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lundi 7 juillet 2014

Les Filières Qualité Carrefour font leur retour

Carrefour cède aux pressions de l'INAO et abandonne sa MDD "Origine et Qualité". Le distributeur renoue avec les "Filières Qualité Carrefour", une signature qu'il avait utilisée jusqu'en 2007.
"Origine et Qualité" était le nouveau nom des produits Carrefour sur la zone marché, depuis début 2014.
La marque avait été lancée en grande pompe durant le salon de l'agriculture mais, déjà, des producteurs de fromages sous appellation d'origine protégée avaient investi le stand du distributeur.
Motif du mécontentement : en signant indifféremment "Origine et Qualité" des produits sous signe officiel de qualité et des filières maison sans label, Carrefour était accusé de jouer la confusion.
L'INAO (institut national de l'origine et de la qualité) a porté l'affaire devant la justice en mai dernier. Selon l'institut,"seuls des produits sous signes officiels de qualité et d’origine doivent pouvoir être identifiés par ces termes".
Carrefour n'aura donc pas mis longtemps à renoncer à son idée. Dans un communiqué commun daté du 7 juillet, le distributeur et l'INAO annoncent avoir trouvé un accord qui met fin à l'action judiciaire engagée.
"Carrefour a décidé de ne pas développer Origine et Qualité Carrefour et de poursuivre l’utilisation de sa marque Filière Qualité Carrefour", résume sobrement le document.
Les Filières Qualité Carrefour étaient le nom des MDD de l'enseigne sur la zone marché entre 1992 et 2007. La marque avait ensuite été remplacée par "Engagement Qualité Carrefour", officiellement parce que la notion de filière était mal comprise par les consommateurs. A l'époque déjà, certains producteurs contestaient les amalgames possibles avec les filières sous signe officiel de qualité.
Carrefour reprend aujourd'hui l'exploitation d'une marque qui avait fortement marqué son identité sur la zone marché durant quinze ans, et dont le nom ne surprendra pas les clients fidèles de l'enseigne.
Source: http://goo.gl/Pp10fC

Carrefour quitte l'Inde, en fermant ses cinq magasins de ventes en gros

Le groupe français de grande distribution Carrefour va quitter le marché indien, en fermant d'ici fin septembre les cinq magasins de ventes en gros ("cash & carry") qu'il y possède, selon un communiqué publié lundi.
Son PDG, Georges Plassat, avait par le passé indiqué réfléchir quant au maintien de sa présence dans ce pays.
Carrefour s'était implanté en Inde en 2010. En 2012, ses cinq magasins avaient généré un chiffre d'affaires de 28 millions d'euros.
Aucun raison n'a été avancé concernant les raisons de ce départ.
La presse indienne, s'appuyant sur des sources internes au groupe, avait affirmé début mai que Carrefour travaillait sur une stratégie pour se désengager du pays. Elle l'expliquait alors par la victoire annoncée, concrétisée depuis, du parti nationaliste hindou BJP, hostile à l'arriver de distributeurs étrangers en Inde.
Source: http://goo.gl/u4Yc0p

mardi 24 juin 2014

Avec Carrefour, E.Leclerc et Système U, vos boîtes débordent de pub

Quand les autocollants « Stop pub » reculent, les prospectus regagnent du terrain. Une étude de l'UFC-Que Choisir publiée ce mardi révèle l'ampleur du gâchis et son principal auteur : la grande distribution.

Nos boîtes aux lettres sont-elles en train de devenir de vulgaires refuges à prospectus ? Alors que La Poste constate, impuissante, une chute de 5,3% du volume de courrier chaque année, le monticule de « publicités non adressées » s’est alourdi de 35% sur dix ans. Une étude (en pdf) publiée mardi 24 juin par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir indique qu’en l’absence d’autocollants « Stop pub » une boîte aux lettres lambda reçoit aujourd’hui 2,7 kg de réclames imprimées par mois, contre 2 kg en 2004.
Le premier pourvoyeur de ces déchets en devenir ? La grande distribution. Sur le seul mois d’avril, le groupe Carrefour a glissé pas moins de 9,2 prospectus en moyenne dans chacune des boîtes aux lettres situées à proximité de ses points de vente. L’enseigne est talonnée par E.Leclerc et Système U qui, le même mois, en ont distribué respectivement 6,1 et 5,9.

L’efficacité du « Stop pub »

Toutes enseignes confondues – magasins de bricolage et d’ameublement inclus – le procédé a coûté quelque 2,9 milliards d’euros en 2013. Ce surcoût, répercuté sur le consommateur via des hausses de prix, se traduit par une dépense de 44 euros par habitant et par an. Pour un ménage de quatre personnes, cela équivaut à la facture moyenne des courses hebdomadaires. Paradoxalement, la campagne « Stop pub », lancée en 2004, a démontré son efficacité. Un autocollant (téléchargeable en pdf) placé sur une boîte aux lettres réduit de plus de 80% le nombre et le poids des prospectus qui s’y accumulent. Le hic, c’est que seules 9% des boîtes aux lettres arborent cet écusson dissuasif.

Source: http://goo.gl/FeQC5j

samedi 21 juin 2014

Carrefour dépose une offre de rachat sur Dia France

Le numéro deux mondial de la grande distribution a signé une promesse d’achat dans le cadre d’un accord d’exclusivité avec Dia pour l’acquisition de ses activités en France. La transaction sera conclue sur la base d’une valeur d’entreprise de 600 millions d’euros.

Magasin Dia à Villeurbanne, dans le Rhône.Magasin Dia à Villeurbanne, dans le Rhône. (DR)
Carrefour renforce sa présence dans les petites surfaces. Le numéro deux de la grande distribution s’apprête en effet à mettre la main sur Dia France, qui possède 865 magasins de hard discount dans l’Hexagone. Sa maison-mère espagnole (Dia) et Carrefour sont entrés en négociations exclusives et la transaction devrait être conclue sur la base d’une valeur d’entreprise de 600 millions d’euros. L’an passé, les magasins sous enseigne Dia France ont réalisé un chiffre d’affaires de 2,18 milliards d’euros, soit 19% des ventes du groupe Dia.

