mercredi 31 juillet 2013

Circuits courts (2/6) : les paniers des AMAP lyonnaises ne font plus recette

Avec le développement des circuits courts, même un citadin n’ayant jamais vu une ferme de sa vie peut manger local. Rue89Lyon poursuit sa série de reportages sur ces nouveaux systèmes de consommation. Pour ce deuxième volet, nous nous sommes intéressés aux paniers des AMAP qui ne font plus autant recette qu’il y a quelques années. Explications par les paysans et les « consomm’acteurs ».
Les adhérents de Bissamap récupèrent pour la première fois un panier de légumes. Credit : JEM/Rue89Lyon
L’étal de légumes et de fromages est installé sur deux places d’un parking de Caluire. Mais rien à voir avec un marché improvisé. Autour des bottes de carottes, les adhérents d’une toute nouvelle Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) se réunissent pour la première fois afin de récupérer un panier de légumes locaux… et bio.
Nancy, qui a monté l’association avec des voisins, n’en est pas à son coup d’essai. Déjà, habitante de Villeurbanne, elle avait participé à la création de deux AMAP, ces associations de consommateurs qui se font livrer chaque semaine des paniers de produits de la ferme, directement apportés par un agriculteur du coin. Ce mercredi 29 mai à Caluire, la bonne humeur est de rigueur chez les adhérents de Bissamap.
« Ce qui me plaît, c’est de consommer des produits de qualité d’une autre manière, en s’engageant sur le long terme vis-à-vis d’un producteur. Et puis les AMAP, ça permet de se rencontrer, de créer du lien social », s’enthousiasme Nancy.
C’est donc elle qui règle les derniers détails. Pour la distribution de la semaine prochaine, il faudra bien penser à indiquer le prix au kilo des légumes, faire le point sur le nombre d’adhérents et continuer à solliciter la mairie pour obtenir un lieu de distribution plus adéquat.
Marion Frichet, la productrice de légumes, a appris à expliquer aux néophytes son mode, ses impératifs de production. Et pour cause, elle fournit déjà trois autres AMAP. Un bon moyen d’écouler ses stocks, tout en étant en lien constant avec les consommateurs. Mais pour que cela soit rentable, l’équilibre est délicat :
« Une AMAP de moins de trente paniers et à plus de dix kilomètres de l’exploitation ce n’est pas intéressant ».
A la charge de Bissamap, de garantir un certain nombre d’amapiens, comme se dénomment les adhérents, qui signent un contrat de six mois à un an avec le producteur.

Consom’acteurs ou consommateurs ?
Alors qu’il y a quelques années, il fallait parfois attendre des mois sur liste d’attente avant d’adhérer à une AMAP, nombreuses sont celles qui aujourd’hui recherchent de nouveaux adhérents. Ce déclin n’est pas étranger à la contrainte qui caractérise le système.
Les amapiens doivent s’engager sur six mois voire un an à récupérer chaque semaine un panier de produits dont il ne connaissent pas la composition à l’avance. Saisonnalité oblige, les paniers d’hiver sont moins attrayants et diversifiés que ceux d’été et le chou peut avoir tendance à lasser. Il faut cependant préciser que de nombreuses AMAP s’associent désormais avec des éleveurs pour la viande et les oeufs ou avec des apiculteurs et ne se limitent plus au traditionnel panier de légumes. Et pour Laure Galland, animatrice d’Alliance PEC Rhône-Alpes, le réseau qui se donne pour mission de fédérer et de donner une meilleure visibilité aux AMAP, la contrainte est aussi l’une des forces du système :
« Les consommateurs ont des contreparties à la contrainte. Il s’y retrouvent en termes de qualité des produits, de prix et dans la relation établie avec le producteur. C’est une expérience qu’ils ne retrouveraient pas ailleurs ».
La relation avec le producteur, les explications qu’il dispense sur son métier, souvent mises en avant par les adhérents, sont au coeur de la charte des AMAP qui établit les règles de bases de ces associations.

mardi 30 juillet 2013

Circuits courts (1/6) : effet de mode ou nouvelle façon de consommer ?

