange pas. Au contraire, le président de la FNSEA l’affirme : « Celui qui a deux hectares, trois chèvres et deux moutons n’est pas agriculteur ».

Qui a le droit d’être agriculteur ?

Le patron de la FNSEA risque d’être déçu. Le projet de loi d’avenir agricole ouvre le métier et reconnaît les paysans autrement que par la taille de leur exploitation. Jusqu’à présent, des dizaines de milliers de personnes exercent le métier d’agriculteur, cotisent au régime agricole, mais ne bénéficient d’aucun droits sociaux du fait de leur trop petite installation (lire ici). La nouvelle loi les reconnaît : la notion d’« activité minimale d’assujettissement » (AMA) est créée. Reste la question du niveau de cotisations à régler, sachant qu’un statut de chef d’exploitation nécessite d’acquitter a minima 3 600 euros par an [1]. Une somme qui peut se révéler trop élevée pour des petites fermes.
Pour qu’une petite ferme puisse s’agrandir, ou qu’un jeune agriculteur puisse s’installer, cela passe par les Safer (sociétés pour l’aménagement foncier et rural) où siègent les élus des syndicats agricoles (en majorité la FNSEA). Investies d’une mission d’intérêt général, elles resteront cependant des sociétés anonymes. Créées dans les années 1960, ces sociétés doivent être informées de toute cession et peuvent éventuellement exercer un droit de préemption, leur but étant d’assurer un équilibre entre les exploitants qui souhaitent s’agrandir et les nouveaux venus en quête de terre à cultiver. L’association des régions de France avait proposé de doter les Safer du statut d’établissement public (Groupement d’intérêt public ou société d’économie mixte). L’idée n’a pas été retenue. Mais désormais, les Safer pourront contrôler les échanges de parts sociales entre les sociétés d’exploitations agricoles. Et limiter ainsi les phénomènes d’agrandissements réalisés dans la plus grande opacité.

Subventionner le productivisme ou l’agroécologie ?

Le ministre Stéphane Le Foll souhaite reconnaître et renforcer toutes les initiatives collectives favorisant les changements de pratiques dans les campagnes, grâce au Groupement d’intérêt économique et environnement (GIEE). Concrètement, le GIEE permettrait aux agriculteurs engagés dans une transition agroécologique et regroupés autour d’un projet collectif de bénéficier prioritairement d’aides financières. Un groupe d’agriculteurs qui voudraient gagner en autonomie fourragère ou commercialiser ses produits en circuits courts pourraient ainsi constituer un GIEE, à la condition que leur projet améliore leurs résultats économiques et environnementaux.
Un projet séduisant à la base selon Laurent Pinatel, mais pour lequel « il manque un aspect social et un cadre suffisamment précis pour empêcher que ces aides bénéficient encore aux gros producteurs ». Si les aides ne sont pas plafonnées, par ferme et par GIEE, des projets énormes risquent de surgir et de capter tous les budgets au détriments d’autres initiatives. Le président de la FNSEA, Xavier Belin,redoute, lui, que la priorité donnée à ces structures n’entraine « un risque de perte de compétitivité » pour toute la filière. Et c’est peut-être là toute l’ambiguïté du projet de loi qui jongle entre le « tournant agroécologique » et la « vocation exportatrice » de l’agriculture. L’enjeu étant tout à la fois de redonner de la compétitivité économique à ce secteur qui pèse 3,5 % du PIB, tout en améliorant ses performances environnementales.

Pesticides : liberté de polluer ?