Selon le communiqué de presse, « cette opération contribuerait à la croissance du réseau multiformat de Carrefour sur son marché domestique ». Lors de la présentation des résultats annuels 2013, en mars dernier, son PDG Georges Plassat avait annoncé porter à 2,2 milliards d’euros l’enveloppe réservée aux investissements pour cette année (+44%) avec le désir d’accélérer l’expansion du distributeur. Par cette acquisition Carrefour va accroître ses positions dans les formats de proximité (Carrefour City et Contact) et les supermarchés (Carrefour Market). En outre, la forte présence de Dia France en région parisienne et en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) apporte une certaine complémentarité géographique au réseau déjà existant de Carrefour. Aussi, ce dernier reprend une courte avance sur Leclerc dans la course au leadership en France.

Pour l’heure, aucune information concernant l’emploi n’a filtré. Mais le gouvernement sera forcément très attentif au sort qui sera réservé aux 7500 personnes employées par Dia en France. Nous ne savons pas, non plus, si Carrefour désire céder une partie de ces 800 magasins (beaucoup seraient lourdement déficitaires, notamment dans le Nord) ou encore si ces nouveaux murs resteront sous la bannière Dia. 

Source: http://goo.gl/JPTjKa

mercredi 11 juin 2014

Esclavage en Thaïlande : Carrefour suspend ses relations avec CP Foods

D'après le Guardian, le fournisseur de crevettes de l'enseigne, CF Foods, travaille avec des bateaux pratiquant l'esclavage. Le distributeur a immédiatement réagi en suspendant ses relations commerciales avec ce dernier.

Certaines crevettes vendues chez Carrefour alimenteraient l'esclavagisme en Thaïlande. C'est la conclusion d'une enquête de six mois menée par le Guardian . Le quotidien britannique explique que l'enseigne française fait parti des grands groupes de distribution, aux côtés des géants Walmart, Tesco et Costco, qui se fournissent en crevettes auprès du numéro un du secteur, Charoen Pokphand (CP) Foods. Or l'enquête prouve que cette société fait elle-même appel à des fournisseurs qui pratiquent un esclavagisme intense.
CP Foods, société spécialisée dans l'élevage et la vente de crevettes et de plats préparés, achète du poisson pêché par des bateaux esclavagistes pour nourrir ses crevettes. D'après le Guardian, la main d'œuvre de ces bateaux serait constituée d'immigrants clandestins du Cambodge ou de la Birmanie voisine. Piégés par leur passeur, ces derniers se retrouvent vendus au capitaine pour 300 euros. Leur quotidien devient alors infernal. Détenus de force, ils travaillent 20 heures par jour. Pour les faire tenir, un seul plat de riz et surtout des méthamphétamines. D'anciens esclaves échappés des bateaux ont expliqué au Guardian qu'ils étaient régulièrement enchainés, battus et torturés. Les exécutions étaient aussi monnaie courante. L'un des rescapé affirme avoir vu 20 des ses camarades se faire tuer, l'un d'entre eux aurait même été écartelé.
«Carrefour condamne avec force, s'ils sont avérés, les faits rapportés par The Guardian», assure une porte-parole interrogée par Le Figaro. «Par mesure conservatoire, Carrefour décide de suspendre immédiatement ses achats directs ou indirects auprès de cette entreprise jusqu'à ce que la lumière soit faite», explique-t-elle. Pour sa défense, le groupe affirme avoir procédé en juillet 2013 à un audit social de l'usine de conditionnement de cette société «qui n'a rien révélé d'anormal à cette époque».
CP Foods, de son côté, a reconnu l'existence de cet esclavagisme dans sa chaîne de production mais dit «manquer de visibilité» sur l'importance du phénomène.

Une dérive plusieurs fois condamnée

L'esclavagisme dans l'industrie de la pêche thaïlandaise est connu de longue date. Le pays est régulièrement pointé du doigt par l'Organisation internationale du travail. Même s'il n'existe aucune statistique officielle, le gouvernement estime que sur les 300.000 personnes travaillant sur les bateaux de pêche, 90% sont des migrants susceptibles d'être exploités. Malgré cette prise de conscience, les autorités tardent à réagir par crainte de mettre en péril l'intégralité de la filière qui pèse 7 milliards de dollars. La pêche est un enjeu économique vital, notamment les crevettes dont la Thaïlande est le premier exportateur mondial. Chaque année, 500.000 tonnes de ce crustacé sont exportées.
Avec ce nouveau coup de projecteur, les ONG attendent une action ferme de la part des géants de la distribution, essentiellement ceux clients de CP Foods qui produit 10% des crevettes exportées.Pour l'ONG Anti-Slavery International, les distributeurs pourraient encore renforcer leur contrôle sur leurs fournisseurs et les obliger à bannir l'esclavage sous peine de rompre le partenariat. Elles attendent aussi un sursaut de la part des consommateurs. «Si vous achetez des crevettes de Thaïlande, vous achetez un produit issu de l'esclavage», prévient Aidan McQuade, directeur de Anti-Slavery International.
Source: http://goo.gl/5W3Qs4

mardi 20 mai 2014

Carrefour se lance dans la personnalisation

Le numéro un des grandes surfaces s'associe au fondateur de Cdiscount pour créer Mydesign.com.

Le site propose aux clients de personnaliser leurs accessoires.

La personnalisation des objets n'est plus la chasse gardée d'Internet et des marques de luxe. Carrefour, numéro un de la grande distribution en France propose désormais à ses clients de customiser leurs objets quotidiens, tee-shirts, coussins, coques de mobiles etc. La prochaine Coupe du monde de foot sera l'occasion d'arborer les couleurs des Bleus ou celles de la Seleçao brésilienne sur la coque de son smartphone signée de son prénom ou sur son mug. Mais les possibilités sont infinies puisque les clients peuvent choisir une de leur propres photos à défaut de piocher dans les banques d'images de Mydesign.com. C'est le nom de la société commune (50/50) que le géant de la distribution a lancée pour la circonstance avec le fondateur de Cdiscount, Christophe Charle.
D'abord testée dans une dizaine d'hypers un peu partout en France (Les Ulis, Nice, Nîmes, Mérignac…), l'offre va s'étendre à 150 magasins grand format du groupe (sur 223 au total). «  Il faut disposer d'un trafic suffisant », relève le directeur e-commerce pour le non alimentaire, David Schwarz. Les clients font leur choix en magasin, dans des corners Mydesign.com, ou sur le site dédié. Une application est également au programme pour faciliter le téléchargement direct des photos. L'opération se fait dans un délai de quatre jours et le client récupère sa commande en magasin sans frais. La fabrication des objets se fait en France à Pessac près de Bordeaux dans l'usine d'Images Corp., la société que Christophe Charle a créée après la vente de Cdiscount.

