mercredi 5 février 2014

Les multiples visages de l’agroalimentaire : de quoi demain sera fait ?

Nous avons beaucoup parlé du futur de l’agroalimentaire dans ce blog notamment avec les prédictions du Think Thank Food Manufuture, mais également à travers des réflexions sur l’intégration de nouvelles technologies disruptives comme l’imprimante 3D. Toutefois, d’autres modèles existent et mettent en jeu d’autres leviers que le pur aspect technologique. De ce fait, nous avons décidé de vous présenter une organisation des différents modèles possibles pour l’agroalimentaire, ainsi qu’une courte introduction à chacun d’eux que nous étayerons par la suite dans d’autres articles pour saisir au mieux un instant du potentiel futur qui risque de se présenter à nous.
« Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu’elles ne deviennent évidentes. » Théodore Levitt
Le classement de ces modèles n’est pas une tâche aisée car chacun d’eux impacte un niveau particulier des acteurs de l’agroalimentaire. Certains mettent au cœur de leurs prédictions les entreprises et leurs interactions, d’autres mettent le consommateur et son pouvoir de négociation et au final, certains prennent en compte un interventionnisme étatique frôlant dangereusement avec celui d’une dictature. Evidemment, le futur de l’agroalimentaire ne sera pas équivalent à l’une des situations que nous allons décrire, mais il faut comprendre que chaque modèle véhicule une influence qui le façonnera. La question cruciale est de savoir le poids de cette influence. Enfin, une seconde remarque tourne autour de l’existence potentielle d’autres modèles de prédiction pertinents, nous n’oserons donc proclamer détenir toutes les cartes possibles en main. Ces modèles ont pour objectif d’apporter des éléments constructifs et de nourrir une réflexion créative sur ce que sera l’agroalimentaire de demain. Rien ne vous empêche par la suite de formuler votre propre prédiction !
Le choix des descripteurs pour chaque axe ne fut pas une tâche aisée sans toutefois nous autoriser à omettre une justification. Egalement, le positionnement des modèles est purement qualitatif.
schéma organisationnel des modèles de prédictions
Le couple disruptif/conventionnel renvoie au potentiel du modèle à induire un système complètement nouveau ou au contraire similaire, au système agroalimentaire que nous connaissons aujourd’hui, aussi bien pour le consommateur, avec ses habitudes et ses modes de consommation, que pour les entreprises avec leurs interactions, ou même l’Etat à travers une politique interventionniste. Nous rappelons que les modèles diffèrent et conviennent chacun à un acteur spécifique du monde agroalimentaire.
Le couple libéral/contraignant est plus subtil (entendez moins évident) à expliquer. Par libéral, nous entendons qu’aucune pression n’a été volontairement émise, et que le modèle découle d’un choix délibéré de tousd’aller dans ce sens. Par contraignant, l’idée qui s’impose est qu’un groupe ou un facteur impose à tous des restrictions expliquant les caractéristiques du système. Pour faire simple, là où certains modèles ont évolué de façon totalement libre, d’autres ont été mis sous contraintes.
Introduisons maintenant chaque modèle

Le Modèle Déconstruit 

Préalablement expliqué dans un autre article de ce blog , le modèle déconstruit implique l’idée que les habitudes, traditions et valeurs autour du repas tel que nous l’entendons traditionnellement, mais également des modes de consommation, sont à présent obsolètes. L’agroalimentaire et l’alimentation ne sont plus seulement une finalité (celle de se nourrir) mais deviennent un moyen. Ce moyen peut être multiple : moyen d’exprimer sa créativité, moyen de socialisation, moyen de démontrer une appartenance à un groupe ou support à n’importe quel autre phénomène culturel humain. L’alimentation n’est plus matérielle (elle l’est évidemment au sens propre), mais s’immatérialise pour devenir une expérience culturelle plus qu’une question de survie. En poussant le concept à l’extrême, la séparation de l’alimentation en deux mondes est alors inéluctable et peut toucher toutes les sphères la désignant. Le verbe Mangerévoluera vers des termes distincts, l’un renvoyant à la notion de manger-survie, purement organique, un autre à la notion de manger-partager comme expérience de socialisation…
Ce modèle très disruptif (voir confus) implique un renversement total du monde de l’agroalimentaire, un changement profond de ces valeurs. Impossible à priori.N’est-ce pas?
Prenons une situation similaire comme le domaine de la communication avant la venue d’internet. La création et la propagation du Web à grande échelle ont profondément bouleversé nos habitudes de communications, de paroles, d’échanges et de rencontres. Un nouveau vocabulaire s’est créé comme le Discuter-Internet (chatté) ou liké qui renvoie à l’idée de montrer son appréciation pour quelque chose. Sans parler des Followers, Bloggers, Hackers et de tous les nouveaux termes inventés pour désigner ce monde informatique.Alors pourquoi pas la même révolution en agroalimentaire, avec une flopée de termes lui correspondant ? Les imprimantes 3D ont le même potentiel disruptif qu’internet en impliquant une dématérialisation de l’agroalimentaire, tout comme le net a impliqué une dématérialisation de nos modes de communication.

Votre restaurant préféré sous clé USB
Un restaurant de sushi dans une clé USB ? Pourquoi pas : une recette sous forme de fichier informatique, un logiciel de traitement, une imprimante 3D et les bons ingrédients et c’est parti !

Le Modèle « Ingredience Based Food  

Développé par le groupe de réflexion Food Manufuture , ce modèle est expliqué en détail dans un de nos articles antérieurs . Toutefois, pour le résumer, ce modèle imagine le monde agroalimentaire organisé autour de l’ingrédient.Chaque matière première sera produite dans son environnement optimal de production, puis transformé en ingrédients fonctionnels facilement transportables et distribuables. Ces ingrédients peuvent par la suite être combinés pour aboutir à un produit agroalimentaire fini, aussi bien par des entreprises, des distributeurs que des consommateurs. La liberté d’association des ingrédients est totale. Ce modèle est similaire au modèle déconstruit car tout comme lui, il implique une vision totalement renversée de l’agroalimentaire (artificiel voire immatériel). A nouveau, il est question d’imprimante 3D dans ce modèle mais aussi d’autres technologies permettant de réaliser des mix d’ingrédients à tout moment via des recettes personnalisables, échangeables et téléchargeables. Beaucoup de disruption dans ce modèle où l’ingrédient et sa potentialité à travers l’association s’y inscrivent au cœur.
Un monde d'ingrédients
Des ingrédients, des émulsifiants et des texturants, et le tour est joué