Avec le développement des circuits courts, même un citadin n’ayant jamais vu une ferme de sa vie peut manger local. Ces formes plébiscitées de commercialisation n’ont pas toutes la même cible, elles sont plus ou moins écolos et doivent avant tout être rentables pour les producteurs. Rue89Lyon s’est intéressé aux popositions faites dans l’agglo lyonnaise, et ouvre une série de reportages.
Exploitation à Saint-Martin-en-Haut. (Crédit : JEM/Rue89Lyon)
« J’en ai marre de bouffer de la merde. Avec Carrefour et compagnie on ne sait vraiment plus ce qu’il y a dans ce qu’on achète ».
Des réflexions comme celle de ce Lyonnais, entrant dans un magasin de produits locaux à Solaize, les agriculteurs et éleveurs en entendent souvent ces temps-ci. Crise économique, scandale de la viande de cheval, les consommateurs seraient tentés de se détourner des grandes surfaces pour privilégier les circuits courts.
Fondés sur le lien direct avec un producteur local ou avec un seul intermédiaire, ces modes de commercialisation ont le vent en poupe. Mais ils sont tout sauf nouveaux et la vente à la ferme ou sur les marchés, formes traditionnelles de circuit de proximité, trustent toujours le secteur.
Depuis 10 ans, dans les zones urbaines, elles sont relayées par des formes de commercialisation plus adaptées aux citadins qui rechignent à se rendre directement dans les exploitations agricoles pour faire leurs emplettes. Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), systèmes de distribution de paniers de produits frais, magasins de producteurs locaux ou encore épiceries, l’agglomération lyonnaise fait figure de bon élève des circuits alimentaires de proximité.

Rhône-Alpes, région « branchée »
Avant d’être banchée sur les circuits courts, Rhône-Alpes, avec près de 40 000 exploitations agricoles, est surtout la deuxième région de France, derrière l’Aquitaine, en termes de nombre d’exploitations. Et si l’on affine en ne prenant en compte que les exploitations bios, Rhône-Alpes décroche la première place.
Abritant surtout des exploitations de taille moyenne, et donc une plus grande diversité de produits, la région est en pointe à plusieurs égards, selon Séverine Saleilles, chercheuse qui a participé au projet Liproco sur le lien entre producteurs et consommateurs :
« Rhône-Alpes est l’une des régions les plus avancées mais il faut dire qu’elle est présente depuis longtemps sur le terrain des circuits alternatifs. C’est par exemple la région dans laquelle on trouve le plus de points de vente collectifs de produits locaux ».
C’est à Mornant, au nord du Rhône que s’installe en effet Uniferme, le tout premier point de vente collectif de France, en 1978.
Dans une étude sur les circuits courts en Rhône-Alpes fondée sur les données du dernier recensement agricole (2010), la chambre d’agriculture décrit une région « branchée » production et distribution locale. Le tiers des exploitations y utilise ces circuits courts et dans le Rhône la proportion monte à 44 %.