300 objets de 10 à 30 euros

Petite déco, vêtements, accessoires de mode ou pour l'école et le bureau… beaucoup de produits sont concernés par cette offre. Au total, quelque 300 objets dans une gamme de prix allant de 10 à 30 euros. « La personnalisation correspond à une attente forte des consommateurs, le lancement de ce service est donc une belle opportunité pour l'enseigne », observe David Schwarz. Il précise que les images des licences de Carrefour (Disney notamment) sont également proposées aux clients, de même que celles du patrimoine architectural ou naturel local. Christophe Charle espère que cette alliance accélérera le développement de sa PME de 60 salariés (10 millions d'euros de chiffre d'affaires). « On monte en TGV », se félicite-t-il. L'entreprise est notamment le fournisseur des produits dérivés des artistes d'Universal Music. « La fabrication numérique fait chuter les coûts d'impression en supprimant plusieurs étapes. Le prix est le même que l'on imprime à 1 ou à 1.000 d'exemplaires », dit-il.
Valérie Leboucq
Source : http://goo.gl/4qgEiZ

lundi 19 mai 2014

Carrefour rachète 126 galeries commerciales à la foncière Klépierre

Grosse opération immobilière pour Carrefour: l'entreprise a racheté 126 galeries commerciales appartenant à Klépierre pour près de 2 milliards d'euros. Avec 8 autres actionnaires, elle créé une nouvelle société foncière : Carmila.

Naissance de Carmila

Carmila, une nouvelle foncière créée par Carrefour, sera chargée de gérer ce portefeuille ainsi que les 45 galeries que le groupe possédait déjà. Le géant de la distribution n'en détiendra que 42%, le reste étant partagé entre Amundi (Crédit Agricole), Axa, le néerlandais Blue Sky Group, BNP Paribas Cardif, Colony Capital, Crédit Agricole Assurance, Pimco (Allianz) et Sogecap (Société Générale). Un partage qui permet à Carrefour d'éviter d'avoir à consolider les comptes de Carmila dans les siens. 

Augmenter la valeur des hypermarchés

L'entreprise sera dirigée par Jacques Ehrmann, ancien PDG de Mercialys recruté en 2013 par le distributeur pour ses opérations immobilières. En tout, la valeur des 171 centres commerciaux de cette co-entreprise atteint 2,7 milliards d'euros, précise le groupe dans un communiqué diffusé mercredi soir. 
La veille, lors de l'assemblée générale des actionnaires, le PDG Georges Plassat avait justifié sa stratégie. Il s'agit selon lui de
"Reprendre le contrôle de nos galeries marchandes [afin de] sécuriser nos magasins en terme d'attractivité et d'augmenter la valeur sécable de nos hypermarchés."

Désendettement pour Klépierre

Pour Klépierre cette cession servira à financer son désendettement. Déduction faite des intérêts minoritaires, le produit de cette cession qui comprend les contrats de gestion locative et immobilière, s'élève à 1,5 milliard d'euros, dont 1,3 milliard qui seront utilisés pour rembourser des lignes de crédit.  Peu après l'annonce de l'opération, l'agence Standard & Poor's a indiqué que sa finalisation devrait entraîner un relèvement de la note de Klépierre, actuellement fixée à "BBB+".
Source: http://goo.gl/4tWZ4M

mercredi 7 mai 2014

Distribution : Casino et Carrefour se disputeraient Dia France !

Carrefour et Casino se disputeraient le rachat de la filiale française de Dia, selon les informations obtenues par le magazine spécialisé LSA, qui croit savoir que ce dossier qui défraie la chronique depuis trois ans est en passe d'aboutir. Une annonce pourrait même intervenir dès le mois de juin, sur ce périmètre qui compte 841 magasins et génère 2,2 milliards de ventes annuelles, mais qui perd du terrain. Les deux prétendants auraient proposé entre 150 et 200 millions d'euros, selon LSA, qui pense que Casino est le candidat naturel, mais qui n'écarte pas Carrefour, qui s'est certes séparé de Dia voilà trois ans via une scission, mais qui a dans l'intervalle changé de patron et de stratégie... Tous les détails sont disponibles sur LSA.


Source : http://goo.gl/t1sSv2

lundi 5 mai 2014

Carrefour : cherche à sortir du commerce de gros en Inde

Le géant de la distribution Carrefour a commencé à préparer la sortie de ses activités de grossiste en Inde, rapporte le Times of India dans un article publié samedi.

Le groupe français possède cinq établissement de commerce de gros en libre service en Inde et, depuis l'assouplissement de la réglementation en 2012, de nombreux observateurs s'attendaient à ce qu'il crée une chaîne de supermarchés.
Des cadres de haut niveau ont récemment quitté les opérations indiennes de Carrefour et certains de ses employés pourraient être congédiés dans les semaines à venir, ajoute le quotidien, qui cite des sources non identifiées.
Un article du Business Standard publié samedi, qui cite lui aussi des sources anonymes, rapporte également que Carrefour met en place un plan de sortie du pays depuis deux semaines et devrait réduire ses effectifs dans les prochaines semaines.
Un porte-parole de Carrefour à Paris a refusé de commenter ces informations.
Depuis l'ouverture du marché indien aux chaînes de supermarchés étrangères en 2012, seul le Britannique Tesco a annoncé un projet d'investissement dans le pays.
Les distributeurs jugent que la réglementation sur le commerce de détail, notamment l'obligation de s'approvisionner à 30% auprès de petites et moyennes entreprises locales et la possibilité pour chaque Etat indiens de mettre en place sa propre législation vis-à-vis des chaînes de distribution étrangères, reste difficile à respecter. (Himank Sharma and Dominique Vidalon, Juliette Rouillon pour le service français, édité par)
Valeurs citées dans l'article : CARREFOURTesco PLC

Source : http://goo.gl/emY3cy

lundi 28 avril 2014

Carrefour développe un modèle de drives satellites

Carrefour prend un nouveau virage en matière de drives. Il se constitue un réseau d'entrepôts solos qui ont vocation à servir des drives satellites adossés à des magasins.
De source syndicale, Carrefour a annoncé 27 nouveaux drives en 2014. 3 sont des entrepôts solos, 16 sont des satellites et 8 sont des drives adossés avec picking en magasin (le modèle dominant de l'enseigne).
Au 31 mars, selon un décompte interne, le parc de Carrefour se décompose en 117 drives adossés (non inclus ceux des supermarchés), 11 solos, 4 satellites et 2 mitoyens.
L'appellation de drive mitoyen, chez Carrefour, désigne un modèle dans lequel le drive fonctionne sans picking magasin, mais avec son propre entrepôt pris sur les réserves de l'hyper. Ce qui suppose de pouvoir libérer d'un coup 1000 à 2000 mètres carrés.
Le drive mitoyen a été installé à Chartres et à Vitrolles. Comme avec le picking, les salariés du drive sont ceux de l'hyper. Mais le modèle n'a pas été retenu par Carrefour et ne devrait donc pas être déployé.