Cette ambiguïté est particulièrement ressentie dans le volet phytopharmaceutiques. Première utilisatrice de pesticides au niveau européen, troisième à l’échelle mondiale, la France détient un triste palmarès. D’où l’importance pour Laurent Pinatel d’avoir fait évoluer ses pratiques. « J’ai mis jusqu’à quinze tonnes d’ammonitrates (engrais minéral azoté, ndlr) sur 70 hectares. Nous sommes passés en bio depuis un an et nous n’en mettons plus du tout », assure t-il. Mais le projet de loi ne se révèle pas aussi volontaire en la matière. Si le vendeur de produits phytopharmaceutiques est tenu – à titre expérimental – de mettre en œuvre des actions ayant pour objet de réduire leur utilisation, il lui reste également la possibilité d’acheter des « certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques ».
L’acquisition de ces certificats – qui pourraient ouvrir de nouveaux marchés de compensations souvent controversés – libèrerait le vendeur de ses obligations. De quoi rassurer Xavier Beulin qui préconise la « liberté » des pratiques de l’agriculteur,fustigeant la multiplication des normes environnementales sur le terrain qui alourdissent la charge de travail des agriculteurs (sic). Le ministère envisage aussi de confier l’évaluation des pesticides à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (lire notre enquête). La responsabilité d’autoriser un produit toxique ne sera donc plus politique mais réservée à des experts. Dans un contexte où de nombreux conflits d’intérêts entachent les agences sanitaires ! La loi prévoit néanmoins une meilleure traçabilité des produits afin de lutter contre le trafic de produits frauduleux en pleine croissance. Toute forme de publicité grand public pour les pesticides sera interdite.

Liberté de cultiver contre droits de propriété

Laurent Pinatel fait par ailleurs partie des paysans qui ressèment d’une année à l’autre une partie de leur récolte. « Cela fait six ans que nous n’avons pas racheté de semences, confirme t-il, nous tombons donc sous le coup de la loi contre les contrefaçons ». Les sénateurs avaient adopté le 20 novembre 2013 un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon (lire notre article). Suite à l’occupation du Groupement national interprofessionnel des semences deux mois plus tard, la Confédération paysanne a obtenu la sortie des semences de ferme du champ d’application de cette loi.
A l’éqoque, Xavier Beulin, qui préconise l’« innovation » à travers la recherche sur les organismes génétiquement modifiés, interpellait les députés : « Les semences doivent impérativement rester dans le champ de la contrefaçon. Je demande aux parlementaires de tenir bon ». Mais ses injonctions sont restées vaines. Le ministre Stéphane Le Foll a tenu sa promesse. L’amendement, adopté par les députés en février, stipule qu’un agriculteur qui multiplie et ressème des graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière ne peut pas être poursuivi pour contrefaçon. La Confédération paysanne souhaite aller plus loin. L’enjeu, étendre l’exception à tout matériel reproductible à la ferme, tels que les levures, levains, animaux, préparations naturelles ou ferments (voir notre reportage).

Filières courtes ou exportation à outrance

Au final, le projet de loi ne satisfait vraiment aucune des parties prenantes. Pour Laurent Pinatel, malgré quelques avancées, il se révèle globalement « peu ambitieux pour faire face aux défis actuels que sont l’emploi, le renouvellement des générations, la préservation du foncier, l’avenir du métier de paysan ». Xavier Beulin, lui, insiste dans une lettre ouverte à Stéphane Le Foll sur la nécessité de gagner en compétitivité pour « faire réussir la ferme France ».
La filière agroalimentaire française figure pour le moment au cinquième rang des pays exportateurs mondiaux, derrière les États-Unis, l’Allemagne, la Hollande et le Brésil. « L’agroalimentaire c’est 3 500 000 emplois dont la moitié dans la transformation », insiste le dirigeant de la FNSEA, malgré les déboires de ce modèle, en Bretagne notamment. Le ministre de l’Agriculture l’assure, la France doit redevenir « le premier exportateur européen des produits agricoles et agroalimentaires et deuxième mondial d’ici dix ans ». Avec la nomination d’un « médiateur des relations commerciales », la voie choisie par le gouvernement est claire : celle d’une agriculture exportatrice créatrice d’emplois, non pas dans les campagnes mais dans l’agroalimentaire. La loi, encore en discussion au Sénat, devrait être adoptée par l’Assemblée nationale avant l’été.

vendredi 4 avril 2014

Alimentation : êtes-vous adepte de la vente directe ?

