Préoccupés par la sécurité alimentaire et les produits chimiques pouvant passer du contenant au contenu, les consommateurs européens (74%) considèrent le verre comme l'emballage le plus rassurant, révèle une étude européenne de la société InSites Consulting.
La sécurité alimentaire est une préoccupation pour 61% de Français, avant même leur propre santé (58%). À l'échelle européenne, il existe un risque de relargage des produits chimiques de l'emballage jusqu'au contenu, ce qui interroge 66% de consommateurs. Et ce n'est pas un hasard s'ils en sont soucieux. Plus de huit Européens sur dix sont persuadés que le risque est réel pour la santé.
Dans ces conditions, le verre est l'emballage jugé le plus sûr, avec 74% d'avis favorables, loin devant la brique composite (11%), les plastiques (6%), les canettes métalliques (4%), la boîte en métal (3%) et la caisse-outre, telle que le "bag-in-box", (3%). Seuls 15% d'Européens estiment qu'il existe une interaction du contenu avec l'emballage en verre, contre 59% pour le plastique.
En conséquence, 61% des parents européens évitent d'acheter des aliments pour bébé emballés dans du plastique et 77% conservent les repas dans des boîtes en verre. Cette étude a été menée dans onze pays européens auprès d'un échantillon de plus de 8.000 consommateurs, interrogés du 27 février au 7 mars 2014.
Source: http://goo.gl/ZZUjgf
Autre source sur l'étude menée par InSites: http://goo.gl/1kKZla
jeudi 12 juin 2014
mercredi 11 juin 2014
Packaging : Coca-Cola et Vittel se jouent des bouchons
Les deux marques substituent le temps d’une opération leurs traditionnels bouchons au profit de capuchons ludiques et utiles... mais toujours rouges! Un astucieux exercice de design au service de l’environnement pour la première et de la santé pour la seconde.
Ils sont uniquement rouges : forcément ces bouchons se vissent exclusivement sur les bouteilles de Coca-Cola et Vittel dont le code couleur est rouge! Et pourtant ils introduisent une bonne dose de fantaisie dans le design des deux marques. Pour la première grâce à une variété qui va du pinceau, au sifflet, en passant par le stick à bulles, le taille crayons, l’haltère, le pistolet à eau, le vaporisateur, l'instrument de musique ou encore la pompe à savon liquide ou à sauce pimentée... Ces 16 embouts imaginés par Coca-Cola et son agence Ogilvy & Mather Chine, ont pour mission d’encourager les accros à la célèbre boisson gazeuse de prolonger l’utilisation de la bouteille une fois vide.
16 variantes et 40 000 bouchons pour offrir une 2ème vie aux bouteilles de Coca-Cola
Baptisée « 2nd lives », cette opération s’inscrit dans le programme mondial mené par la marque en faveur du développement durable notamment dans les pays en voie de développement où le recyclage et les bonnes habitudes ne sont pas encore un automatisme. Elle est, en effet, déclinée au Vietnam, en Thaïlande et en Indonésie, où 40 000 bouchons à la pièce ou en kit seront distribués gratuitement à tout acheteur d’un Coca-Cola. Entre jouets et ustensiles du quotidien plus ou moins ludiques, ils sont tous utiles. Cette opération est déjà aux yeux des puristes de la protection de l’environnement une grande farce voire hypocrite, car évidemment grâce à son côté sympathique, elle permet de développer une plus grande familiarité avec la marque. De plus, elle est source de production de plastique supplémentaire pour l'équipement de ces secondes utilisations. Mais elle n’empêche pas la marque de poursuivre sa recherche et son développement sur le plastique biodégradable et ses programmes de récupération de déchets. Et même si ce n’est qu’une petite astuce face au grave problème de la pollution, elle a le mérite d’éduquer ses consommateurs en les incitant à envisager d’autres alternatives que celle de jeter leur bouteille n’importe où !