Drives picking non rentables

Parmi les 16 nouveaux drives satellites annoncés en 2014, 5 ou 6 seront en réalité des conversions de drives picking non rentables.
Pour les hypers concernés (sans doute Nîmes Sud, Beaucaire, Perpignan Claira, Perpignan Roussillon, Villabé et Flins), le modèle économique n'est en effet plus le même. Plutôt qu'une équipe picking de 6 à 10 personnes, le magasin n'affecte plus au drive que deux personnes, chargées de réceptionner les commandes préparées dans l'entrepôt solo et de les remettre aux clients.
En contrepartie, le chiffre d'affaires reste affecté au drive solo et l'hyper ne perçoit plus qu'une commission sur les ventes.

La société Carrefour Drive

Les drives solos, eux, sont gérés par la société Carrefour Drive (qui n'offre pas à ses salariés les mêmes conditions que Carrefour Hypermarchés France).
A date, la société Carrefour Drive dispose de 11 établissements, dont un tout nouveau solo opérationnel à Biarritz depuis le 23 avril. Une ouverture à Amiens est attendue pour juillet 2014. Pour être complet sur le panorama des drives solos de Carrefour, il faut aussi y ajouter un entrepôt à Morzine ouvert par un franchisé Carrefour Market et le drive d'Ooshop à Villeneuve-la-Garenne.
Les drives solos de Carrefour sont installés sur des lieux de flux ou, de façon offensive, sur la zone primaire d'un concurrent. Certains sites ont donc désormais vocation, en sus, à préparer des commandes pour des drives satellites. Satellites qui peuvent être accolés à un hyper, mais aussi à un supermarché Carrefour Market : la logistique de Carrefour devient multiformat, les drives suivent le mouvement.

Source: http://goo.gl/6g3A06

lundi 14 avril 2014

Qwartz : un nouveau Carrefour rafraîchissant

Dans un centre commercial qui se veut "connecté", Carrefour ouvre ce 9 avril un nouvel hyper qui fait plaisir à voir. Clair, spacieux, marchand et bien animé, le Carrefour "Qwartz" de Villeneuve-la-Garenne (92) a notamment bien réinventé sa zone marché.
Première surprise : quand on visite les hypers inaugurés par Carrefour ces derniers mois, il n'y en a pas un pour ressembler à l'autre. Fini, le même "costume" porté partout, a fortiori autour de Paris où les clients peuvent fréquenter plusieurs Carrefour.
Villeneuve-la-Garenne ne fait pas exception à cette nouvelle règle. En bâtissant cet hyper de 11300 mètres carrés ex-nihilo, le distributeur a d'ailleurs pu monter son projet sans contrainte ou presque (hormis la construction sur deux niveaux). Il s'est donc fait plaisir, mais sans verser dans l'ostentatoire.

Les leçons de Planet

Tirant les leçons du concept Planet, Carrefour abandonne tout clinquant à Villeneuve-la-Garenne. Ici, la signalétique n'est pas tapageuse, les couleurs sont claires et le blanc domine. Le magasin se veut plus "féminin".
Sur le premier niveau, consacré à l'alimentaire, l'entrée principale débouche sur une zone marché inédite, truffée de nouveautés astucieuses. D'abord, hormis à la boucherie et à la marée, Carrefour généralise l'usage des meubles trad combinés, avec vente servie en haut (accès côté vendeur) et libre-service réfrigéré en bas (accès côté client).
Les premiers stands combinés étaient apparus à Auteuil. Carrefour en fait ici un usage plus systématique et a bien l'intention d'en installer d'autres à l'avenir. Les grandes caves de stockage vitrées, derrière les stands, sont elles aussi nouvelles et bien plus valorisantes que les précédentes (même si, c'est dommage, l'hyper y expose parfois des marchandises factices).
A côté du désormais incontournable bar à sushis, Carrefour inaugure un original bar à tapas avec restauration sur place. Un concept dont le distributeur a négocié l'exclusivité auprès de la société espagnole Campifood, sur le même modèle de concession que les bars à sushis.

Des services connectés

Carrefour teste aussi à Villeneuve-la-Garenne de nouveaux services "connectés". Grâce à des étiquettes électroniques NFC et plusieurs relais installés dans le magasin, les produits sont géolocalisés avec précision dansl'application pour smartphone Carrefour C-Où. Une connexion wi-fi gratuite (sans inscription préalable) et des chargeurs mobiles de smartphone sont mis à disposition des clients.
Plusieurs écrans tactiles invitent à laisser des commentaires ou des suggestions au magasin. Voire imprimer la liste des ingrédients à acheter pour réaliser une recette.
Un partenariat avec le site mydesign.com permet de commander, sur écran, des objets personnalisés (coque de téléphone, mug, T-shirt, etc.). Carrefour réédite aussi son "mur virtuel" de commande pour l'offre non-alimentaire qui n'est pas présente en magasin.

Carrefour connecté : C-ou ? l'appli mobile qui vous dirige dans votre hypermarché.