Une majorité de Français ont déjà acheté des produits alimentaires directement auprès d’un agriculteur. Une tendance nette et un véritable plébiscite pour la vente directe que vérifie aujourd’hui une enquête sur le sujet.

Non au supermarché, oui à la vente directe par les producteurs !

Outre le développement des AMAP, le succès de l’achat groupé ou de structures comme La Ruche qui dit oui ! le montre : la vente directe a le vent en poupe ! Une tendance qu’a voulu vérifier le Crédit Agricole, en commandant une enquête à Ipsos.

Il en résulte que 83% des Français considèrent que « la vente directe par les producteurs est un modèle qui a de l’avenir« .

Une pratique courante et plébiscitée

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Selon l’enquête, 87% des consommateurs français ont déjà acheté leurs produits alimentaires directement auprès d’un agriculteur. Si le soutien aux producteurs fait partie des raisons, sans grande surprise c’est aussi la qualité qui intéresse les consommateurs.
Et le prix ! D’une manière générale, 95% des Français « trouvent intéressant de faire leurs achats directement auprès d’un producteur ». Les raisons évoquées comprennent ladiversité des produits achetés (fruits et légumes, mais aussi lait, fromages, volailles, miel, viandes rouges, ou encore alcools et conserves), mais aussi :
  • la qualité des produits à 74%
  • le soutien à la production locale à 55%
  • le lien avec le producteur à 30%

Une vente directe qui se développe aussi sur Internet

Le lien avec le producteur peut même être développé : visites des exploitations, discussions, réponses aux demandes.
C
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e peut aussi être l’occasion de choisir une organisation de producteurs qui privilégient une agriculture responsable et durable, le tout dans desexploitations à taille humaine, bien loin d’un concept comme celui de la Ferme des 1000 vaches. Certaines s’engagent aussi dans l’agriculture biologique.
La plupart du temps, la vente se fait en direct, à 69% en :
  • dans un magasin
  • par le biais d’une coopérative
  • directement à l’exploitation
  • au marché
Les consommateurs émettent cependant quelques critiques : 29% se plaignent du manque de praticité, 31% du manque d’informations à ce sujet (bonne nouvelle : vous êtes au bon endroit !), et 48% du manque de producteurs à proximité.
Quoi qu’il en soit, 75% des personnes ayant déjà acheté des produits par vente directe souhaitent le faire plus souvent et 70% de ceux ne l’ayant jamais fait souhaitent commencer.
15% des ventes se fait également à distance ou par internet.

La vente directe c’est aussi :

On estime qu’à l’heure actuelle, en France, un agriculteur sur cinqpropose la totalité ou une partie de ses produits en vente directe, et jusqu’à un sur deux pour les fruits et légumes.
Source: http://goo.gl/Md9AUe 

mercredi 2 avril 2014

Les produits alimentaires commercialisés "en circuits courts"

Afin de valoriser leur production, les exploitants agricoles peuvent commercialiser leur production directement aux consommateurs (vente à la ferme, marché de plein vent, etc.) ou par le biais d’un intermédiaire (artisan, distributeur). La notion de circuits courts est utilisée pour valoriser un mode de vente limitant le nombre d’intermédiaires mais ne prévoit pas de notion de proximité physique (kilométrage).


Les circuits courts regroupent un certain nombre de formes de vente qui sont présentées ci-dessous.
Ces formes de vente concernent désormais les fruits et légumes mais aussi la viande, le vin, le miel, les conserves (viande et légumes), le pain, etc.

Produits alimentaires commercialisés en circuits courts

La définition des circuits courts, admise par l’administration, correspond à une vente présentant un intermédiaire au plus.

Produits alimentaires commercialisés en vente directe

Toute forme de communication concernant les ventes directes de produits agricoles doit correspondre à une remise des produits du producteur au consommateur. Dès lors les produits issus de l’achat-revente ne peuvent être commercialisés dans le cadre d’une vente directe. Aucun intermédiaire ne saurait être toléré, dans le respect de l’article L. 121-1 du Code de la consommation.