Ceinture verte et proximité du consommateur
Cette situation particulière du Rhône s’explique aisément par sa géographie. L’agglomération lyonnaise et son importante clientèle potentielle est entourée de bassins de production qui forment une ceinture verte composée en majorité de petites exploitations (que ce soit en termes économique ou de superficie). Petites exploitations qui, quand elles font du circuit court, en tirent une partie importante de leur chiffre d’affaires et sont plus créatrices d’emplois.
Schématiquement, dans le Rhône, on trouve de la viticulture (au Nord), de l’élevage (au Nord-Ouest), de la production laitière (à l’Ouest), de l’arboriculture et du maraîchage (disséminés un peu partout avec une forte présence au Sud-Est).
Carte des types de productions en Rhône-Alpes (Chambre d’agriculture)
En plus de la diversité des cultures autour de son agglomération, Lyon abriterait une clientèle réceptive aux circuits de proximité, selon Marie-Odile Fondeur, adjointe au commerce à la Ville de Lyon :
« Par rapport à la moyenne nationale, le potentiel d’achat est double. Cela vient à la fois des traditions gastronomiques et des habitudes de consommation, tournées vers des produits de bonne qualité ».
Et la tendance bien suivie par les producteurs serait au renforcement du côté des consommateurs selon le rapport de la chambre d’agriculture :
«Les chefs d’exploitation en circuits courts se tournent vers les formes et les pratiques qui leur permettent une meilleure valorisation et une diversification de leur activité. Ainsi leurs produits sont plus souvent signes officiels de qualité, bio compris, qui correspondent à une demande croissante des consommateurs ».

« Tous les élus veulent un maraîcher bio en circuit court »
L’attrait du consommateur pour les circuits de proximité reste difficilement mesurable. Ce qui l’est en revanche c’est l’engouement des élus et des institutions pour ce mode de commercialisation qui, à défaut de détrôner les grandes surfaces, recueille les suffrages des électeurs. Mathieu Novel, animateur territorial agricole à la chambre d’agriculture :
« Tous les types de circuits courts ne sont pas viables pour tous les agriculteurs. Cela dépend du produit, du mode de production, de la concurrence. Mais on ressent bien que le circuit court est à la mode. Tous les élus veulent un maraîcher bio pour fournir une AMAP ou plus récemment des cantines scolaires ».
Et ce n’est pas Marie-Odile Fondeur, « à fond sur le circuit court », qui le contredira :
« Chaque fois qu’on le pourra, on favorisera le circuit court dans les nouveaux marchés et appels d’offres. Il faut aussi favoriser les commerces ambulants comme les food trucks qui circulent dans la ville là où il n’y a pas de commerces sédentaires ».
En substance, le circuit de proximité est tendance et serait « écologiquement responsable » selon l’élue. Sur ce point l’ADEME a rendu un avis tout en nuances en 2012 qui revient sur l’idée que les circuits courts sont nécessairement bons pour l’environnement.
« Si dans le cadre des circuits courts, les produits parcourent une distance plus faible, les consommations d’énergie (…) ne sont pas (…) systématiquement plus faibles. En effet, les émissions par kilomètres parcourus et par tonne transportée sont environ 10 fois plus faibles pour un poids lourd de 32 tonnes et 100 fois plus faibles pour un cargo trans-océanique que pour une camionnette de moins de 3,5 tonnes, car ils permettent de parcourir de plus grandes distances avec un impact gaz à effet de serre équivalent. »
Un constat qui ne tient que si l’on résonne à court terme selon Véronique Hartmann, chargée de mission Espaces agricoles au Grand-Lyon :
« Parfois, du point de vue de l’impact climatique, il vaut mieux manger une pomme venue du Chili que de l’exploitation d’à côté. Mais il faut aussi penser à préserver l’agriculture de proximité, en faisant en sorte de limiter l’empreinte écologique plutôt que d’avoir à la reconstruire dans 15 ans. »