Le bouchon/minuteur/rafraîchissant de Vittel rappelle à l'ordre le consommateur avec un drapeau
Mais Coca-Cola n’est pas le seul à s’essayer à cet exercice futé de design et de marketing. Vittel sous l'égide d'Ogilvy & Mather Paris(la même enseigne que pour le géant du soda américain !) a en effet mis au point son "Refresh cap". Un bouchon (également rouge) qui permet à ses consommateurs de s’hydrater régulièrement tout au long de la journée. Equipé d’un chronomètre de 60 minutes (réglable), cet embout enclenche son compte à rebours dès qu’on le visse et libère sur son sommet un petit drapeau pour avertir son utilisateur qu’il est temps de boire l’une des 8 gorgées d’eau recommandées quotidiennement. Sous ses dehors ludiques, ce dispositif peut sembler un peu gadget mais il est tout ce qu’il y a de plus sérieux. Car son objectif est d'engager une partie des 80% de Français « toujours trop occupés » au point d'oublier les gestes élémentaires pour prendre soin de leur santé. Alors, à la veille de l'été, ces deux campagnes qui jouent la connivence permettent aux marques de communiquer localement et en fonction de l'actualité ou des problèmes sociétaux et d'être indispensables en s'impliquant auprès de leur client ou en améliorant leur vie... Ce qui est loin d'être un simple clin d'oeil!
Florence Berthier
Source: http://goo.gl/uKZkVL
Retail : les 4 matériaux qui font fureur aux Etats-Unis
Incarner sa marque dans le monde physique est un challenge déterminant dans l’acte d’achat. Le bureau de tendance Urban Sublime est allé enquêter du côté des Etats-Unis, roi des flagships stores et de la mise en scène. Dans leur ebook « 50 tendances des Etats-Unis à intégrer à votre stratégie », ils dévoilent les 4 matériaux qui font mouche...
Savoir interpeller avant de passer une porte de magasin, présenter des produits via un univers attractif pour produire une expérience inoubliable, séduire un consommateur en mal d’expérience : tout autant de paramètres qui s’incarnent aussi par le choix des matériaux. Revue d'effectif !
Le bois à l'état brut
Dans son aspect le plus brut et naturel, le bois s’efface pour mettre en valeur les produits. Une atmosphère d’authenticité, de robustesse et de qualité se dégage des lieux prodiguant aux marques une sensation de longévité et de stabilité très appréciée des consommateurs en manque de repères. Des enseignes comme Starbucks ou Antropologie l’utilisent en tant que véritable signature de leurs points de vente. Les récents concept stores de Nike intègrent aussi largement le bois.
Le carrelage blanc
Faisant écho à la fois au côté médical des laboratoires tout autant qu’aux salles de bains populaires, le carrelage blanc fait son grand retour en magasin et envahit les lieux tendances de New York. Ce matériau lisse et froid peut être renforcé par du métal ou cassé avec d’autres éléments plus chauds pour créer un contraste. Il peut être à la fois ludique ou anobli comme le montre l’exemple de Khiel’squi l’utilise à l’entrée de son magasin sur la 5ème avenue. La marque française Le Labo se l’approprie même sur le digital.
Le carton recyclé
Le carton est omniprésent dans le packaging et de plus en plus dans le visual merchandising. Recyclable, biodégradable, eco friendly, il conquiert aussi bien le mass market que des marques plus confidentielles telles que la Maison Margiela. Souvent utilisé pour son aspect et sa couleur vintage, il offre étonnamment un côté ultra contemporain lorsqu’il est associé à des produits de luxe, permettant une valorisation extrême du matériau auquel il est apposé.
Le métal apparent
Dépouillé au plafond à la manière d’anciennes usines et fabriques, en rampes d’escaliers ou poteaux, le métal prodigue aux lieux un caractère brut, industriel et intemporel. Ce dernier amène une touche arty et tendance. Un rendu froid mais pointu, faussement dénudé qui s’efface encore une fois au profit des produits.
Laetitia Faure / @ArtyLaeti, Urban Sublime
Pour se procurer le ebook « 50 tendances des Etats-Unis à intégrer à votre stratégie », cliquez ici
Esclavage en Thaïlande : Carrefour suspend ses relations avec CP Foods
D'après le Guardian, le fournisseur de crevettes de l'enseigne, CF Foods, travaille avec des bateaux pratiquant l'esclavage. Le distributeur a immédiatement réagi en suspendant ses relations commerciales avec ce dernier.