Points de vente collectifs – magasins de producteurs

Les magasins de producteurs regroupent plusieurs exploitants agricoles dans un point de vente collectif.
Le Code rural et de la pêche prévoit : «Art. L. 611-8. - Dans une optique de valorisation de leur exploitation et de leur terroir, les producteurs agricoles locaux peuvent se réunir dans des magasins de producteurs afin de commercialiser leurs produits dans le cadre d'un circuit court organisé à l'attention des consommateurs. Ils ne peuvent y proposer que des produits de leur propre production, qu'elle soit brute ou transformée. Ces produits doivent représenter en valeur au moins 70 % du chiffre d'affaires total de ce point de vente. Pour les produits transformés ou non, non issus du groupement, les producteurs peuvent uniquement s'approvisionner directement auprès d'autres agriculteurs, y compris organisés en coopératives, ou auprès d'artisans de l'alimentation, et doivent afficher clairement l'identité de ceux-ci et l'origine du produit. »
Les points de vente collectifs sont présentés dans la note de service n°2010-8103 de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) qui prévoit une définition avec des exemples d’utilisations collectives de locaux par des exploitants agricoles (ateliers de découpe, espaces d’entreposage, etc.).

Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP )

Déposé à l’INPI, la marque « AMAP » correspond à une démarche entre un groupe de consommateurs et un producteur. Ces associations mettent en place les moyens nécessaires pour permettre la vente de la production : local, heures pour la distribution des produits, etc. Le réseau des AMAP aide les exploitants qui souhaitent des conseils de méthodes de production (rotation des cultures, etc.).

vendredi 21 mars 2014

Diversité des circuits de commercialisation "alternatifs" rapprochant producteurs et consommateurs

Pour visualiser les images, allez sur la page en ligne

Pour une meilleure valorisation du métier d’agriculteur, pour vendre ou acheter des produits locaux à proximité, des producteurs et/ou consommateurs se réapproprient le marché local en développant des circuits de commercialisation "alternatifs" à la vente en circuits longs : basés sur un rapprochement entre producteurs agricoles et consommateurs, ils mobilisent un intermédiaire au plus. Certains de ces circuits sont nouveaux, parfois même très innovants, d’autres, plus anciens, se renouvellent pour répondre aux nouvelles attentes, des consommateurs mais aussi des citoyens. Comment comprendre leur développement ? Quels sont ces circuits ? Comment fonctionnent-ils ? Quels en sont les atouts et les contraintes, pour les producteurs comme pour les consommateurs ?
"Alternatifs" à la vente en circuits longs, des systèmes de vente cherchent à rapprocher producteurs agricoles et consommateurs, à travers un intermédiaire au plus. Le Cahier de l’Observatoire n°1 "Vente directe et circuits courts : évaluations, définitions et typologie" brosse le cadre réglementaire de la vente directe et de la commercialisation en circuits courts. Il propose une typologie de ces systèmes de commercialisation et aide à localiser les circuits les plus innovants sur le département de l’Hérault.
Vente directe et circuits courts : évaluations, définitions et typologie


Typologie de la vente directe et des circuits courts


Les Marchés Paysans hebdomadaires


Les Marchés Classiques de plein vent


Les Points de Vente Collectifs


Les Boutiques de vente de "produits du terroir"


Vente par colis et AMAP


Vente directe et circuits courts : quelques systèmes à la loupe

Source: http://www.psdr-coxinel.fr/spip.php?rubrique10

jeudi 20 mars 2014

Des sites web aux drive fermiers, les nouveaux circuits courts agricoles

Afin de développer les circuits courts, les agriculteurs rivalisent d'imagination pour inventer des nouveaux canaux de distribution.