Le Modèle « Desintegrated Supply Chain  

Ce modèle correspond au plus près à ce que nous connaissons actuellement. La mondialisation a détruit les barrières nationales et projeté la concurrence au niveau international. La crise économique force les entreprises à élargir leurs chaînes d’approvisionnements, n’hésitant plus à les faire passer par l’autre bout du monde avec le développement des transports et de la logistique. De ce fait, le nombre d’intermédiaires augmente, la transparence diminue et connaître la véritable provenance d’un produit agroalimentaire fini est digne d’un casse-tête chinois.
Ce modèle imagine un monde agroalimentaire où les matières premières, produits intermédiaires, produits finis, connaissances et équipements sont des biens échangeables mondialement. La chaîne d’approvisionnement est la somme de plusieurs acteurs qui interagissent ponctuellement et non durablement dans un but personnel et précis. Le choix des acteurs interagissant se fait sur des critères logiques comme le coût ou l’efficience. Ce modèle implique une instabilité totale, le fournisseur d’aujourd’hui n’étant pas celui de demain, et empêche les entreprises d’émettre une stratégie sur le long terme.Néanmoins, ce modèle est celui qui correspond le plus à notre époque actuelle où les chaînes d’approvisionnement sont étirées vers les pays émergents pour des raisons de coût et de compétitivité, avec une augmentation du nombre d’intermédiaires mais aussi de l’opacité à travers toute la chaîne. Pour plus d’information, n’hésitez pas à lire notre article précédent sur ce modèle .

Le Modèle « Integrated Supply Chain  

Ce modèle est similaire au précédent à l’exception d’une chose : l’interaction entre les acteurs d’une chaîne d’approvisionnement est durable et non ponctuel. La coopération est totale à travers l’échange d’information et l’optimisation de toute la supply chain, créant ainsi une interdépendance entre chaque acteur et un véritable coût d’échange pour remplacer un maillon. Ce modèle apparaît comme étant le plus bénéfique : des chaînes d’approvisionnement parfaitement gérées, optimisées, mettant la sécurité sanitaire, la qualité et la transparence au cœur de leurs préoccupations.Toutefois, ce modèle implique une destruction partielle ou totale de la concurrence. Comment concurrencer une chaîne d’acteurs ultra-efficaces qui ne désirent en aucun cas remplacer un de leurs maillons ? La création de monopôle découle directement de cette situation avec toutes les conséquences négatives, notamment pour le consommateur final, que cela entraîne. Pour plus d’information sur ce modèle, lisez notre article sur les différents scénarios imaginés par Food Manufuture .

Le Modèle Autoritaire 

A ce stade, nous arrivons au modèle contraignant modelé par l’application d’une pression émise par un acteur de l’agroalimentaire.
Le modèle autoritaire suppose une intervention très forte de l’Etat qui façonne de ce fait le système agroalimentaire. L’objectif de l’Etat étant ici de sauvegarder la santé publique et de prévenir toutes les maladies liées au surpoids, fléau prépondérant dans nos sociétés industrialisées. Plusieurs mesures sont alors prises : sur-taxation des produits gras et salés, dénomination desdits produits sous un label « néfaste pour la santé », création d’une taxe Lipide ou d’une taxe Glucide, détaxation des produits sains, des fruits et des légumes, campagne massive de communication, dénonciation des personnes en surpoids, taxe sur les kilos en trop…
La dictature du Gras...
Autoritarisme ou urgence de santé publique ? Doit-on laisser les personnes choisir ce qu’ils mangent ? Doit-on orienter lourdement leurs choix ? La question-clé est de savoir si la nourriture dans sa surconsommation n’est rien d’autre qu’une drogue ou non…
Mille mesures sont imaginables dans ce modèle où l’interventionnisme de l’Etat s’exacerbe pour devenir totalitaire, où manger un fromage sera l’équivalent d’un acte irresponsable et non citoyen pour la collectivité. A quand un label Manger Tue ?
Irréaliste ce modèle ? Pas vraiment. Des preuves et autres signaux faibles attestent de l’influence de ce modèle. Il suffit de traverser l’Atlantique pour illustrer ce modèle  . A New-York, l’ancien maire de New York Michael Bloomberg a fait un véritable scandale en essayant d’interdire la vente de sodas hors GMS (soit dans les cinémas, fast-food ou autres supérettes) sous ses formats les plus excessifs (au-dessus d’un demi-litre). Il faut dire que le 7/9 new-yorkais n’hésite pas à vendre des sodas à emporter de 1,9L (le Double Gulp).Reconnu comme étant interventionniste en matière de santé publique, Michael Bloomberg (dont nous n’excluons pas le fait qu’il ait raison) est une personnalité qui caractérise (timidement) cette ingérence de l’Etat dans le secteur agroalimentaire.
De la prédiction à la réalité
Campagne de communication contre la consommation excessive de soda aux Etats-Unis
Qui plus est, un autre argument en France est constitué par les nombreuses études qui démontrent le coût indirect pour le gouvernement de la malbouffe et des traitements associés à ces symptômes. Un interventionnisme en faveur des produits sains mettant de côté les produits nocifs pour la santé modifierait le secteur agroalimentaire. L’Etat l’a bien réalisé pour le tabac alors pourquoi pas pour le sucre ? Même si une telle affirmation apparaît simpliste, rappelons que le tabac était une industrie intouchable il y a quelques années et qui continue à posséder un fort pouvoir d’influence.
Quand les cigarettes ne gênaient personne...et surtout pas l'Etat !