Mieux qualifier la demande pour éviter les subventions inefficaces
Pour l’instant, l’aide au développement des circuits de proximité a surtout pris la forme de subventions.
Le PSADER-PENAP du Rhône, qui organise le soutien à l’agriculture finance en partie des études de faisabilité et des projets. Celui de la reprise de la Halle de la Martinière par le groupe des Producteurs du goût ou encore la meilleure identification des producteurs qui ont du mal à être différenciés des revendeurs sur les marchés du département.
L’Etat également, à travers le Fonds agricole européen pour le développement rural (FAEDER), à octroyé 465 000 euros à la région Rhône-Alpes sur la période 2007-2013. Mais les aides n’ont pas toujours l’effet escompté.
Dans le Rhône, des producteurs de lait ont notamment bénéficié de 33 000 euros d’aides pour acheter des machines permettant la vente directe de lait cruen 11 endroits du département du Rhône. Après 4 ans d’existence le bilan est plus que mitigé et la plupart des producteurs concernés expliquent ne pas écouler suffisamment de lait pour que ce soit rentable.
Un distributeur automatique de lait cru à Sainte-Foy (Crédit : Ugo Moret)
D’ailleurs le PSADER PENAP (2010-2016) souligne un manque de connaissance :
« Les relations entre filières agricoles, aménagement du territoire et politiques publiques sont relativement peu étudiées ».
D’où certainement, cette étude commandée à la Chambre d’agriculture du Rhône pour mieux cerner les formes de circuits courts et leurs débouchés réels. Un document en forme de promesse, comme le suggère Mylène Volle de la direction départementale du Rhône :
« En lien avec le Grand-Lyon, l’Etat accompagne la Chambre dans une étude qui devrait permettre de voir comment mieux s’organiser en qualifiant de manière plus précise l’offre et la demande en circuit de proximité et ainsi adapter les politiques publiques ».

De la vente à la ferme au circuit court 2.0
Les producteurs n’ont pas attendu l’engouement politique pour se lancer dans les circuits de proximité. De la vente à la ferme qui demeure le circuit court le plus rentable pour l’agriculteur, à la livraison à domicile très pratique pour le consommateur mais peu viable, les initiatives sont diverses et rencontrent plus ou moins de succès.
A l’origine portés par des rassemblements de producteurs (Robins des Champs pour le pain, Coteaux du Lyonnais pour le vin, Saveurs du coin ou encore Nos belles récoltes) ces projets sont également développés par des acteurs privés dont l’agriculture n’est pas le domaine. Soit qui ont flairé le bon filon, soit qui militent pour une agriculture relocalisée.
C’est le cas des sociétés qui distribuent des paniers de produits locaux, de certaines épiceries, ou encore du tout nouveau camion burger local qui arpente les rues lyonnaises. Un drive-in fermier, comme ceux créés cette année en Gironde, pourrait également voire le jour. Surtout, le privé a bien compris les potentialités du 2.0. Comme La Ruche qui dit oui, qui propose à des consommateurs de se rassembler pour atteindre un certain volume de produits avant de passer commande. De nombreux systèmes sont encore en cours de rodage.
Rue89Lyon s’est intéressé aux plus représentatifs de ces circuits dans l’agglomération lyonnaise. Où en sont les AMAP ? Sont-elles concurrencées par les entreprises proposant des distributions de paniers ? Quelle est la vitalité des magasins de producteurs situés en zone périurbaine ? Y’a t-il des équivalents sur Lyon même ?
Source: Rue89Lyon (http://goo.gl/Xwt35)

L'ALIMENTAIRE BIO FACE À LA GRANDE DISTRIBUTION

Comment faire face à la concurrence des géants de l'hypermarché ?

Les franchises d'alimentation se portent très bien, avec une hausse de 8 % en 2012 qui devrait se poursuivre en 2013. En raison de la prise de conscience des Français en ce qui concerne le bien-être et la santé, le bio est le rayon star de l'alimentation. Les réseaux de franchise spécialisés dans le bio sont en plein boum, mais les enseignes ne peuvent s'empêcher de s'inquiéter en constatant l'offensive de la grande distribution. Alors, faut-il s'inquiéter ?