La vente directe du producteur au consommateur est de plus en plus plébiscitée. Le souci de traçabilité, la volonté de manger sain poussent davantage de Français à se fournir directement auprès des agriculteurs. En Seine-Maritime à Barentin, Charles Douillet est producteur de pommes de terre. Associé à un maraîcher, il propose via un distributeur, des légumes de saison. Pour les producteurs, ce distributeur leur permet de limiter les charges contrairement à un magasin. Et puis un avantage de taille par rapport aux exportations, le prix de vente est fixe. Autre point positif, l'agriculteur consacre 3 heures de sa journée au distributeur. Le reste du temps, il fonctionne tout seul. Son coût d'installation est de 20.000 euros. Charles Douillet pense l'amortir dans sept ans. D'autres distributeurs fleurissent un peu partout sur le territoire normand.


De la Toile à la l'assiette

Autre initiative en Seine-Maritime, à Veauville-lès-Baons, Thierry Beuzelin est éleveur bovin. Il a son magasin à la ferme. Et pour gérer au mieux son stock et donc son élevage, il propose aux clients de commander sur Internet avant de se rendre en magasin. Son site est en servie depuis neuf mois et il a pu ainsi élargir sa clientèle.

Voir le reportage ci-dessous de Emmanuelle Partouche et Jérôme Bègue

Voir la vidéo
Les circuits courts agricoles : les nouveaux canaux de distribution

Les circuits courts dans l’alimentation

L’affaire des «  lasagnes au cheval  », notamment, nous a rappelé la difficulté de contrôler la qualité alimentaire dans le cadre d’un marché où les ingrédients parcourent des milliers de kilomètres avant d’atterrir enfin dans notre assiette.
Plus généralement, l’ensemble de notre modèle agroalimentaire, du producteur au consommateur, aboutit aujourd’hui à un non-sens économique et environnemental.
En termes de santé d’abord. Des pesticides ou résidus de produits pharmaceutiques se retrouvent à tous les niveaux de notre chaîne alimentaire, avec un impact avéré sur notre santé : intolérances et allergies, carences alimentaires, cancers, obésité. Si, comme on l’apprenait récemment, la Belgique détient le triste record mondial de prévalence de cancer du sein [1], ce n’est pas le résultat du hasard mais d’une série de choix politiques et économiques inconsidérés.
En matière environnementale ensuite. La culture intensive empoisonne et appauvrit les sols. La production et la transformation des aliments, délocalisées vers l’étranger, nécessitent des transports qui engendrent pollution de l’air et émissions de CO2, sans compter le suremballage et les déchets en résultant.
Au niveau du secteur agricole enfin. Les agriculteurs vivent aujourd’hui une pression insoutenable : endettement sur plusieurs générations, perte de revenus et précarisation, risque de spéculation sur leurs terres. En Wallonie, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 50 % entre 1990 et 2010, passant de 29 200 à 14 500 [2]. Cela a conduit à la suppression de milliers d’emplois et au glissement d’emplois à temps plein vers des temps partiels – un basculement qui, comme dans d’autres secteurs, concerne principalement les femmes.
L’enjeu immédiat est à la restauration de la confiance. La confiance des producteurs, celle des consommateurs et celle entre producteurs et consommateurs.

Remettre d’aplomb un système agroalimentaire qui marche sur la tête

Sous la pression de l’industrie agroalimentaire, la politique européenne agricole s’est égarée, en oubliant que l’intérêt des producteurs devait rencontrer l’exigence des consommateurs ainsi que la préoccupation environnementale. Le modèle des circuits courts restaure concrètement ce triangle vertueux. Il permet au producteur de retrouver de la marge dans ses bénéfices grâce à la réduction des intermédiaires et à la création de nouveaux emplois plus durables, et donc d’améliorer son niveau de vie et ses perspectives  ; il tient aussi compte de cette nouvelle et légitime exigence de qualité de la part du consommateur  ; enfin, il diminue l’empreinte environnementale de ses activités puisque les transports et l’emballage sont réduits à leur portion congrue.