Le Modèle Suédois 

Le modèle suédois se rapproche du modèle autoritaire dans le sens où la pression exercée prend son origine dans le respect de l’environnement pour un développement durable et qu’elle est volontairement exercée par les consommateurs. En clair, les consommateurs choisissent des produits « verts », insistent pour plus de transparence de l’impact environnemental, pour la mise en place d’une taxe écologique, et privilégient les initiatives écologiques comme les circuits courts, les produits vendus à l’unité ou tout autre mesures similaires.
Le modèle agit en deux étapes. Une première étape consiste à la montée en puissance d’une consommation « verte » (comme nous l’avons décrit ci-dessus) et une seconde étape implique la modification du régime alimentaire des consommateurs. Moins de viande, de laitages ou de produits à fort impact environnemental et plus de produits locaux et « durables ». On observe en parallèle à un retour aux terres via les circuits-courts, les chaînes d’approvisionnement ne sont plus éclatées à travers le monde mais nationales et fermées. La production et la distribution sont totalement reconverties dans cet ultimatum lancé par les consommateurs, favorisant les innovations respectueuses de l’environnement et citoyennes. On peut même parler d’un phénomène de dé-mondialisation, comme si, à force de s’étirer dans le monde entier, le secteur agroalimentaire s’épuise, ses consommateurs s’éreintent à force de scandales et qu’un besoin de proximité se crée. Durable, citoyen et proximité sont alors les trois mots-clés d’une réussite agroalimentaire.
Ce modèle est tout à fait pertinent au regard des tendances plus que présentes des produits dit citoyens, des produits locaux et des produits respectant le développement durable. Des initiatives respectant les trois mots-clés cités ci-dessus éclosent dans toute la France, avec notamment La Ruche qui dit Oui comme exemple-type. Deux tendances également mis en exergue par XTC World Innovation  soulignent l’influence de ce modèle sur la construction du secteur agroalimentaire de demain : Food with a Conscience et Human & Local. 
Marque locale, citoyenne et écologique et surtout typique du modèle suédois
« J’aime le lait d’ici » est une initiative appartenance à cette mouvance respectant localité, citoyenneté et développement durable
Enfin, dernier signal démontrant l’influence de ce modèle et émis par la grande distribution elle-même, le caractère de plus en plus volage du shopper (voir notre article sur le sujet). Celui-ci ne fréquente plus un ou deux circuits de distribution (habituellement l’hypermarché et le supermarché) mais une multitude, à une fréquence plus faible. En clair, il préfète acheter sa viande à la boucherie, son pain chez le boulanger, son vin chez Nicolas, ses courses du Dimanche à la supérette d’à-côté, son foie gras sur internet et le reste dans son supermarché, et non pas en une fois mais en plusieurs. Au-delà du statut du consommateur-zappeur mille fois dénoncé, le consommateur recherche du sens à travers son acte d’achat, qui n’est plus « gratuit » avec l’aggravation de la crise économique mais porteur d’une mission individuelle qui définit le consommateur. Puis-je donner du sens à travers mon acte d’achat ? De plus en plus le pensent, et sont prêts à mettre plus pour du local, du citoyen et du durable favorisant ainsi l’influence de ce modèle suédois.

Le Modèle du Microsystème Global 

Dernier modèle proposé par le Think Thank Food Manufuture, le modèle du microsystème global s’inspire en partie du modèle suédois présenté ci-dessus.Ce modèle fragmente le secteur agroalimentaire en microsystèmes. Quelles sont ces caractéristiques ? Un microsystème est une coopération entre plusieurs acteurs dans une région géographique restreinte tournée vers la production spécialisée d’un ou de plusieurs biens en circuit fermé. Tout est géré localement, de la gestion des déchets à l’approvisionnement d’énergie impliquant un impact environnemental très faible. Des innovations dans le domaine des circuits-courts, de l’énergie verte et même de l’agriculture urbaine sont nécessaires pour voir un jour émerger ce modèle. Si la production et la gestion sont locales, la commercialisation des produits est mondiale. Chaque microsystème fournit aux autres microsystèmes son produit de spécialité selon les besoins. Les spécificités de ce modèle sont décrites plus en détail dans l’article qui lui est consacré.
En conclusion de cet article d’introduction des différents modèles, dont la majorité a déjà été traitée dans des articles antérieurs, nous vous invitons à découvrir nos prochains articles sur les modèles autoritaire et suédois, que nous traiterons plus en détail avec des exemples actuels. Rappelons que chaque exemple actuel démontre de l’influence grandissante d’un modèle sur ce que sera l’agroalimentaire de demain. De nombreuses start-ups porteuses de projets fous apparaissent déjà plus saines d’esprit sous le prisme de ces différents modèles.
Merci pour votre lecture, continuez à nous suivre et à nous soutenir !
Cordialement
L’équipe Déméter et Kotler

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Tagué agroalimentaire comportement du consommateur développement durable innovation tendance XTC

Circuit de distribution, grande distribution et consommateur : habitudes, profils et évolution 

Un petit article aujourd’hui pour aider tous ceux qui désirent mieux comprendre les enjeux autour de la distribution, avec une emphase sur la grande distribution, mais également les autres circuits qui diversifient chaque année l’offre offerte à nous, consommateurs. D’ailleurs qui sommes-nous ? Et si nous-sommes, combien ? Mieux comprendre le consommateur devient un élément-clé d’un secteur qui chaque année devient de plus en plus concurrentiel. Pas d’analyse profonde de notre part, juste un partage de connaissances autour de deux documents-clés mis à disposition par le CREDOC, et qui permettent de mettre une réflexion sur les rails. Ces deux études soulignent les comportements des consommateurs vis-à-vis des circuits de distribution entre 2005 et 2012,  nous permettant ainsi dans un second temps d’apprécier une certaine évolution entre ces sept années.

1.   L’environnement externe des circuits de distribution 

1.1.        Une baisse du pouvoir d’achat des ménages 

Un des facteurs externes influençant grandement le secteur de la distribution n’est rien d’autre que le pouvoir d’achat des français, indicateur économique majeur et qui correspond au revenu brut d’un ménage en prenant en compte l’inflation. La crise économique impacte durablement notre pouvoir d’achat avec un résultat négatif pour la troisième année consécutive. Le schéma ci-dessous tiré de l’étude du CREDOC souligne le caractère unique et à la fois désastreux de l’actuelle crise sur le pouvoir d’achat :
On observe donc une dégradation de la situation financière des français entre 2005 et 2012. Ce climat morose et cette baisse du pouvoir d’achat empêchent les ménages d’épargner et découragent grandement le recours à un crédit.Toutefois, le taux d’épargne des français n’a jamais été aussi haut, avec en 2010 un taux historique s’élevant à 16,2%. Ainsi, les français voyant leur pouvoir d’achat diminuer, mettent plus de côté pour ceux qui le peuvent et ne contractent pas de crédit. Un phénomène de diminution de la consommation des ménages se présente où les dépenses d’alimentation ne sont plus qu’unevariable d’ajustement d’un budget plus serré.

1.2.        Un climat très morose 

L’INSEE possède un indicateur sur la confiance des ménages, synthèse de l’opinion de ces derniers sur leur situation économique, de leur perception de leur niveau de vie, de leur taux d’épargne et de leur capacité à faire des achats importants. Atteignant son niveau le plus bas en 2008, l’indicateur démontre que les français s’attendent à une reprise économique difficile en 2014, avec la conscience d’un pouvoir d’achat diminué. Toutefois, la perception est celle d’une reprise et non d’une aggravation de la situation, soulignant à la fois un climat très morose mais aussi un espoir d’amélioration.
En clair, le climat morose qui règne au sein des ménages français refrène la consommation de ces derniers, tout en démontrant un certain espoir d’amélioration.

1.3.        Augmentation du prix de l’alimentation 

La hausse des prix dans le secteur alimentaire, due à une pression inflationniste plus forte, elle-même due majoritairement à l’augmentation du prix des matières premières, entraîne une diminution de la consommation généralisée. Une approche générationnelle démontre également que les jeunes générations consacrent très peu de budget à leur alimentation, au détriment de la diversité de ce qu’ils consomment, pour consacrer plus en communications, loisirs et surtout logement.
L’augmentation des prix de l’alimentation et l’allocation de plus en plus importante du budget vers d’autres dépenses jouent clairement en défaveur de la consommation, et donc des circuits de distribution. A nouveau, on retrouve ici l’idée de l’alimentation comme variable d’ajustement.