Rien d'exceptionnel pour l'application mobile (google play / Ios) crée par Carrefour pour l'ouverture de son Hyper-connecté de Villeneuve la Garenne. La seule vraie innovation à suivre est la géocalisation GPS qui vous permet d'être guidé au plus près des produits, pour retrouver au plus vite ceux constituant votre liste de course en magasin.
Une liste de course préparée à la maison par scannning de code barre produit ou moteur de recherche.
L'équipement de puces NFC du magasin vous permettant également de recevoir des Promo du jour en mode Push. Le parcours étant automatiquement optimisé pour aller au plus direct en fonction de mon choix. 
 (illustrations sur la page web)

jeudi 10 avril 2014

Amazon Dash, la nouvelle arme de Jeff Bezos dans la bataille des produits frais

amazon-dash
Le géant de l’e-commerce américain a dévoilé samedi un nouveau projet grand public, baptisé Amazon Dash, un terminal connecté en wi-fi qui permet de commander des produits du quotidien. Ce scanner fonctionne via l’application Amazon Fresh, uniquement disponible au Etats-Unis pour l’instant.
Muni de cette télécommande, l’utilisateur peut à la fois scanner très simplement les produits qu’il souhaite recevoir, ou indiquer à l’aide du micro intégré le nom de ceux qui lui manquent, comme l’indique cette démo : 
https://www.youtube.com/watch?v=JLOzF0Y4Mqw (la vidéo ne semble pas fonctionner c matin)

Ce nouveau device simplifie immanquablement la commande de produits frais. Mais on peut aussi penser que le grand public, qui dispose déjà de multiples appareils ( tablettes, smartphones, PC), n’est pas certain d’adopter un énième device, alors que les applications de commande web-to-store existent déjà. C’est le cas par exemple  d’Instacart à San Francisco, un application innovante de livraison de produits frais en moins d’une heure.
AmazonFreshLa firme de Jeff Bezos parie donc sur la livraison rapide de produits frais grand public, un marché que vise l’ e-retailer depuis un bon moment. La plateforme Amazon Fresh, qui livre des produits le jour-même pour un montant minimum de 35 dollars, a ouvert à San Francisco, à Seattle et à Los Angeles. Amazon Fresh entend concurrencer des géants du retail comme Walmart ou Tesco.
En France, c’est le service du drive qui permet de récupérer rapidement des produits frais. En 2013, on comptait ainsi 2 800 drives ouvert par les principales enseignes hypermarchés, Leclerc, Carrefour et Intermarché en tête.

Source: http://goo.gl/Vsjj2E

lundi 7 avril 2014

L’hypermarché, le drive et le temps

Ces dernières semaines, les grands de la distribution ont communiqué sur leurs résultats 2013. Un point commun se détache : ceux qui ont misé sur le drive (Leclerc et Carrefour, 350 unités chacun) s'en sortent mieux que ceux qui ne l'ont pas fait (Système U et Auchan). Casino a fait une bonne année en « investissant » sur les prix.
Le drive est une originalité française : le consommateur achète sur le site Internet du distributeur et retire son achat dans un espace consacré, le drive, accolé ou pas à l'hypermarché.
Le drive a un peu plus de dix ans et représente (il n'y a pas de chiffres officiels et la rentabilité est incertaine) entre 3 % et 5 % du chiffre d'affaires des enseignes. Sa croissance est extrêmement rapide.
Il est intéressant de s'interroger sur le succès du drive. Les prix y sont les mêmes que dans la grande surface, le choix est très large, il évite la tentation des achats impulsifs, l'achat y est plus rapide. D'ailleurs, les enseignes s'interrogent pour faire venir les clients dans les magasins en baisse de fréquentation et les confiseurs voient leurs ventes diminuer.
En période de crise, le drive est un argument économique pour le consommateur. Mais surtout, le drive fait économiser du temps. La preuve ? Ce sont les hard-discounts qui perdent des parts de marché et des points de vente ferment (151 ont fermé, selon Nielsen, entre août 2012 et 2013). Le hard-discount, qui était à 14 % de parts de marché en 2008, est à 11,8 % en février 2014 (Kantar).
Or, le hard-discount est moins cher que le drive. Il y a donc un constat simple qui était l'un des signaux faibles de la chute des hypers il y a plus de dix ans : une part de la clientèle des hard-discounts était attirée par le temps économisé : une minute de temps d'achat par produit en hard-discount contre 3 à 6 minutes en hypermarché, incluant le temps d'accès au parking. Faites le calcul : l'achat en hard-discount est d'environ 10 articles, pour 15 en hyper…
Cette clientèle économe de son temps, à la recherche de l'économiseur de temps, a basculé du hard-discount au drive, du choix trop réduit à un choix plus large, tout en étant économe du temps consacré aux achats de nature répétitive. Le temps est un critère d'achat ignoré par les études - ou si peu pris en compte.
L'éphémère ministère du Temps libre a été créé en 1981. Depuis, le Français court toujours après le temps, même en travaillant 35 heures depuis quinze ans environ. Le temps est devenu une valeur rare et donc chère, dont la prise en compte évite des erreurs. Signal faible ou signal fort ? Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine… pour démontrer l'inverse.

lundi 31 mars 2014

CARREFOUR : France : Le nombre de Drive dépasse celui des hypermarchés

Le nombre de Drive en France a franchi un cap, dépassant pour la première fois le nombre d'hypermarchés répartis sur le territoire, selon les chiffres publiés mardi par l'institut Nielsen.
Dopé par un rythme frénétique d'ouvertures au cours des deux dernières années, le nombre de Drive, ces points de retrait qui permettent aux clients de passer leurs commandes sur le site internet des distributeurs et d'en prendre livraison en magasin dans les 24 heures, a atteint 2.031 à la fin mars, contre 2.022 hypermarchés.
Le concept inventé par Auchan il y a dix ans avec un premier "Chronodrive" à Marcq-en-Baroeul (Nord) a connu un succès fulgurant et a profondément bouleversé le paysage de la distribution alimentaire.
Alors que sa rentabilité est loin d'être avérée, le Drive est devenu l'outil incontournable des distributeurs dans leur course à la part de marché.
Leclerc, de loin le plus agressif dans le développement de ce format, détenait quelque 462 Drive à la fin mars 2014, selon Nielsen TradeDimensions, devant Intermarché (379), Carrefour (353), Système U (293) et Casino (131).
Resté plus en retrait, le pionnier Auchan comptait quant à lui 93 Auchan Drive et 69 Chronodrive. Le distributeur nordiste a d'ailleurs expliqué en partie sa perte de parts de marché en France l'an dernier par de moindres ouvertures de Drive que ses concurrents. (Pascale Denis, édité par Dominique Rodriguez)

Source: Les Echos (http://goo.gl/mgeVp6)

mardi 25 mars 2014

Carrefour développe ses drives entrepôts

Au départ adepte du store picking pour ouvrir ses drives, Carrefour accélère aujourd'hui sur le modèle de l'entrepôt dédié. Le parc a doublé, passant de 10 à 21 sites, en moins de six mois.
Quelques-uns sont "solos" (Rennes, Béthune, Morzine). La plupart sont accolés ou associés à un hyper.
Ces drives entrepôts nécessitent davantage d'investissement mais sont bien plus productifs au quotidien.
Le modèle de l'entrepôt est déjà celui retenu par Auchan et Leclerc, les deux groupes qui dominent largement le créneau du drive.
Parti avec retard, Carrefour avait au départ opté pour le store picking afin de multiplier rapidement les ouvertures.
En 2011, Carrefour a testé son premier drive entrepôt à Tours (37). En octobre 2013, le parc comptait 10 drives entrepôts.
A fin mars 2014, selon les informations de Linéaires, Carrefour aligne 21 drives entrepôts. Deux ouvertures supplémentaires sont attendues dans les prochains jours : à Biarritz (64) et Port-de-Bouc (13).

lundi 17 mars 2014

Visite guidée du nouveau Carrefour Auteuil à Paris

Après plusieurs semaines de travaux, l’hypermarché Carrefour de la porte d’Auteuil à Paris a réouvert ses portes début mars. Le point de vente a été totalement repensé dans un esprit très parisien pour développer le confort d’achat des clients, tout en apportant la même attention au prix. 