Alliances emploi-environnement : le politique moteur d’une mobilisation économique

Les Alliances emploi-environnement (AEE) symbolisent cette dynamique mise en place voilà dix ans à Bruxelles et cinq ans en Wallonie. Elles renouvellent le rôle et l’action du politique en matière de développement économique. L’AEE ne fait preuve ni d’étatisme ni de laxisme : elle place les responsables politiques dans un rôle de mobilisateur économique à l’échelle d’une filière. Interlocuteurs sociaux, entreprises, travailleurs, fédérations professionnelles, enseignants, universités, opérateurs de formation, administrations, mettent tous en œuvre des actions visant à tirer profit de l’évolution en cours de l’économie et de l’écologie, pour créer des emplois, réduire l’empreinte écologique et les dépenses d’énergie des particuliers et des entreprises.
Depuis 2009, les ministres Ecolo ont lancé des Alliances emploi-environnement dans quatre domaines : la construction et la rénovation durables en Wallonie et à Bruxelles, l’eau, les déchets et l’alimentation durable à Bruxelles. Ce sont en tout 200 actions mises en œuvre et 300 acteurs co-construisant l’avenir de nos économies.
Selon les estimations ex ante réalisées, 7 200 emplois peuvent être créés dans un délai de trois à cinq ans à l’échelle du territoire de la Région bruxelloise, soit :
  • 2 500 dans la construction durable, principalement des maçons, chapistes, façadiers, couvreurs, menuisiers, vitriers, chauffagistes, installateurs sanitaires, électriciens, architectes  ;
  • 300 dans la gestion de l’eau  ;
  • 250 dans la gestion des ressources  ;
  • 450 dans la gestion des déchets  ;
  • 3 700 dans l’alimentation durable.
Pour la prochaine législature, le Conseil économique et social bruxellois suggère un soutien accru à l’offre en matière d’enseignement et de formation, et à la création ou au maintien d’emplois locaux (notamment via les cahiers des charges des marchés publics).
En Wallonie, la Confédération de la construction wallonne (CCW) a joué un rôle majeur dans la mise en œuvre de la première AEE, consacrée à la construction et la rénovation durables. Elle a ainsi notamment participé à la rédaction de clauses sociales visant à protéger les marchés publics du dumping social. Elle demande également la pérennisation de cette AEE pour soutenir la demande.
L’AEE wallonne rassemble plus de cinquante entreprises impliquées notamment dans des projets de développement de filières de matériaux durables.De leur côté, le Forem et les autres opérateurs de formation ont intégré les compétences vertes dans leurs différents référentiels de formation, liée aux enjeux de la construction durable et de l’énergie (l’étanchéité à l’air, la performance énergétique des bâtiments, etc.).

Pour une Alliance emploi-environnement «  circuit court  »

Il s’agit de mobiliser les pouvoirs publics, les acteurs du secteur agroalimentaire et les consommateurs finaux autour d’un même objectif : faire de l’amélioration de la qualité de l’alimentation et de la relocalisation d’une production agricole durable une source d’opportunités économiques et de créations d’emplois.
Tout le monde doit y être associé : les entrepreneurs, les pouvoirs publics, les fédérations agricoles, les collectivités (écoles, hôpitaux, maisons de repos…), les opérateurs de formation, le secteur économique de la distribution ainsi que des groupements et associations actifs dans le domaine de l’alimentation et du développement durable.
L’enjeu de cette mobilisation est de renforcer la qualité de l’offre et de réduire le nombre d’intermédiaires tout en accroissant et sécurisant, à l’autre bout de la chaîne, la demande de produits frais et de saison. L’objectif étant de réconcilier offre et demande (conservation, stockage, distribution) en soutenant et en créant des emplois durables et de la valeur sur l’ensemble de la chaîne agroalimentaire.

Une alliance Wallonie-Bruxelles

Cette politique est aussi une très belle opportunité d’alliance entre Wallons et Bruxellois : d’un côté, les Wallons ont des agriculteurs et des producteurs de qualité  ; de l’autre, de plus en plus de Bruxellois préfèrent acheter des produits de qualité qui soutiennent les économies locales plutôt que d’attendre de voir arriver des produits du bout du monde – dont on ne connaît ni l’origine réelle ni la qualité.