1.4.        Crise financière et recherche de sens à travers l’achat 

A chaque crise financière la société critique le système actuel de consommation, l’accusant de ne plus être au service du bonheur des ménages, aliéné à ces derniers avec une recherche toujours plus importante de profit. La crise de 2009, qui continue de s’aggraver actuellement, a modifié en profondeur le comportement du consommateur que nous sommes, avec l’idée de plus en plus ancrée que consommer moins mais mieux est la clé du bonheur.L’hyperconsommation n’est plus à la mode, le gaspillage alimentaire dénoncé, le développement durable toujours plus pris en compte. La consommation est en recherche de sens. Pourquoi je consomme ? Puis-je donner un sens à travers mon acte d’achat ? Celui-ci n’étant plus « aussi gratuit » qu’avant, mais porteur d’une mission sociale et véhicule les valeurs personnelles du consommateur.
D’où une consommation vers des produits alimentaires garantissant la responsabilité du consommateur ; responsabilité sociétale, responsabilité environnementale et responsabilité économique, les trois piliers fondateurs de la RSE, qui aujourd’hui n’est plus une mode mais un nouveau modèle qui façonne notre comportement de consommation. La RSE repose sur trois piliers qui s’entrecoupent pour atteindre la sacro-sainte durabilité. On retrouve dans le discours marketing et publicitaire de plus en plus les termes mis en exergue par le schéma ci-dessous :
Trois piliers de la RSE et leurs entrecoupements.
Un coup d’œil aux tendances du SIAL 2012 mise en évidence par XTC   souligne cette recherche de sens à travers la consommation où le triptyque Economie-Société-Environnement se cristallise fortement à travers l’innovation produit.
En direct des ports bretons
La consommation alimentaire est devenue outil de création de lien social où l’individu va rechercher un sens dans cet acte que la crise financière n’a plus rendu gratuit.

2.            Habitudes des consommateurs et circuits de distribution 

Cette première étude des facteurs externes posent notre cadre de réflexion sur l’évolution des circuits de distribution. Voilà ce qui influence notre consommateur. Quel impact sur celui-ci ? Quel profil-type de consommation va-t-on retrouver chez notre individu en 2012 ? Qu’est-ce qui a changé depuis 2005 ?

2.1.        Infidèle consommateur 

Beaudelaire infidélité
En premier lieu, ce qui fait le succès d’un circuit de distribution est sa fréquentation, c’est-à-dire le nombre de déplacements réalisés en un laps de temps défini par une même personne dans un but défini. Un premier indicateur qu’est le taux de fréquentation (équivalent au % d’individus ayant déclaré fréquenter le circuit, quelle que soit la fréquence) nous montre qu’hypermarché et supermarché sont toujours les circuits les plus visités :
Taux de fréquentation des circuits de distribution
Données 2005 : base de 945 adultes de plus de 18 ans et 520 adultes de plus de 18 ans pour taux de fréquentation d’internet.
Données 2012 : base 943 adultes de plus de 18 ans et estimation taux de fréquentation internet par le FEVAD (Fédération e-commerce et vente à distance ).
Les résultats soulignent que le taux de fréquentation de la majorité des circuits de distribution a augmenté, avec une petite diminution pour certains d’entre eux mais peu significative au regard de l’augmentation d’autres (dont notamment internet, les commerces spécialisés ou le hard-discount). Un deuxième graphique va nous permettre de comprendre un facette nouvelle du consommateur de la grande distribution.
multi-fréquentation des circuits de distribution
Le consommateur de la grande distribution diversifie son circuit de distribution, il fréquente plus d’enseignes différentes au lieu d’en privilégier certaines. Un phénomène de multi-fréquentation est présent. Le consommateur n’hésite plus à passer d’une enseigne à l’autre, à diversifier son parcours d’achat par le panel de plus en plus important d’enseignes spécialisées qui voient le jour. Laspécialisation des points de vente, c’est-à-dire le fait qu’un point de vente va devenir spécialiste dans la vente d’un ou de plusieurs produits alimentaires particuliers, est la cause de cette multi-fréquentation. Notre consommateur estzappeur, il n’hésite pas à fragmenter son panier de course au lieu de le massifier. Ainsi, l’habitude d’acheter un grand panier de biens de consommation en une seule visite mensuelle à l’hypermarché est révolue : le consommateur achète en plusieurs fois dans plusieurs enseignes.
Toutefois, même si plus de circuit sont fréquentés, est-ce que cela signifie qu’ils le sont autant ? Il faut comprendre la différence entre le nombre de circuits fréquentés et a fréquence de cette visite. Je peux visiter trois nouveaux de circuits de distribution, mais quel sera l’impact de cette diversification sur mes habitudes en termes de fréquence ? Irai-je toujours à mon hypermarché deux fois par semaine ?
Une fois de plus, le CREDOC nous livre des résultats parlants entre 2005 et 2012 :
quantitatif fréqeuntation
En clair, le constat est le suivant : le consommateur fréquente une plus grande diversité de circuits de distribution mais se rend moins souvent dans chaque en moyenne. Le consommateur est devenu zappeur dans son choix des circuits de distribution, n’hésitant pas à se rendre dans des endroits spécifiques pour acheter des biens spécifiques, faisant jouer la concurrence et la diversité de l’offre. La grande distribution doit donc réagir en conséquence et se poser la question fondamentale de la fidélité. Comment s’assurer que mon client achètera ses fruits et légumes chez moi plutôt que d’utiliser la Ruche qui dit oui? Des boîtes de conserves sur Internet avec Sardines Pirates  ? Ou même du fromage au lieu de se faire livrer une box par les Nouveaux Fromagers  ?
Egalement, la progression d’internet apparaît comme un signal faible qu’il est bon de commencer à enregistrer pour préparer l’avenir. Même si nous sommes encore loin d’un système de distribution totalement déconstruit  , il n’est plus hasardeux d’imaginer internet complètement intégrée dans la décision d’achat, où le circuit de distribution se verra prolongé sur le Web, avec la possibilité de répondre de façon flexible et efficiente au besoin du consommateur quand il veut, s’il veut. Le circuit sera alors accessible en permanence, il vous suffira de faire vos courses après votre travail, pendant votre trajet de retour chez vous, et d’aller chercher directement les provisions pré-emballées au magasin le plus proche… Difficile, mais pas utopique au regard de l’ultra-concurrence actuelle de la grande distribution qui ne demande que des nouveaux concepts pour mieux séduire et se diversifier.