Il ne s’agit véritablement pas d’un nouveau concept. Mais après sa dernière rénovation en 2009, cet hypermarché de proximité (65 à 70 euros de panier moyen) vient d’achever une nouvelle transformation. « Il s’agit d’une rénovation et d’une adaptation aux enjeux locaux et non pas d'un nouveau concept», dit-on chez Carrefour. «Avec mes équipes, nous avons profité d’une grande autonomie laissée par pour le Groupe pour repenser ce magasin de 5300 m² », explique Soëd Toumi, directrice de Carrefour Auteuil. Pas moins de 1700 clients ont ainsi été écoutés lors de tables rondes afin de mieux comprendre leurs attentes. « Et chaque jour, je reçois 40 à 50 courriers et réclamations de clients. Ils ont besoin de donner leur avis. Je passe donc 2 heures quotidiennement à répondre personnellement aux courriers de nos clients», assure Soëd Toumi, qui, en place depuis maintenant un an, déclare pouvoir appeler par leur nom au moins 400 des clients de son magasin.

LE TRAVAIL DU PHOTOGRAPHE MANOLO MYNOLAS
La nouvelle façade du magasin, la décoration et la signalétique du nouveau Carrefour Auteuil ont été mises à l’heure parisienne grâce au travail artistique du photographe Manolo Mynolas et des équipes Carrefour. Ainsi, la « flânerie parisienne » emmène les clients au cœur de Paris grâce à des photos d’art implantés sur les murs de la galerie commerçante. A noter un accès facilité (rampe et ascenseur) pour les handicapés.
Chaque allée du magasin a été rebaptisée en nom de rue inscrite sur une plaque typiquement parisienne. Les produits franciliens sont également à l’honneur avec plus d’une quarantaine de producteurs référencés. Le parcours client a été revu et les allées élargies afin de faciliter la circulation dans le magasin, faire gagner du temps aux clients et améliorer leur confort d’achat.

NOUVEAUX SERVICES ET DES ESPACES NON ALIMENTAIRES
Le nouvel espace marché accueille de nouveaux services, dans une ambiance conviviale et chaleureuse : vente de tapas, pâtes fraîches et foccacia fabriquées sur place, large choix de sushis, offre de fruits secs et exotiques en vente assistée... toutes ces nouveautés viennent compléter les services traditionnels comme la boucherie 100% Bio, l’espace poissonnerie avec son écailler, la boulangerie pâtisserie et le traiteur. De nouveaux espaces non alimentaires font leur apparition : letextile, avec une large offre pour petits et grands, avec des partenariats exclusifs avec de grandes marques comme Petit Bateau, Armor Lux, Eden Rock et VDS. Le magasin s’enrichit également d’une offre maison, papeterie, et d’un rayon de petit électroménager, de produits high-tech avec notamment des tablettes et de la téléphonie. Il apparaît ici clairement que l'ancienne formule de ce magasin avait été trop loin dans la suppression de quelques rayons non-alimentaire. "Nos clients nous attendent notamment sur le textile", explique la directrice.

FILE UNIQUE POUR LES CAISSES PANIERS
De nouveaux services viennent compléter l’offre du magasin, comme un corner MyDesign permettant la personnalisation des coques de smartphone et autres objets de décoration, ainsi qu’une borne de recharge pour voiture électrique au niveau du parking. Afin de faciliter le passage en caisses, un système de file unique pour les caisses paniers a été développé et vient compléter les caisses traditionnelles et les caisses scan’lib. Ce magasin compte au total 31 caisses pour un débit annuel de 1,7 million de tickets.

PLUS CHALEUREUX
A l'arrivée, ce magasin, qui n'est pas un nouveau concept, paraît nettement plus clair que l’ancien, plus convivial et, surtout, plus commerçant. Ici, le Groupe Carrefour a, semble-t-il, abandonné les grandes idées marketing venues du siège social pour laisser les équipes mener des projets en phase avec leurs clients, avec leur zone de chalandise. Finalement, ce magasin regorge de bonnes idées, simples et efficaces. Mais surtout, il confirme l’impression que Carrefour a redonné de l’autonomie à ses équipes et à ses magasins. Résultat,  si l’on peut toujours dire qu’à Auteuil, Carrefour n’a rien inventé (ce qui est vrai), on peut aussi constater que cet hyper est dorénavant plus chaud et chaleureux. Et surtout que les équipes sont remontées à bloc (ce qui n’était pas le cas il y a quelque temps). 

Source: http://goo.gl/uJ6bMH

jeudi 13 mars 2014

“Carrefour optimise l’expérience du shopper”