L’agriculture dans nos villes

Si j’évoque New York, on pense à des gratte-ciel, à une fourmilière de gens pressés, peut-être à un grand brassage de cultures. Mais certainement pas à des choux, des carottes et des salades. Et pourtant, en dix ans, plus de 2 000 marchés fermiers ont été créés dans les grandes villes américaines, proposant des produits issus de l’agriculture urbaine et périurbaine.
Surfaces cultivables sur les toits des immeubles, anciennes friches industrielles à réaffecter, potagers urbains : partout dans le monde, de grandes villes décident de nourrir une part croissante de leur population avec des produits issus de leur propre territoire. Ces projets, riches de lien social, de promesses concrètes d’emplois locaux et à haute valeur environnementale, méritent de se développer davantage dans les villes wallonnes et à Bruxelles.
Un projet pilote vient d’ailleurs d’être lancé à Anderlecht. La ferme urbaine qui s’installera sur le toit de la nouvelle halle (anciens abattoirs) sera une première à Bruxelles et s’inspirera de projets fructueux menés au Canada, aux États-Unis et aux Pays-Bas. Une ferme d’ampleur puisqu’elle comptera 4 000 m2 (potager et serres) dédiés à la culture de produits locaux et bio (tels que chicons, choux de Bruxelles, asperges, salades, épinards, etc.). Elle alimentera un nouveau restaurant directement relié à la ferme ainsi qu’un magasin.
Ce projet original démontre également qu’il est possible d’optimiser l’utilisation de certaines toitures d’immeubles en ville, notamment dans les zones -économiques. Un choix pertinent vu l’essor démographique et la nécessité d’utiliser chaque mètre carré à bon escient.

Amener les produits de qualité au plus près du consommateur

Dans ma commune de Profondeville, le groupe local Ecolo a lancé il y a six ans un groupement d’achats communs (GAC)  ; il compte aujourd’hui nonante membres qui, tous les quinze jours, peuvent commander fruits, légumes et autres produits locaux distribués dans chaque village de l’entité. Les produits sont fournis par une coopérative réunissant de jeunes agriculteurs bio qui se rassemblent avant de pouvoir voler de leurs propres ailes.
À quelques kilomètres de là, à Floreffe, une ancienne échevine Ecolo a également lancé un GAC, associant dans une coopérative des consommateurs-citoyens et des producteurs locaux. Ce groupement proposera une large gamme de produits régionaux de qualité, bio ou de culture raisonnée, via un circuit on ne peut plus court de commercialisation. Des produits locaux, savoureux, frais, de proximité, tout en aidant les petits producteurs, et pour le plus grand bonheur des consommateurs.
Ce genre d’initiatives citoyennes, associatives ou coopératives se multiplie depuis plusieurs années et mérite assurément l’attention et le soutien des pouvoirs publics, notamment pour l’accompagnement à la création, à la pérennisation – voire, quand c’est opportun, à la mise en réseau de ces initiatives dans une logique de maillage de nouvelles épiceries locales.
D’autres projets structurants voient le jour : la Wallonie a récemment assisté à l’installation de la première moyenne surface basée sur le principe «  50 % des produits venant de moins de 50 km  ». Car les circuits courts, ça ne peut pas compliquer la vie des familles  ! La vente à la ferme, c’est bien pour certains. Mais l’enjeu est avant tout de faire venir le plus près possible du consommateur le produit transformé à la ferme, chez un artisan ou dans une coopérative.
Dans cette optique, la grande distribution doit aussi être actrice du développement des circuits courts, en faisant mentir sa réputation de pression insoutenable des prix sur les producteurs. À travers des accords volontaires avec le secteur, l’Alliance emploi-environnement devra permettre d’atteindre un pourcentage de plus en plus élevé de produits locaux dans les rayons des grands magasins.