2.2.        Choisir un circuit de distribution : la rationalité de notre consommateur 

Sur quoi se base le choix du circuit de distribution ? Pourquoi faire ses courses à un DailyMonop’ plutôt qu’un supermarché ? Multiples sont les raisons d’un choix de circuit de distribution. Découvrons-les ensemble :
Critère de choix grande distribution
Ces résultats démontrent la rationalité de notre consommateur. Pas étonnant en ces temps de crise, où le budget alimentaire diminue pour devenir une variable d’ajustement, et où vous et moi n’avons pas beaucoup de temps à consacrer à l’activité d’acheter. Toujours plus vite et toujours moins cher sont les deux demandes qu’imposent aujourd’hui le consommateur aux circuits de distribution, menaçant ainsi les hypermarchés et supermarchés au profit d’autres plus près, plus pratiques et pas forcément plus chers.
Trois critères indémodables et indétrônables : la proximité, le prix et la diversité de l’offre. Une observation intéressante démontre une nouvelle recherche de praticité plutôt que d’hédonisme.
Premièrement,  le consommateur veut aller plus vite et plus efficacement plutôt que d’apprécier des critères qualitatifs de bien-être. La praticité de l’achat avant le plaisir qu’il peut provoquer !  La grande distribution doit s’adapter à cette nouvelle demande : commodité d’accès avec le parking, rationalisation du magasin, délimitation des rayons, caisses automatiques… C’est l’argument développé par les circuits de proximité comme les commerces spécialisés qui grignotent les parts des hypers et les supermarchés.
Deuxièmement, la crise qui s’aggrave a rendu le consommateur encore plus regardant sur le prix impactant positivement les taux de fréquentation des hard-discount.
Enfin, ces deux critères expliquent la popularité d’Internet. Internet qui compare, internet qui livre chez soi et internet, savamment utilisé, qui concurrence désormais de plus en plus la grande distribution classique !

3.  Segmentation des consommateurs en profils-type 

Les résultats des habitudes de consommation ont permis de dégager cinq profils homogènes de consommateur au regard des circuits de distribution.
Mapping profils des consommateurs des circuits de distribution

3.1.   Les massificateurs 

Sous-groupe le plus important, mobilisant 30% de la population, lesmassificateurs sont particulièrement sélectifs dans le choix de leurs canaux de distribution, avec une préférence marquée pour les hypermarchés. A part ce circuit, ils sous-utilisent les autres avec une fréquentation très faible des commerces spécialisés, des marchés ou hard-discount. Les massificateurs sont néanmoins les plus fortement attirés par internet, et toute autre voie électronique pour faire ses courses (drive et commande sur internet). Enfin, internet est également un moyen efficace de comparer les prix.
Leur stratégie de magasinage réside dans la massification, c’est-à-dire le regroupement efficace et ordonné de tous les produits dans un nombre plus restreint de circuits de distribution. Ils recherchent efficacité à travers le critère de la praticité d’achat et de la diversification, que nous avons vu plus haut.L’esthétique ou l’innovation d’un produit ne les intéressent pas, ne faisant que très peu d’achats d’impulsion, et guidés par une vraie rationalité dans leurs achats. Faire les courses apparaît comme une corvée plutôt qu’une activité plaisante.
Qui sont-ils ? Les massificateurs montrent une surreprésentation de personnes habitant dans l’ouest de la France et le bassin parisien, avec une accessibilité aux hyper et supermarchés, jeunes (25-34 ans) avec un bon niveau d’études (bac +2) et des hauts revenus (3660 à 5490 euros/mois).

3.2.   Les conquis du Hard-discount 

Ils représentent 26% de la population et démontrent une sélection très forte de leurs circuits de distribution, orientés fortement vers les hard-discount. Les autres circuits de distribution ne sont que très peu, voire absolument pas fréquentés, à l’exception des supermarchés.
Qui sont-ils ? Une majorité de femmes, employées sans diplôme ou avec un diplôme faible (CEP ou brevet des collèges), appartenant ou non à des ménages à faible revenus (de 1220 à 1830 euros/mois). Les contraintes budgétairesexpliquent le choix du hard-discount, et la grande majorité déclare avoir du mal à boucler les fins de mois. On observe une absence dans ce groupe de personnes habitant dans des zones urbaines denses, les conquis du hard-discount habitent en majorité les campagnes.
Publicité le mutant
La stratégie d’achat dépend uniquement du prix. Ainsi, le choix du circuit de distribution se fera par la compétitivité du prix des produits offerts. Ils évitent donc les achats superflus, ne sont pas attirés par des facteurs esthétiques, innovants, ne portent pas d’attention aux marques et aux garanties d’hygiène et de sécurité. Le prix décide de leurs décisions, et tout comme les massificateurs, réaliser les courses n’est pas perçu comme une activité agréable.

3.3.        Les éclectiques des enseignes de proximit é

Ces 17% de fous-furieux des enseignes de proximité fréquentent au minimum quatre circuits de distribution différents. Pour les observer dans leurs comportements naturels, munissez-vous d’une paire de jumelles et campez devant les commerces de proximité comme Carrefour City (51% déclarent y aller une fois par semaine contre 14% du reste de la population), Franprix (48% contre 13%) et les Picard (12% contre 4%).
Sur le plan CSP, ils sont urbains, habitant des villes, vivant en appartements, avec un diplôme élevé de type 3ème cycle, et dont le foyer génère un haut revenu (supérieur à 5490 euros/mois).
Leurs motivations d’achats englobent la technicité du produit, l’innovation qu’il représente, la facilité d’utilisation et la marque. La consommation est pour eux une nécessité plus qu’un plaisir, et ils considèrent l’acte d’achat comme unexercice hautement technique. Peu de considération pour le prix, ils recherchent des produits de qualité, avec un attrait pour ceux présentant une garantie écologique. Toutefois, le Made in France ou les « produits citoyens » ne les attirent pas particulièrement.
Avant tout, la proximité décide du choix du circuit avec le caractère agréable d’une enseigne au contraire des deux premiers groupes.