Certaines crevettes vendues chez Carrefour alimenteraient l'esclavagisme en Thaïlande. C'est la conclusion d'une enquête de six mois menée par le Guardian . Le quotidien britannique explique que l'enseigne française fait parti des grands groupes de distribution, aux côtés des géants Walmart, Tesco et Costco, qui se fournissent en crevettes auprès du numéro un du secteur, Charoen Pokphand (CP) Foods. Or l'enquête prouve que cette société fait elle-même appel à des fournisseurs qui pratiquent un esclavagisme intense.
CP Foods, société spécialisée dans l'élevage et la vente de crevettes et de plats préparés, achète du poisson pêché par des bateaux esclavagistes pour nourrir ses crevettes. D'après le Guardian, la main d'œuvre de ces bateaux serait constituée d'immigrants clandestins du Cambodge ou de la Birmanie voisine. Piégés par leur passeur, ces derniers se retrouvent vendus au capitaine pour 300 euros. Leur quotidien devient alors infernal. Détenus de force, ils travaillent 20 heures par jour. Pour les faire tenir, un seul plat de riz et surtout des méthamphétamines. D'anciens esclaves échappés des bateaux ont expliqué au Guardian qu'ils étaient régulièrement enchainés, battus et torturés. Les exécutions étaient aussi monnaie courante. L'un des rescapé affirme avoir vu 20 des ses camarades se faire tuer, l'un d'entre eux aurait même été écartelé.
«Carrefour condamne avec force, s'ils sont avérés, les faits rapportés par The Guardian», assure une porte-parole interrogée par Le Figaro. «Par mesure conservatoire, Carrefour décide de suspendre immédiatement ses achats directs ou indirects auprès de cette entreprise jusqu'à ce que la lumière soit faite», explique-t-elle. Pour sa défense, le groupe affirme avoir procédé en juillet 2013 à un audit social de l'usine de conditionnement de cette société «qui n'a rien révélé d'anormal à cette époque».
CP Foods, de son côté, a reconnu l'existence de cet esclavagisme dans sa chaîne de production mais dit «manquer de visibilité» sur l'importance du phénomène.
Une dérive plusieurs fois condamnée
L'esclavagisme dans l'industrie de la pêche thaïlandaise est connu de longue date. Le pays est régulièrement pointé du doigt par l'Organisation internationale du travail. Même s'il n'existe aucune statistique officielle, le gouvernement estime que sur les 300.000 personnes travaillant sur les bateaux de pêche, 90% sont des migrants susceptibles d'être exploités. Malgré cette prise de conscience, les autorités tardent à réagir par crainte de mettre en péril l'intégralité de la filière qui pèse 7 milliards de dollars. La pêche est un enjeu économique vital, notamment les crevettes dont la Thaïlande est le premier exportateur mondial. Chaque année, 500.000 tonnes de ce crustacé sont exportées.
Avec ce nouveau coup de projecteur, les ONG attendent une action ferme de la part des géants de la distribution, essentiellement ceux clients de CP Foods qui produit 10% des crevettes exportées.Pour l'ONG Anti-Slavery International, les distributeurs pourraient encore renforcer leur contrôle sur leurs fournisseurs et les obliger à bannir l'esclavage sous peine de rompre le partenariat. Elles attendent aussi un sursaut de la part des consommateurs. «Si vous achetez des crevettes de Thaïlande, vous achetez un produit issu de l'esclavage», prévient Aidan McQuade, directeur de Anti-Slavery International.
Source: http://goo.gl/5W3Qs4
mardi 10 juin 2014
Drinkable grains, bee-free honey & other next trends
Sterling-Rice Group (SRG) has identified the top 10 natural and organic food trends that may soon arrive at your kitchen table. The culinary firm is a research leader on trends in the food industry—in part due to its extensive work in consumer insights, health and wellness and all things culinary around the world. The SRG team also works with more than 100 top chefs, restauranteurs and food influencers as they gather trend information.
This year, with increased interest in knowing where food comes from and what's in it, consumers will seek options with optimum health and wellness benefits. Look for these trends to inspire the mainstream in coming months:
- Lusting After Lentils: From pasta to waffles, lentils are everywhere this year as the quest for new plant-based protein sources continues to rise.
- It's More Than a Gut Feeling: Consumers continue their quest for prebiotics, cobiotics and probiotics. Our bodies' plumbing systems get more attention than ever. There are now foods whose main goal is to keep your gut happy
- Beets Can't Be Beat: Moving beyond salad plates, these nutritious veggies are showing up in in everything from juices to fruit leathers to yogurt.