Convivialité et efficacité, telles sont les armes grâce auxquelles les nouveaux concepts express et market entendent faire la différence. Les premiers résultats sont encourageants. Les franchisés indépendants apportent une contribution essentielle à la nouvelle stratégie. Quel est l’objectif final du distributeur? À la demande de StoreCheck Magazine, Luc Demez fait le point. Notre interlocuteur déborde d’enthousiasme et d’idées. L’homme, qui n’a pas l’air du genre à tenir en place, nous confirme que le magasin est son biotope favori.
Un nouvel élan
Les magasins market ont vécu des années mouvementées. Il y a d’abord eu la transition de GB à market, et plus récemment, la conversion des magasins Champion. “Il n’y a pas que l’enseigne qui a changé. C’est tout le concept qui a été revu, avec l’avènement d’un authentique marché du frais et une image plus moderne. Ces mesures étaient nécessaires, et les résultats le prouvent. Les supermarchés connaissent un nouvel élan et le chiffre d’affaires évolue positivement. Le fait que cette opération de renouvellement soit allée de pair avec la modernisation des hypermarchés a redoré le blason de Carrefour dans notre pays”, estime Luc Demez.
Seuls une dizaine de magasins doivent encore opérer la transition vers la bannière market, la plupart car ils sont en attente d’être relocalisés ou agrandis. “La quasi-totalité des 318 magasins franchisés, de nos 39 filiales et des 83 magasins Mestdagh ont donc déjà adopté le nouveau concept de magasin. Pour certains magasins, cette transformation remonte déjà à il y a cinq ans. Il n’est donc pas question de nous reposer sur nos lauriers. Le monde change, de nouveaux concurrents débarquent sur le marché, le commerce électronique a le vent en poupe… Tout cela nous a amenés à réfléchir à l’avenir de la formule market.”
C’est à la suite de cette réflexion que s’est ouvert le magasin pilote de Wetteren en novembre 2013. “Il ne faut pas s’attendre à une révolution puisque celle-ci a déjà eu lieu. Notre intention est plutôt de renforcer et de peaufiner le concept market, en nous appuyant sur ses nombreux atouts. Cela passera par l’introduction de nouveaux concepts, mais aussi de nouveaux assortiments, tels que les produits locaux ou les spécialités françaises sous la marque Reflets de France.”
Des idées à la pelle
Le nouveau concept market dégage une ambiance plus sereine, à laquelle contribue une palette de couleurs plus douce. L’éclairage LED est une nouveauté. “À Wetteren, nous avons été jusqu’à remplacer le revêtement de sol. Pour procéder à cette nécessaire intervention, nous avons dû fermer le magasin pendant deux semaines. Nous ne ferons pas ça partout…”
Carrefour imagine de nouveaux modes de présentation, au rayon fromages notamment. “Nous nous efforçons de recréer l’image du spécialiste, loin de la grosse machine industrielle. C’est le même principe à la boulangerie. Nous offrons davantage de confort et accordons plus de place et d’attention au frais. Nous y parvenons grâce à l’exploitation judicieuse des mètres carrés disponibles aux rayons alimentation, boissons et droguerie/cosmétique. Nous débordons vraiment d’idées. Le service SmartScan est quand même très innovant. Nous avons également conçu un meuble jouant sur l’engouement actuel pour les cocktails. Et le beau dans tout ça, c’est que nous pouvons utiliser les données client de Carrefour pour affiner l’offre par magasin. Dans l’un, nous mettons davantage l’accent sur le bio, dans l’autre, sur les produits locaux, ou sur l’assortiment ethnique. Cette stratégie personnalisée nous permet d’optimiser les performances de chaque point de vente.”
Un pur moment de plaisir
Les premiers résultats sont très encourageants, indique Luc Demez. “Les rayons frais enregistrent la plus forte progression: la poissonnerie, la boulangerie, les fruits et légumes… Mais on ne peut pas encore parler de perfection. 2014 verra la transformation d’une dizaine de supermarchés. Il est logique que nous commencions par nos propres filiales. Nous devons prouver que le concept marche. Nous espérons en valider les grands axes à la fin du premier semestre, avant de le présenter à nos franchisés comme le modèle du futur.”
“Je suis convaincu qu’il faut transformer les courses en pur moment de plaisir. Elles doivent être vécues comme une expérience positive et non comme une corvée. Nous concentrons nos efforts sur les rayons frais, par le biais de démonstrations, de dégustations et de conseils professionnels. C’est finalement le rôle du magasin. Tout ne doit pas tourner autour des prix bas. La qualité, un assortiment adapté, l’efficacité et la confiance sont tout aussi importants. Sans oublier la relation avec les clients et l’amabilité du personnel.”
Drives: différents scénarios possibles
Abordons pour terminer le potentiel de l’e-commerce pour les magasins franchisés. “Il est encore trop tôt pour l’envisager”, répond Luc Demez. “Nous testons d’abord le concept drive dans nos magasins intégrés. Il va de soi que le commerce électronique représente un défi. Mais il ne doit en aucun cas peser sur le service en magasin. Nous examinons différents scénarios. Certains commerçants proposent déjà la livraison à domicile à leurs clients. Nous pourrions aussi construire des drives indépendants pour desservir les magasins alentour. Tout reste possible. Rien ne dit que le drive connaîtra le même succès qu’en France. Quoi qu’il en soit, notre cœur de métier consistera toujours à offrir une expérience d’achat aussi agréable que possible dans nos magasins. Tant que nous y parvenons, les clients continueront de venir. Si, par contre, nous ne leur donnons pas suffisamment de bonnes raisons de franchir notre seuil, ils auront vite fait de dire ‘Mettez tout dans le coffre!’. Nous devons donc constamment améliorer l’expérience offerte au shopper dans nos magasins.” (svr)
Lisez l’interview intégral dans StoreCheck Magazine mars 2014.

lundi 10 mars 2014

Ce que Carrefour veut faire de ses 129 magasins Coop

Carrefour a commencé à rencontrer les responsables des magasins Coop que le groupe de distribution a acheté. Objectif : transformer ces enseignes en Carrefour City ou Market, voire même Shopi, et transformer des salariés en gérants, propriétaires de leurs fonds de commerce. Problème : beaucoup ont dépassé la cinquantaine et vont devoir tout apprendre de la gestion d’une entreprise.

Depuis quelques semaines, dans une salle du centre de formation de la CCI avenue de Colmar à Strasbourg, des recruteurs de gérants de Carrefour Proximitérencontrent les actuels responsables des magasins de Coop Alsace. Objectif : faire connaissance et présenter aux salariés de Coop Alsace leur nouvel employeur. C’est le choc des cultures. D’une entreprise paternaliste, volontiers sociale et proche, les responsables de magasins et les autres salariés de Coop Alsace vont rejoindre un groupe de distribution basé à Lunéville, au management acéré et aux process affûtés.

Machine de guerre en marche

C’est peu dire qu’ils sont inquiets, les gérants des magasins Coop. Mais ont-ils vraiment le choix ? Ils n’ont pas été les derniers à souffrir de l’immobilisme du groupe de distribution alsacien et ont été en première ligne pour constater l’érosion de la clientèle. Du coup, leurs sentiments sont partagés face à la reprise de leur magasin par Carrefour et leurs visages passent par toutes les couleurs au fur et à mesure des diapositives affichées par les recruteurs de Carrefour proximité.
Carrefour affiche 225 enseignes de proximité dans l’est de la France. Le groupe en achète 129 nouvelles à Coop Alsace, soit une extension de leur parc régional de 57% ! Outre le rachat des murs et des fonds de commerce des magasins pour un montant non dévoilé, et 17 M€ d’investissement en modernisation, Carrefour a mis en place une machine de guerre pour digérer cette absorption stratégique.