3.4.     Les éclectiques des circuits indépendants de proximit é

Avec une représentation à la hauteur de 15% de la population, ces éclectiques fréquentent également de nombreux circuits de distribution avec une attirance pour les supérettes, les marchés, les commerces alimentaires spécialisées (boucherie, boulangerie…) et les épiceries de quartier en évitant soigneusement le hard-discount, le super et hypermarché.
Leur attention se porte avant tout sur la qualité du produit. Ils possèdent une vision hédoniste de la consommation, sensible aux labels de qualité et à l’esthétique du produit. Le prix n’est un critère primordial. Ils choisissent le circuit le plus proche, leur permettant de faire des courses rapidement et qui leurs sont agréables.
Les éclectiques des circuits indépendants de proximité sont peu différenciés.Plutôt des hommes, avec une sous-représentation de la zone Ouest et Nord de la France (donc plutôt l’Est et le Sud de la France), ils n’habitent pas dans les petites agglomérations (moins de 20 000 habitants) et on n’y retrouve moins d’employés que la moyenne. Vous l’aurez compris, ce sous-groupe est difficile à caractériser, rien ne ressort à part des non-appartenances !
Nous sommes légion. Nous sommes les éclectiques des circuits indépendants de proximité

3.5.        Les papillonneurs 

12% de la population papillonne et fréquente de façon hebdomadaire le plus de circuits de distribution alimentaire, allant des commerces spécialisés au supermarché. Ils sur-utilisent également les hard-discount, les magasins de surgelés et les commerces de proximité. Ils sont partout. Sauf dans épiceries de quartier, qu’ils ne fréquentent guère, et Internet qu’ils n’utilisent pas pour faire les courses.
Tous les mêmes - Papillonneurs
Comment leur faire acheter un produit ? D’une façon très simple, toutedistinction de qualité les incite à acheter (labels, made in France, garantie écologique…) et ils se moquent du prix. L’achat de produits est pour eux unvéritable plaisir, d’où l’importance pour eux du critère agréable d’un magasin, mais aussi de la praticité d’achat avec la présence d’un parking. Ils recherchent les magasins agréables, esthétiques, originaux et  avec le moins de monde dedans si possible.
Qui sont ces frivoles de la consommation ? Les personnes inactives vivant en couple et les seniors (55-64 ans) qui ont du temps libre pour s’adonner aupapillonnage d’un commerce à un autre. Egalement les cadres qui ont un pouvoir d’achat suffisant pour exiger de la qualité avant tout. Les foyers à bas revenus sont par contre sous-représentés.

3.6.        Récapitulons 

Pour vous faciliter la compréhension, voilà un petit tableau récapitulatif (merci encore au CREDOC, vous faîtes un très beau travail) illustrant la régularité de fréquentation des circuits de distribution alimentaire selon le segment d’appartenance.
Tableau récapitulatif profil des consommateurs- circuit de distribution fréquenté

4.         Que peut-on en conclure ?

Nos attitudes de consommation sont influencées par deux facteurs, les facteurs sociodémographiques et la dynamique socioéconomique dans lequel nous évoluons.
Le prix apparaît comme un critère devenu prépondérant, de par l’aggravation de la crise prolongeant une situation d’incertitude économique où le consommateur épargne s’il le peut plutôt que de dépenser, avec un basculement de l’alimentaire comme variable d’ajustement du budget des ménages, mais aussi par un phénomène générationnel. La dépense alimentaire diminue chez les jeunes, sacrifiant la diversité de leurs choix alimentaires, notamment pour des dépenses orientées loisirs mais également pré-engagées, comme le logement.
La multi-fréquentation des circuits de distribution souligne l’état de fait que le consommateur n’est plus passif, mais actif, voire proactif. Il est acteur de sa consommation. Il se renseigne, compare les prix, écoute les rumeurs et les proches, et utilise désormais internet pour l’alimentaire. Cela conduit à le rendre plus exigeant, car plus informé, et il peut facilement zapper d’un circuit à un autre au cas où sa satisfaction ne serait pas totale.
En plus du prix, le consommateur est désormais attentif aux offres porteuses de sens. La recherche de sens à travers le comportement d’achat peut surpasser le critère prix. D’où l’attention portée à des offres de proximité, plus personnelles et plus spécialisées, avec une garantie environnementale et sociale. Il y a aujourd’hui un changement dans le comportement d’achat du consommateur dû fait de telles nouvelles attentes. D’où la multiplication des concepts répondant à ces demandes, avec une diversification très importante des circuits de distribution alimentaire, qui érodent petit à petit la position dominante de la grande distribution. Circuit-court, box à la maison, magasin de coopératives, magasin bio, concept-store… Les concepts se multiplient et grignotent la grande distribution, ne remettant pas encore en cause leur prédominance.
Le changement est lent mais régulier, porté par un changement générationnel et d’attitudes.
Le défi pour la grande distribution ? Répondre parallèlement à deux mouvances :
  • La mouvance traditionnelle, commune à tous les consommateurs recherchant des prix plus faible en cette période de crise, une proximité et une praticité d’achat et un respect minimum de l’environnement.
  • La mouvance nouvelle, qui recherche plus loin que la mouvance traditionnelle sur un certain nombre de critères (plus d’engagement social, plus de respect de l’environnement, plus de qualité, plus de meilleurs prix), et auquel répond brillamment les concurrents de la grande distribution.
La dose fait le poison ! Paracelse clôturera cet article où trop d’innovation risque de dénaturer la grande distribution et de décevoir le gros des consommateurs formant la mouvance traditionnelle, et où pas assez risque de détrôner dans quelques années quelques têtes couronnées de l’univers impitoyable de la grande consommation…

Comment trouver, commander et acheter des produits frais en ligne ?

Pas le temps d'aller au marché, pas envie de passer votre temps au rayon fruits et légumes, produits frais de votre hypermarché? Pourquoi ne pas essayer les services de livraisons de sites spécialisés dans la vente en ligne de produits frais! 
En effet que ce soit pour le poisson frais, la viande, les fruits et légumes, des producteurs, bouchers, pêcheurs mettent en vente les produits de qualité issus de leurs récoltes. Ainsi vous profitez de produits frais de qualité à prix plutôt compétitifs livrés à domicile au tarif colis traditionnel. Certains vous offrent la première livraison, d'autres la font gratuite pour un certain montant d'achat! 
Voici donc une sélection de cyberproducteurs et cyberfermiers pour faire votre marché en ligne! 

Suit une liste de sites avec des détails sur leurs propositions
A lire à l'adresse http://goo.gl/An9Q4P

Le bio poursuit sa croissance

Le succès de l'agriculture biologique et du marché bio se confirme, et leur développement se poursuit.  Avec 245 nouveaux producteurs, le nombre d’agriculteurs ayant enregistré la reconversion bio début 2013 a presque doublé par rapport à l’année précédente. En 2012,  5731 entreprises agricoles travaillaient selon le Cahier des charges de Bio Suisse et de sa marque le Bourgeon. En ajoutant à ces entreprises les 389 producteurs qui appliquent l’Ordonnance bio de la Confédération, la part de l’agriculture biologique atteint maintenant 11.3% de l’ensemble des domaines agricoles suisses. Quant au commerce de détail, il signe un nouveau record, avec une croissance de 5.3% et un chiffre d’affaires total de 1.83 milliard de francs.