- Drink Your Grains: When it comes to getting your daily dose of whole grains, keep your bowl in the cupboard and grab a glass! Food manufacturers are now delivering whole grain goodness in new and unexpected forms, namely, beverages.
- Honey that is Decidedly Not for the Bees: With growing concern about Colony Collapse and the resulting increase in honey sourced from China, food companies are now making bee-less honey from fruit-based formulations.
- Top-Notch Toppers: Savory sauces and dressings are boosting the nutritional stats of salads, pastas and other entrees. This trend may go sweet with calcium rich chocolate and caramel sauces and creamy high protein cake frosting.
- Let Cows Be Cows: Grass-fed steak is a request no longer limited to restaurants. Consumers are now looking products from happily grass-fed cows, pastured chickens, and pen-free pigs.
- African Superfoods: From nutrient dense baobab fruit snacks to moringa leaf snack bars and bissap tea, Africa is the latest hotbed of exotic superfoods.
- GMO-free Way to Be: Move over USDA organic certification. The GMO-Free Project Verified seal is the new badge of honor to display on one's package.
- Non-Dairy Goes Scary: Ever consider sipping pond scum? Now you can! Algae milk is the new kid in non-dairy milk. With impressive nutrition stats, lack of allergenic ingredients, and a sustainable production story, it's a worthy contender.
La police dans les potagers ?
L’information avait filtré en 2013 et certains sites en avaient parlé….
Mais personne n’y croyait trop.
Eh bien ça y est, ils vont oser ces technocrates de Bruxelles rendre illégales la pousse, la reproduction et la vente de végétaux non testées par cette nouvelle autorité, une de plus, appelée l’Agence européenne des variétés végétales.
La culture privée des légumes serait ainsi interdite au nom de raisons sanitaires.
A qui vont-ils faire croire que c’est la santé qui prime ?
De fait la Commission européenne va confier le contrôle de l’approvisionnement à des multinationales comme Monsanto….à des sociétés qui utilisent à grandes doses les produits dangereux comme les pesticides et les désherbants.
Monsanto peut d’ailleurs doublement se féliciter puisqu’en plus l’Union Européenne vient d’annoncer le 6 juin 2014, l’autorisation des cultures OGM !?
C’est le débarquement sur nos côtes de tous les produits du géant …
..
Ce n’est pas la liberté qu’on nous offre mais le monopole assuré des grands groupes qui assurent directement ou indirectement la « mal bouffe » et la fin programmée de la culture libre.
La Commission européenne n’a pas peur du ridicule quand elle appelle sa loi :
« Des règles plus intelligentes pour des denrées alimentaires plus sûres : la Commission propose un paquet législatif primordial pour moderniser, simplifier et renforcer la filière agroalimentaire en Europe ».
De qui se moque-t-elle ?
Des petits producteurs, des circuits militants et des familles qui cultivent leur petit jardin et qui s’échangent des semailles.
Les contrevenants risquent demain une amende de centaines d’euros s’ils n’obéissent pas aux diktats de Bruxelles !
Des fonctionnaires assermentés ou des policiers vont-ils demain pouvoir rentrer dans les jardins et les potagers pour verbaliser.
Evidemment nous n’en sommes pas encore là…. La loi va surtout viser à normaliser, contrôler tous les circuits de distribution….
Le petit jardin familial serait « hors loi », espérons-le !
Ce qui est certain c’est que les règles « plus intelligentes » visent à empêcher d’une manière ou de l’autre toute culture qui n’entre pas dans les normes.
J’espère qu’un vent de protestation va se lever pour que cette loi ne soit pas votée.
Il nous resterait en cas de sortie de ces textes iniques à nous déclarer INSOUMIS !
Jean-François Chalot
Source: http://goo.gl/87Nzxr
Mais personne n’y croyait trop.
Eh bien ça y est, ils vont oser ces technocrates de Bruxelles rendre illégales la pousse, la reproduction et la vente de végétaux non testées par cette nouvelle autorité, une de plus, appelée l’Agence européenne des variétés végétales.
La culture privée des légumes serait ainsi interdite au nom de raisons sanitaires.