Carrefour Proximité, le paradis de la distribution

Les recruteurs de Carrefour proximité commencent d’abord par présenter leur réseau aux responsables Coop. Dans leur monde, ils vivent au paradis de la distribution. Dans de beaux magasins, où le chiffre progresse, où leur patron Gérard Dorey est une inspiration pour tous, venu de la base et jouant volontiers le client mystère dans les magasins sous sa responsabilité, partageant les informations, etc. :
« Gérard Dorey ne nous laisse pas nous endormir ! Il y a sans cesse une communication dans les deux sens entre la direction et les magasins. On déploie en ce moment la deuxième version des Carrefour Contact, où un des changements est le déplacement de la panière, d’en bas vers le haut du présentoir, à la suite des remarques des magasins. On s’adapte en permanence pour être plus performant. »
Le réseau de Carrefour Proximité est composé de plusieurs types de magasins, « Contact » en zone rurale, « City » en zone urbaine et « Express » pour les plus petits. A ceux-là s’ajoutent des « 8 à Huit », des Proxi ou des Shopi…
Carrefour prévoit d’intégrer dès le printemps 48 magasins Coop dans ce réseau, avec un léger co-branding. Le logo vert et blanc Coop sera apposé dans le coin droit de l’enseigne murale de 7 Carrefour Contact, 8 Carrefour City, 22 Carrefour Express et 12 « 8 à Huit ». 81 magasins resteront entièrement sous la marque Coop pour être intégrés dans la ligne Carrefour plus tard.
Les représentants du groupe de distribution mettent en avant la réussite des formules Carrefour : +40% de chiffre d’affaires à Forschwihr, grâce notamment à une fermeture retardée d’une heure (20h), +50% à Neuf-Brisach…

« Et maintenant, à vous d’acheter votre magasin »

Durant le discours des recruteurs de Carrefour, les gérants de magasins Coop apprécient l’idée de rejoindre une entreprise qui dispose d’un moteur en état de fonctionner et d’un réseau cohérent. Ils n’en sont plus à un changement de concept près, ils avaient déjà dû intégrer les produits Casino en quelques semaines et vu leur chiffre d’affaires baisser pour nombre d’entre eux. Alors Carrefour, pourquoi pas ?
Certains haussent les sourcils en découvrant les amplitudes horaires, de 7h à 22h pour un « City » par exemple voir en 24/7 dans la région parisienne. Mais leur enthousiasme est douché lorsqu’est abordée la question du statut des responsables de magasins chez Carrefour :
« Chez nous, pas de posture du directeur-salarié. Les gérants ont vocation en trois ans, quatre maximum, à devenir propriétaires de leur fonds de commerce. Le capital de l’entreprise du magasin doit être détenu à 100% par le franchisé. On accompagne l’évolution vers ce statut par une location-gérance. Carrefour Proximité, ce sont de belles histoires. Quand on est jeune et qu’on veut avoir sa boite, on peut le faire ! »
« Oui mais chez nous, on a plus de 50 ans », rétorquent les salariés de Coop, pour qui l’idée de s’endetter sur 5 à 7 ans pour racheter leur fonds de commerce parait surréaliste. Les questions fusent : « Et si on ne peut pas ? Et si on ne veut pas ? Et si on n’en a pas les moyens ? » Les recruteurs restent inflexibles : « Si un responsable de magasin ne peut pas racheter son fonds de commerce, on lui proposera un autre magasin… » Tous les responsables de magasins subissent un entretien individuel avec les recruteurs de Carrefour afin d’élaborer leur « projet professionnel ». Actuellement, Coop Alsace a 60 gérants-mandataires, salariés mais intéressés au chiffre d’affaire et 84 chefs de magasins, complètement salariés.

Gérants endettés, Carrefour remboursé

Au final, Carrefour aura récupéré en quatre ans la majeure partie de son prix d’achat, grâce aux futurs gérants qui eux seront endettés. Pour les 52 magasins où les murs ont été acquis par Carrefour, les actifs seront transférés à la filiale foncière, Soval. Directeur d’un magasin Coop du nord de l’Alsace, Roger (le prénom a été changé) fait ses comptes :
« Si j’en crois leurs explications, mon magasin passerait en “Contact”. Mais je fais un million d’euros de chiffre d’affaires pour environ 500 m², soit environ 2 000€ du m². Je suis loin de leurs standards ! Bon, moi je me vois bien reprendre mon magasin et je préfère ça d’ailleurs. A la Coop, le directeur est constamment entre le marteau et l’enclume. On n’a aucun soutien d’en haut lorsqu’on a des problèmes avec des salariés complètement démotivés… Ma principale difficulté dans le système Carrefour sera d’ailleurs d’être le patron direct des employés que je gère actuellement. Je ne sais pas s’ils vont comprendre ce que ça va impliquer… »

« Un plan social déguisé »

La Coop a toujours eu une politique de ressources humaines souple, l’entreprise a accueilli nombre d’employés sans aucune formation, honorant les valeurs du mouvement coopératif et de l’économie sociale et solidaire. L’ennui, c’est que la Coop ne s’est pas préoccupée de ces salariés, les laissant sans formation ni progression. Du coup, nombre d’entre eux arrivent aujourd’hui autour de la cinquantaine et vont devoir passer de la Coop à Carrefour en quelques mois !
Pour Toni Milano, délégué Force Ouvrière de la Coop, le changement sera trop brutal :
« Le rachat des magasins par Carrefour cache un plan social. Nombre de gérants ne pourront pas reprendre leur magasin, soit parce qu’ils sont trop âgés, soit parce qu’ils n’ont aucune envie d’être chef d’entreprise et du coup, ils seront sortis des effectifs. Quant aux autres salariés, il se passera la même chose que lorsque les supermarchés de Saint-Louis et de Sélestat ont été transférés à Leclerc : plus de la moitié ont été poussés à quitter l’entreprise en moins d’un an. »
La cession formelle des magasins Coop à Carrefour doit intervenir le 6 mars, avec une signature du Comité interministériel du redressement industriel (Ciri).