Le bio: un succès incontestable

Avec une croissance de 5.3% et un chiffre d'affaires total de 1.83 milliard de francs, s'est poursuivi, en 2012, le développement continu que connaît le marché bio. La part de marché des propduits bio est passée l'an dernier de 6 à 6.3%. Pratiquement tous les groupes de produits - sauf le fromage et les produits de boulangerie et de biscuiterie - ont augmenté leurs part de marché, ave une progression supérieure à la moyenne pour les produits frais, dont la part de marché atteint 8.5%.
Stand de marché
Document parts bio en valeur (286 Ko) pour 2012 > http://goo.gl/CZa5B1

Alternative currencies become more popular in The Netherlands

Just at the end of last year, the Dutch government was alerting people against trusting alternative currencies such as bitcoin, citing their highly volatile exchange rates and no accountable issuing institution.
Apart from the worldwide bitcoin success, local currencies are gaining more and more momentum. In the United Kingdom, London has the Brixton pound.  In Belgium, the torekes is the alternative currency of Ghent. The sardex is the one of Sardinia, the Wir is Switzerland’s and Ithaca Hours are used in New York.
In The Netherlands, since last year, Amsterdam has a currency called makkie, which now joins the older currency called noppes. Other cities in The Netherlands have created their own money as well. Groningen has the gulden, Gelder has the gelre, Achterhoeke has the achthoeker and Leiden has thezonnemunt. Rotterdam also has two local currencies, the first being the zuiderling, used in the south of the city, while the other is called the dam, used throughout Rotterdam. Both have come into use in 2013 and circulate along with the euro.
Many things can be said about such alternative currencies but most of them are a consequence to the financial crisis and economic backdrop. With less money, but more time on their hands, people can exchange services and expertise or find additional customers with other currencies. These local currencies create an additional market and encourage cooperation within the community, and while the Dutch Central Bank doest not consider them legal tender, they are regulated and taxed by the Belastingdienst, which requires payment records. Henk van Arkel from the Social Trade Organisation in Utrecht claims that alternative currencies come and go, running from between one and four years on average, but that this is influenced by the unemployment rate and financial situation of the medium.

mardi 4 février 2014

Emballages alimentaires (Belgique)

Les emballages alimentaires sont de deux type :
foto borden
Objets: le matériel, les récipients, les emballages et les ustensiles divers qui sont manifestement destinés ou servant à être utilisés pour la fabrication, la préparation, la conservation, le débit, le transport ou la manipulation des denrées alimentaires ou qui sont présentés comme tels.
foto plastic pellets
Matériaux: les éléments constitutifs des objets et matériaux de revêtement destinés à être mis en contact direct ou indirect avec les denrées alimentaires.
Il existe pour tous les matériaux et objets, quels que soient leurs composants (plastique, métaux, vernis, papier etc.), des règles générales qui figurent dans le Réglement 1935/2004 concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (.PDF). Elles disent ceci :
1) Les matériaux et objets sont fabriqués afin de limiter la migration de leurs contaminants dans les aliments. Ces contaminants ne peuvent dépasser une quantité susceptible :
a) de présenter un danger pour la santé humaine;
b) d’entraîner une modification inacceptable de la composition des denrées;
c) d’entraîner une altération des caractères organoleptiques de celles-ci.
2)  L’étiquetage, la publicité et la présentation d’un matériau ou d’un objet ne doivent pas induire le consommateur en erreur.
 A l'heure actuelle, il existe des normes spécifiques pour les matières plastiques, la cellulose régénérée et les céramiques. Ces matières sont réglementées au niveau de L'Union européenne (WEB)  via des directives spécifiques.
 Les autres matières sont actuellement étudiées et analysées par le Conseil de l'Europe (WEB) de Strasbourg. Ces différents travaux aident beaucoup à décortiquer les données existantes. Le but visé ? Composer une réglementation internationale. La Belgique est un membre actif du Conseil de l'Europe dans ce cadre. A ce jour, plusieurs résolutions sont adoptées par le Conseil de l'Europe. Elles sont appliquées par l'industrie pour s'assurer de la sécurité de ses produits.

 Autres sites intéressants


Source: Ministère de la Santé Publique (http://goo.gl/f4W7Od)

Emballages alimentaires et autres matériaux au contact des aliments

Avec la complexité croissante du secteur industriel et la nécessité de garantir une totale sécurité, il est essentiel de contrôler chaque étape du process de fabrication. Tous les matériaux susceptibles d’entrer en contact avec les aliments doivent être contrôlés afin d’éviter tout risque de contamination et d'assurer le respect de toute utilisation prévisible de ce matériel.
Silliker peut vous aider à choisir la solution analytique la plus adaptée selon qu’il s’agisse d’une matière première, d’un produit transformé ou d’un produit fini pour s’assurer du respect des normes européennes et internationales.
Les analyses proposées visent à démontrer l’aptitude des matériaux à être au contact des aliments : matières plastiques, papier et carton, verre, céramique, cellulose régénérée, métaux et alliages, caoutchouc, bois, liège et autres matériaux non spécifiquement réglementés.

Nos rapports d’essais complets rendent compte des normes élevées de qualité appliquées et permettent de garantir à vos clients et utilisateurs la conformité de vos produits.
Assistance législative et évaluation des risques :
Assistance technique et législative :
• Évaluation de la documentation technique pour identifier les caractéristiques essentielles des matériaux et rédaction de protocoles analytiques spécifiques si nécessaire
• Évaluation de la conformité des substances utilisées dans la production de matériaux réglementés par des normes spécifiques (par exemple plastiques, papier, caoutchouc, etc.)
• Évaluation de la déclaration de conformité des produits en contact avec les denrées alimentaires
• Évaluation de la conformité de l'étiquetage avec la réglementation en vigueur
• Formations dédiées et personnalisées
• Conseils techniques pour GMP (Good Manufacturing Practice) conformément au règlement CE- 2023/2006.
• Publication d’une newsletter bimensuelle rassemblant des informations pratiques et claires, extraites des nouveaux textes réglementaires, sur les emballages et matériaux au contact des aliments.
Analyses pour évaluer la conformité des matériaux au contact des aliments
• Tests de migration globale et spécifiques (LMS, QM,…)
• Mesure de Set-Off (décalque des encres d’étiquettes lors de l’empilement d’emballages)
• Contrôle de composition et exigences de pureté conformément aux différentes recommandations (françaises, italiennes, allemandes – BfR,…) et au guide «Lignes directrices de l'industrie pour assurer la conformité des matériaux papier et carton ainsi que des objets destinés au contact alimentaire".
• Détermination des contaminants des papiers et cartons (MOSH, MOAH, phtalates, etc.)
•  Vérification de la conformité des produits en céramique et des matériaux métalliques
• Vérification de la conformité des machines et ustensiles de cuisine : machine à café, électroménager, systèmes d'eau potable.
Autres services analytiques
Silliker possède une gamme complète d’analyses des matériaux au contact des aliments et notamment des analyses physico-chimiques. De la conception à la fabrication, de l'utilisation finale à l'élimination, vous avez ainsi la possibilité d’évaluer différentes caractéristiques :
• Analyse des matériaux et évaluation des caractéristiques des polymères
• Évaluation de la résistance
• Etude de biodégradabilité et compostabilité
Analyses sensorielles
• Analyse olfactive et gustative normalisées et test Robinson.
• Analyse olfactive et Off-Flavour (souillure) selon la norme UNI EN 1230-1 et -2 pour le papier et le carton destinés à entrer en contact avec les aliments.
• Détermination GC / MS pour identifier et quantifier les substances volatiles capables de migrer de l'emballage alimentaire à l'espace de tête à l'intérieur de l'emballage.
Marketing sensoriel
Nos experts R & D de Biofortis en collaboration avec votre équipe marketing, R&D et qualité peuvent vous aider à améliorer votre produit afin que celui-ci réponde au mieux aux attentes de vos clients. 
Pour en savoir plus sur Biofortis 