A qui vont-ils faire croire que c’est la santé qui prime ?
De fait la Commission européenne va confier le contrôle de l’approvisionnement à des multinationales comme Monsanto….à des sociétés qui utilisent à grandes doses les produits dangereux comme les pesticides et les désherbants.
Monsanto peut d’ailleurs doublement se féliciter puisqu’en plus l’Union Européenne vient d’annoncer le 6 juin 2014, l’autorisation des cultures OGM !?
C’est le débarquement sur nos côtes de tous les produits du géant …
..
Ce n’est pas la liberté qu’on nous offre mais le monopole assuré des grands groupes qui assurent directement ou indirectement la « mal bouffe » et la fin programmée de la culture libre.
La Commission européenne n’a pas peur du ridicule quand elle appelle sa loi :
« Des règles plus intelligentes pour des denrées alimentaires plus sûres : la Commission propose un paquet législatif primordial pour moderniser, simplifier et renforcer la filière agroalimentaire en Europe ».
De qui se moque-t-elle ?
Des petits producteurs, des circuits militants et des familles qui cultivent leur petit jardin et qui s’échangent des semailles.
Les contrevenants risquent demain une amende de centaines d’euros s’ils n’obéissent pas aux diktats de Bruxelles !
Des fonctionnaires assermentés ou des policiers vont-ils demain pouvoir rentrer dans les jardins et les potagers pour verbaliser.
Evidemment nous n’en sommes pas encore là…. La loi va surtout viser à normaliser, contrôler tous les circuits de distribution….
Le petit jardin familial serait « hors loi », espérons-le !
Ce qui est certain c’est que les règles « plus intelligentes » visent à empêcher d’une manière ou de l’autre toute culture qui n’entre pas dans les normes.
J’espère qu’un vent de protestation va se lever pour que cette loi ne soit pas votée.
Il nous resterait en cas de sortie de ces textes iniques à nous déclarer INSOUMIS !
Jean-François Chalot
Source: http://goo.gl/87Nzxr
lundi 9 juin 2014
Protocole Bop 2.0, de la base de la pyramide au sommet
Le modèle BoP pour « Bottom of the Pyramid » inventé en 2004 par un professeur d’économie américain présente la population mondiale comme une pyramide pour laquelle on retrouve à la base les 4 milliards d’individus vivant avec moins de 2 $ par jour, et au sommet, les plus riches parmi lesquels quelques multinationales qui dirigent et décident de l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé, etc. Selon l’auteur, il est nécessaire de changer son point de vue sur la pauvreté car la base de la pyramide présente un potentiel économique considérable.
La base de la pyramide économique
Qui forme ce qu’on appelle la base de la pyramide économique ? Elle rassemble les 4 milliards d’individus dans le monde qui vivent avec moins de 2 dollars par jour, soit plus de la moitié de la population mondiale. Cette partie majeure de la population vivant dans la pauvreté ne doit plus être perçue comme une victime : à la base de la pyramide, se trouvent des entrepreneursmais aussi des consommateurs conscients des valeurs.
C’est de ce point de vue que découle le concept de BoP pour Base Of the Pyramid. Les pauvres qui constituent la base de la pyramide doivent être perçus comme moteur de l’économie mondiale.
Nous sommes en effet tous conscients des échecs des modèles traditionnels de l’économie de marché ou de l’aide au développement. Le concept BoP suggère de changer notre manière de voir les choses.
C.K. Prahalad, « The Fortune at the Bottom of the Pyramid »
Prahalad était un physicien indien spécialiste en management et en économie. Son travail a principalement porté sur le rôle et la valeur ajoutée des hauts dirigeants des entreprises multinationales. Le Times l’a classé en 2007 et en 2009 premier parmi les 50 penseurs les plus influents en matière de « Business ».
La manière de considérer les 4 milliards d’individus vivant avec moins de 2$ doit changer : ils ne doivent pas être vus comme un fardeau mais plutôt comme un marché porteurpour lequel les entreprises peuvent proposer des produits adaptés. Cette théorie et les pratiques qui s’en inspirent visent ainsi à assurer à un meilleur prix des services de meilleure qualité. En contrepartie, compte tenu de sa taille, le marché représente des opportunités économiques considérables pour les multinationales.