L'alimentation bio face à la crise

Les produis bio qui fleurissent dans les rayons des supermarchés affichent des prix comparables à ceux des aliments « normaux ». Souvent issus des marques des distributeurs (MDD) comme Bio Village de Leclerc, Carrefour Agir Bio ou Casino Bio, ces produits sont les seuls à résister un tant soit peu à la crise. La consommation de produits bio souffre par ailleurs de l'effet « budget serré » chez les ménages qui font toujours plus attention à leurs dépenses. Même s'ils veulent toujours effectuer des achats responsables et sains en matière d'alimentation, ils se tournent vers les meilleurs prix. C'est  évidemment là que les attendent des grandes surfaces qui cherchent à éviter la fuite de leur clientèle vers des enseignes franchisées telles Biocoop ou Naturalia.

La qualité et l'éthique dans la balance

Les consommateurs de produits bio sont souvent conscients des problèmes d'éthique, s'intéressant par exemple aussi aux produits issus du commerce équitable. Or, ils n'apprécient pas de constater que les aliments estampillés « bio » sont synonymes de conditions de travail déplorables ou d'un bilan carbone lourd résultant du transport depuis des pays lointains. Le fait que la surface agricole utile (SAU) dédiée au bio en France, à peine au 19ème rang en Europe, plafonne aux alentours de 3 % alors que les ventes s'envolent est inquiétant. En outre, l'apparition de produits bio conditionnés sous vide, surgelés ou en conserve, produits par des grands groupes agroalimentaires peut sembler contraire à la philosophie écologique qui a fait le succès du bio. Sur ce plan, les réseaux de franchises spécialisés n'ont pas à s'inquiéter.

La convivialité et l'accueil, l'arme secrète des franchises spécialisées

La solution pour les enseignes bio s'articule selon les mêmes axes que pour les autres réseaux franchisés du secteur alimentaire : la qualité de l'accueil et des produits, les services associés et l'emplacement. Moins gourmands en mètres carrés et donc plus facilement accessibles pour chacun, les magasins bio doivent tabler sur leur connaissance du produit. Une clientèle exigeante demande un personnel compétent capable de la conseiller. Dans les rayonnages impersonnels d'un supermarché, personne n'est disponible pour renseigner le client, lui confirmer la provenance d'un produit ou lui donner des astuces de cuisine. En outre, les petites surfaces des enseignes spécialisées se fournissent autant que faire se peut auprès des producteurs locaux, ce qui n'est pas le cas des grandes surfaces, toujours à chercher les meilleurs prix. Si le bio « à la mode » envahit les hypermarchés, les vrais consommateurs savent que les produits proposés par les franchises spécialisées sont plus dignes de confiance. Cette assurance ne vaut-elle pas de payer son panier quelques euros de plus ?

Source: Tout la Franchise (http://goo.gl/4ZW9sK)

Le phénomène Eataly veut ouvrir en France

Six ans après l'ouverture de sa première grande surface alliant restauration et distribution, la chaîne prévoit sept nouvelles ouvertures.
Elle étudie un partenariat avec les Galeries Lafayette.

Eataly allie dans un concept original supermarchés et restauration sur place. - Photo Silvano del Puppo/Ropi-RéA
Eataly allie dans un concept original supermarchés et restauration sur place. - Photo Silvano del Puppo/Ropi-RéA
« Moins de bureaucratie, et plus de méritocratie » : c'est l'un des mots d'ordre du fondateur d'Eataly, Oscar Farinetti. La recette semble réussir à ce petit-fils de meunier piémontais de 58 ans qui s'est fixé pour objectif de devenir le numéro un de la distribution alimentaire de qualité dans la Péninsule. Six ans après l'ouverture de son premier espace de 11.000 m 2 dans une ancienne fabrique de liqueurs à Turin, le succès de ce concept original de supermarchés et de restauration sur place, déjà présent à New York et Tokyo, commence à faire des envieux.
Avec 300 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012 (et une marge d'exploitationde 40 millions), Eataly s'apprête à ouvrir quatre nouveaux sites en Italie (Bari, Florence, Milan et Piacenza) d'ici la fin de l'année, outre ses ouvertures à l'étranger (Istanbul, Dubaï et Chicago) à l'automne et le lancement de son propre réseau de commerce électronique en septembre.
« Notre objectif est de devenir le premier distributeur de produits alimentaires de qualité sur Internet et un point de référence pour l'oenogastronomie italienne dans le monde », explique Luca Baffigo, directeur général d'Eataly et cofondateur de la société.