Etudes sensorielles & consommateurs

Comprendre toutes les perceptions sensorielles et émotionnelles, un enjeu pour votre produit.

Chaque être humain au contact d’un produit éprouve des sensations qui lui sont propres. Analyser ses perceptions, ses réactions mais surtout les comprendre, c’est se donner les moyens d’adapter le produit à ses attentes.
Dans une relation “consommateur/produit”, les 5 sens sont mis en jeu, que ce soit lors de l’achat des produits, de leur préparation, pendant leur consommation ou encore après leur utilisation. Cette relation est de plus en plus chargée d’émotionnel; les comportements des consommateurs méritent donc observation, attention et réflexion.

En complément des méthodes marketing “classiques ou généralistes”, les études sensorielles et consommateurs permettent donc la mise en adéquation des attentes des consommateurs avec la réelle perception de l’objet offrant ainsi des éléments de décision indispensables aux équipes Marketing et R&D.

L'utilité de cette approche se confirme dès lors qu'elle peut intervenir aux différents moments stratégiques de la mise au point d'un produit : de la phase d'innovation jusqu'à la phase de validation.



Enrichi par ses expériences réussies et fort de ses compétences, BIOFORTIS Sensory & Consumer (anciennement  ADRIANT®) a amené progressivement l'étude du langage des sens au cœur des préoccupations marketing.
De plus, BIOFORTIS Sensory & Consumer est le premier institut d’études européen à avoir transféré ce savoir-faire de l’agroalimentaire vers d'autres secteurs tels la cosmétique, les produits d'entretien, le petit électroménager... ce qui lui a permis d'affiner ses méthodes et ses approches et de rester à la pointe de la recherche.
Son implication, ses résultats, son professionnalisme, son exigence de rigueur permanente, le respect de son éthique, lui confèrent une renommée incontestée dans le monde des études.
Source: Labo Mérieux (http://goo.gl/B2eGKs)

Faire pousser ses légumes sur un toit (2/2) > suite de l'article de la semaine passée

De Singapour à Montréal, de Tokyo à Paris, l’engouement des grandes mégapoles mondiales pour la culture hors-sol se confirme, année après année. La preuve à travers cinq projets emblématiques.

Des bus végétalisés en Espagne

L'artiste-paysagiste espagnol Marc Granén a aménagé des plantes poussant hors-sol sur des toitures de bus. Copyright : Marc Granén / PhytoKinetic
L’artiste-paysagiste espagnol Marc Granén a aménagé des plantes poussant hors-sol sur des toitures de bus. Copyright : Marc Granén / PhytoKinetic
L’artiste et paysagiste espagnol Marc Granén aime joindre l’utile à l’agréable. D’où son idée d’installer des plantes sur les toitures des bus : « Trouver de nouveaux espaces urbains pour des jardins est problématique. Nous pourrions utiliser des espaces qui existent déjà, comme les toits des transports publics de la ville », écrit Granén sur son site. Baptisé PhytoKinetic, son projet d’écosystème mobile fonctionne grâce à une structure en acier inoxydable fixée au toit du bus. Une fois imperméabilisée, cette structure est remplie d’une solution hydroponique permettant de faire pousser des fraises, des salades et des sédums (un type de plantes qui résiste au froid). Ces toitures permettent d’absorber du CO2 et surtout, en cas de forte chaleur, de faire baisser de 3 à 4°C la température à l’intérieur du bus. Pas sûr que le système PhytoKinetic suffise à compenser la pollution urbaine liée aux transports. Mais Marc Granén a, en tout cas, le mérite d’essayer d’imaginer à quoi pourrait ressembler un espace vert mobile en ville.

Paris sous les fraises

En 2013, l’Association française de culture hors sol (AFCH) a été retenue par la Mairie de Paris pour mettre en oeuvre son projet « Paris sous les fraises ». Au printemps 2014, un toit-terrasse du XXe arrondissement accueillera une serre de 1 000 m² où pousseront hors-sol des fraises et des plantes aromatiques, destinées à alimenter les cuisines de plusieurs grands chefs parisiens. Il s’agira de membranes de culture hydrobiologiques spécialement adaptées aux murs et aux toits. Piloté par un bailleur social, cette expérimentation grandeur nature devrait durer au moins trois ans. Pour Yohan Hubert, directeur de l’AFCH, cet immense jardin perché pourrait même devenir
« une des toutes premières exploitations biologiques hors-sol au monde. »

Le supermarché de Brooklyn qui produit ses propres légumes

Whole Foods Market à Brooklyn réinvente la grande distribution. Source : media.wholefoodsmarket.com
Whole Foods Market à Brooklyn réinvente la grande distribution. Source : media.wholefoodsmarket.com
C’est une première mondiale. Le 17 décembre 2013, la chaîne américaine Whole Foods Market, spécialisée dans la distribution de produits bio, a ouvert à Brooklyn un supermarché qui vend des fruits et légumes produits sur son toit dans une grande serre hydroponique. En plus de limiter les émissions de CO2 liées à l’acheminement des produits, cette « serre durable » consomme vingt fois moins d’eau qu’une serre classique. « Ce projet est une énorme avancée pour la promotion de la production locale, très appréciée par les consommateurs. Grâce à notre serre, ils auront accès toute l’année à des herbes, des légumes verts et des tomates de très grande qualité, ultra frais et organiques », a déclaré Viraj Puri, le cofondateur de Gotham Greens, la société qui a aidé Whole Foods Market à concevoir et installer cette serre commerciale.