Ainsi, d’après la théorie BoP, les entreprises font unegrossière erreur en se contentant de s’adresser uniquement aux 800 millions de personnes les plus riches dans le monde. L’erreur est non seulement stratégique parce qu’elles ignorent la part la plus importante, en nombre, de consommateurs potentiels. Elle est aussi éthique puisqu’elle contribue à accroître la pauvreté dans le monde.
Ce que le concept BoP veut démontrer c’est que la pauvreté n’enlève en rien les besoins de consommation.
En ciblant les populations les plus pauvres, les entreprises contribueraient à réduire la pauvreté et par là même les inégalités Nord-Sud et s’offriraient dans le même temps leur plus importantes opportunités économiques !
Le modèle n’est donc pas philantropique puisque s’implanter sur ces marchés pauvres peut s’avérer être très rentable pour l’entreprise.
Les 12 principes d’innovation
Prahalad fournit 12 principes de base permettant de créer des produits et des services adaptés au marché constitué par la base de la pyramide :
- Cibler sur la performance des prix.
- Développer des solutions hybrides, mélangeant technologie ancienne et nouvelle.
- Mener des opérations graduées et transposables à travers les pays, les cultures et les langues.
- Développer des produits écologiques pour préserver les ressources
- Réinventer totalement les produits et ne pas se contenter d’adapter des produits occidentaux déjà existants
- Construire des infrastructures pour la logistique et la fabrication.
- Déqualifier le travail
- Apprendre aux clients à utiliser les produits
- Concevoir des produits pouvant fonctionner dans des environnements hostiles : bruit, poussière, mauvaises conditions d’hygiène, coupures électriques, pollution de l’eau…
- Concevoir des interfaces utilisateur adaptées
- Penser des méthodes de distribution pour atteindre les marchés ruraux fortement dispersés et les marchés urbains à haute densité.
- Se concentrer sur une architecture large, facilitant l’incorporation rapide de nouveaux dispositifs.
La première version BoP a été un échec. Les entreprises n’ont pas du tout respecté l’un des principes de base édicté par Prahalad. Elles se sont mises à s’implanter dans les pays pauvressans tenir compte des spécificités des marchés. Ainsi des entreprises comme Nike avec sa « World Shoe » ou Procter et Gamble avec « PuR », le purificateur d’eau, ont tenté d’entrer rapidement sur ces marchés émergents et s’y sont cassé les dents.
Une nouvelle version du protocole BoP, baptisée BoP 2.0 donc, prend en compte lescaractéristiques sociales et locales des nouveaux marchés. BoP 2.0 cherche à construire des partenariats en co-créant des business en éliminant totalement l’approche « top-down » à l’origine des échecs de la première version.
Stuart Hart, l’autre nom du concept BoP donne plusieurs exemples de stratégies « malheureuses » qui ont signé l’échec de la première version du BoP en préambule du « Protocole BOP 2.0 », traduit en français par l’IIES (Institut de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat Social) de l’ESSEC.
« La tentative avortée de Nike de créer une chaussure de sport mondiale pour les marchés des personnes à faibles revenus, ou encore les sachets unidose de savons, shampoings et crèmes de Unilever, n’ont visé qu’à entrer rapidement sur un nouveau marché. Proposer des produits de l’entreprise, qu’ils soient reformulés ou reconditionnés, vers les bidonvilles et les populations pauvres, peut augmenter les ventes à court terme. Mais à long terme ces stratégies ne peuvent qu’échouer car les business restent étrangers à la communauté qu’ils sont supposée servir ».
Pour atteindre ce marché spécifique, il faut des produits spécifiques. Il faut savoir innover en ayant recours à des données qu’on laissait jusqu’à présent de côté. Ceci passe par l’implication inévitable de ces populations qui elles, connaissent leurs besoins. Il faut alors intégrer la société civile dans les réflexions et faire appel à d’autres savoirs comme ceux offerts par l‘anthropologie économique – science qui étudie les dispositifs mis en oeuvre par les sociétés humaines afin de produire et échanger les biens matériels nécessaires à leur consommation et à leur reproduction en tant que groupes (1) – et les politiques de développement.
Pour qu’il y ait succès, l’entreprise doit savoir co-créer et inclure le point de vue des populations ciblées dans ses projets.
Source: http://goo.gl/dDaxJa