La carte de l'authenticité

Après le lancement d'une version Beta, Eataly s'apprête à démarrer en septembre son service en ligne www.eataly.net avec le fonds franco-italien de capital-risque 360 Capital Partners, déjà promoteur de Yoox, Mutuionline ou Selftrade. Parallèlement, la société fondée par Oscar Farinetti, qui assure les services de restauration de l'opérateur privé ferroviaire Italo, poursuit son internationalisation à marche forcée (voir interview). Un an après l'ouverture de son méga-complexe culinaire à Rome, à la station Ostiense, sur 17.000 m 2 et quatre étages, le groupe piémontais étudie un projet d'ouverture à Paris. Pour ce faire, Eataly recherche un partenaire français. Selon nos informations, des discussions sont en cours avec les Galeries Lafayette. Eataly mise sur son association avec l'association « Slow food » pour promouvoir dans ses magasins des cours gratuits sur le goût alimentaire et le recyclage des déchets. Face à la mainmise de Carrefour et Auchan sur les grands circuits de distribution, l'entreprise turinoise entend jouer la carte de l'authenticité, sans tomber dans le « piège » de la certification biologique systématique. « L'alimentaire italien a une carte à jouer avec l'objectif d'un doublement de nos exportations oenogastronomiques sur trois à cinq ans […] Les Français sont en recul sur les marchés asiatiques », expliquait récemment le patron d'Eataly dans le cadre d'un congrès sur l'alimentaire à Rome.

Source: Les Echos (http://goo.gl/odkfuJ)

FODALI Quel avenir pour la grande distribution ?