Toutes les cantines scolaires fournies en produits locaux et de qualité

Lorsque la méfiance s’installe entre les Belges et leur assiette, elle se transforme rapidement en panique dès qu’il s’agit de nos enfants. On les sait plus vulnérables  ; et les statistiques toujours à la hausse en matière d’allergies, d’obésité, de diabète, ou, plus grave encore, de cancer chez les jeunes, ne nous rassurent point – j’avoue ici, c’est la jeune maman qui écrit.
Même si cela semble ne pas avoir de rapport, j’ai visité récemment un élevage bovin sur les hauteurs de Dinant. Le producteur avait repris quelques années plus tôt l’exploitation familiale  ; étant seul pour la faire tourner, il avait «  choisi de passer en bio pour la facilité  » (sic). Une race rustique française qui vêle toute seule – excusez les détails –, et qui se nourrit de foin en hiver et de pâturage en été. Bref, ses vaches et lui vivent en pleine autonomie, les coûts d’exploitation diminuent et la viande est délicieuse. Tout va bien, donc  ? Pas tout à fait : la demande ne suivait pas, et notre agriculteur s’est retrouvé contraint de vendre une grande partie de sa viande bio comme de la viande non labellisée.
Simple conséquence de la loi de l’offre et de la demande : pour garantir aux producteurs des filières stables d’écoulement de leur production tout au long de l’année, il faut agir sur l’augmentation et la structuration de la demande. Les cantines scolaires, j’y reviens, mais pas seulement, nous offrent ici une réponse. En effet, à chaque fois qu’une école, une crèche, une administration, un hôpital, ou une maison de repos décide d’adapter son cahier des charges pour intégrer des exigences de qualité et d’origine des produits, le bénéfice est double : d’une part, il touche automatiquement, et sans démarche nécessaire de sa part, un public important – dont les plus fragiles d’entre nous (enfants, personnes âgées ou hospitalisées…), qui ont particulièrement besoin de se mettre à l’abri des méthodes agroalimentaires intensives, de leurs additifs et de leurs produits phyto en tout genre –  ; d’autre part, on offre aux producteurs et agriculteurs des perspectives concrètes, autrement plus enthousiasmantes que l’endettement sur plusieurs générations, à l’image de la déroute vertigineuse du modèle agricole intensif.
Il est encourageant de constater que ces démarches se multiplient aujourd’hui, notamment à l’initiative d’Ecolo, dans les communes. Mais elles n’ont pas vocation à rester isolées. Ecolo veut aller plus loin et généraliser les normes de qualité et d’origine des produits dans les écoles. C’est important pour les enfants, positif pour nos producteurs, mais aussi bénéfique pour l’emploi.

Qualité, création d’emplois et prix sont compatibles

L’entreprise TCO Service est un modèle du genre. Née le 1er octobre 1992, la société Traiteur Collard SPRL travaille dans le domaine des prestations traiteur et événementiel. Progressivement, elle donne naissance à TCO Service, dont les activités sont désormais exclusivement tournées vers la restauration collective. L’entreprise compte aujourd’hui près de 50 employés. Elle produit et distribue pas moins de 13 000 repas par jour.
Écoles, maisons de repos, mess d’entreprises, crèches : la clientèle de la société représente toute la diversité et la complexité de la restauration collective. Et tous ont opté pour le durable parce qu’il ne s’agit pas de choisir entre le prix et la qualité : à travers le soumissionnement à des cahiers des charges dans le cadre de marchés publics, l’équilibre prix compétitif/exigence de qualité est respecté. En effet, produits locaux, travail du produit «  brut  » de saison (la purée de pommes de terre, c’est de la vraie purée de pommes de terre), certification bio ou équitable, travail direct avec les agriculteurs, travail en équipes et respect de chaque travailleur…
Quand on vous dit que c’est possible  !
[1] Chiffres OMS, 2012.
[2] SPF Économie, Chiffres clés de l’agriculture, 2011.
Source: Etopia (http://goo.gl/DZs7rZ)