L’équipe NutriFizz vous l’avait annoncé dans son article du 25 juin 2013 : FODALI, le premier FOrum des modes de Distribution ALimentaire Innovants, s’est tenu à Périgueux les 26 et 27 juin 2013.
Plénières, tables rondes et ateliers se sont succédés durant deux jours abordant des sujets au cœur de l’actualité : approvisionnement local, boom des marques territoriales, développement des circuits-courts, locavorisme, impact des nouveaux usages numériques sur le commerce alimentaire…
Près de 250 producteurs, industriels et distributeurs participants, plus de 30 intervenants*  des quatre coins de France et les 10 services numériques les plus innovants actuellement sur le marché. Un bilan prometteur pour une 1ère édition !
* dont Philippe MOATI, professeur agrégé d’économie à l’Université Paris-Diderot et Co-Président de l’Observatoire Société et Consommation (L’ObSoCo).
Voici un bref aperçu des informations échangées à cette occasion…
Depuis la naissance de l’hypermarché en 1963 (1er Carrefour à Sainte Geneviève des Bois), les besoins et les attentes du consommateurs ont évolué. Autrefois séduits par la modernité de l’hypermarché et les achats de masse, ils se rapprochent aujourd’hui de la tradition et d’une offre plus ancrée sur leur territoire. Le rapport des consommateurs à la qualité des produits a également changé et la proximité pourrait donner le sentiment d’accéder à des produits de meilleure qualité. En réponse à ces changements de comportements, les acteurs de la grande distribution ont adapté leur offre (important sourcing de produits locaux et de terroir) et développé de nouveaux concepts de proximité de plus en plus attractifs en termes de prix (Exemples : Carrefour contact, Carrefour city…).
Les consommateurs accepteraient-ils de consommer moins pour consommer mieux ? Difficile à dire. Les chiffres de l’Insee sur l’évolution de la consommation des ménages en 2012 viennent d’être publiés. En berne du fait du recul du pouvoir d’achat des ménages, la consommation connaît un recul historique (-0,4% de la dépense de consommation en volume) sans précédent depuis 1949.
En revanche, il est clair que de nouveaux modes de consommation émergent dans la société et se développent de manière importante :
  • Une poussée spectaculaire du drive : en marche vers le e-commerce ?
Les achats groupés et la commande par internet permettent de mieux maîtriser du budget et de limiter les achats compulsifs. Bien que le ticket moyen du drive (75,80€) soit plus élevé qu’en magasin (45,50€), le concept du drive présente une moindre rentabilité liée à la masse salariale des préparateurs de commandes (Chiffres Leclerc).
  • Une appétence pour le concept de marchés fermiers et d’Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne
Voir notre article d’avril 2011 : AMAP à ma portée.
  • Une attirance pour les achats groupés et les communautés de consommateurs
A titre d’exemple, l’entreprise La Ruche qui dit oui ! a développé un outil de vente en ligne, qui favorise les échanges directs entre producteurs locaux et communautés de consommateurs.
Ces nouveaux modes de consommation ont tous un point commun : ils se pratiquent essentiellement hors des sentiers marchands ordinaires et échappent donc à la comptabilité nationale.
Quel avenir pour la grande distribution ?
Depuis son développement dans les années 60-70, le secteur de la GMS n’a été que peu challengé d’où une révolution qui se fait attendre. Le concept d’hypermarché aborde les consommateurs comme une masse alors qu’ils sont de plus en plus en attente d’offres individualisées et que les ménages de 1 à 2 personnes se multiplient ! Sur le modèle américain des hypermarchés, les distributeurs deviendront-ils des intégrateurs qui accueilleront plusieurs magasins spécialisés au sein d’une même surface ? En France, le déploiement du concept Carrefour planet lancé en 2010 a été stoppé 2 ans plus tard. Cette nouvelle génération d’hypermarchés organisée en 8 pôles clés (marché, bio, surgelés, beauté, mode, bébé, maison, loisirs-multimédia) et proposant des services inédits comme un service de garderie pour les enfants n’aura pas eu le succès escompté.
En attendant le lancement d’un autre modèle de distribution novateur, le secteur affine ses connaissances du comportement et des attentes des clients et surveille de près l’arrivée éventuelle d’Amazon sur le marché Français de la distribution alimentaire.
Amazon.com est une entreprise de e-commerce américaine basée à Seattle. Historiquement connue pour la vente de livres, elle propose aujourd’hui une large gamme de produits. Des denrées alimentaires sont dès à présent distribuées aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Les gagnants de l’Appel à Projet : 3 services numériques récompensés 
Lancé en amont de FODALI, l’appel à projets national « Service numérique innovant dans la distribution alimentaire » a permis de mettre en lumière 3 jeunes entreprises :
Catégorie Vente/Après-vente : CHEF JEROME ou comment se voir proposer dans un cybermarché les produits correspondants aux ingrédients d’une recette consultée en ligne : http://www.chefjerome.com/corporate
Catégorie Animation de communautés : FidMe ou comment réunir sur son mobile l’ensemble des cartes de fidélité de ses commerçants préférés et être prévenu des bons plans en passant à proximité : http://www.snapp.fr/
Catégorie Information du consommateur : mesGoûts.fr ou comment identifier les produits alimentaires qui correspondent à ses critères d’achat par simple scan de leur code-barres : http://www.mesgouts.fr/
Rendez-vous en 2015 pour la deuxième édition de FODALI !
Pour en savoir plus : www.fodali.com

Des services numériques innovants pour la distribution alimentaire réunis à Périgueux

La distribution de produits alimentaires s'apprête à vivre dans les dix prochaines années de profondes mutations. De la vente directe, aux marchés de proximité, au développement du commerce par internet, les professionnels du secteur cherchent de nouvelles pistes. Ils se retrouveront à Périgueux, lors du premier forum Fodali, forum des modes de distribution alimentaire innovants, organisé par la Communauté d'agglomération périgourdine. Dans le cadre d'un appel à projets national, dix innovations ont été retenues. Elles seront présentées les 26 et 27 juin, lors de ce forum.

Crise économique, mondialisation des circuits d'approvisionnements, nouveaux usages numériques, prise de conscience environnementale, sont autant de facteurs qui conduisent le secteur de la distribution alimentaire à vivre une mutation profonde. Tous les acteurs seront réunis à Périgueux, les 26 et 27 juin, lors du premier forum Fodali (forum des modes de distribution alimentaire innovants), organisé par la Communauté d'agglomération périgourdine. Une tendance émerge : le consommateur veut que son achat ait un sens. Il a envie de bien manger, d'être rassuré sur l'origine des produits, il se soucie davantage d'un approvisionnement de proximité et  des impacts environnementaux.
 Pendant deux jours, autour de spécialistes, les participants pourront appréhender les nouveaux enjeux de la distribution alimentaire, décrypter les nouvelles tendances, partager des expériences autour de quatre parcours : approvisionnement, vente, marque de territoire, parcours numérique. Les experts, décideurs et professionnels du secteur s'interrogeront et débattront des tendances actuelles. Il sera question des marques, des labels, des usages numériques dont on n'imagine pas encore l'étendue des possibilités. 
Dix innovations nominéesLe Forum regroupera les 10 services numériques les plus innovants actuellement sur le marché. Le jury de professionnels de l'appel à projets national, organisé dans le cadre de Fodali, a tranché. Les 10 projets sélectionnés proposent des innovations portant autant sur la technologie, l’usage ou le service. 8 d'entres eux sont déjà mis sur le marché depuis quelques mois, voire en cours de lancement. Enfin, la plupart intègrent la dimension de proximité recherchée actuellement par les consommateurs. Les dix projets sélectionnés rivalisent de technologies et de services pour faciliter la vie de chacun. Dans la catégorie vente, après vente, chef Jérôme propose de consulter une recette et de voir s'afficher automatiquement les produits correspondant aux ingrédients sur le site d'un supermarché en ligne. Click-eat.fr permet de précommander son repas de déjeuner et de bénéficier d'un coupe-file au retrait du restaurant de son choix. En Gironde, 29 producteurs se sont regroupés pour l'achat de produits fermiers et les retirer en drive. Planicook propose de planifier ses menus de la semaine, de générer une liste de courses budgétisées correspondante et des idées de recettes, avec en projet d'intégrer ce service aux cybermarchés. 
Informer les consommateursDans la catégorie information du consommateur, lebondrive.fr propose de trouver le meilleur drive près de chez soi grâce à un comparateur décryptant quotidiennement les offres des magasins dédiés à ce nouveau mode de distribution. Mesgouts.fr permet de comparer les produits alimentaires et d'identifier ceux qui nous conviennent le mieux grâce à une analyse complète, et personnalisée de 15 000 références. Pixee et MX-Glass proposent de recevoir des informations sur les produits tout en faisant ses courses grâce à une application de reconnaissance d'image via son mobile et bientôt via des lunettes intelligentes. Enfin dans la catégorie animation de communautés, cookening propose une mise en relation pour recevoir ou aller manger chez l'habitant à la rencontre d'autres gastronomies. FidMe propose d'avoir ses cartes de fidèlité sur son mobile et d'être prévenus des bons plans dès que l'on passe à proximité de son commerçant préféré.
Les trois lauréats seront désignés lors de l'ouverture du forum.
Source: Aqui (http://goo.gl/cBUwBD)

lundi 29 juillet 2013

Sous les déchets… la nourriture!

Le réalisateur Martin Esposito nous livre, en exclusivité, un troisième extrait de son film « Super Trash », récit de 14 mois passés dans une décharge du Sud-Est de la France. Dans ce lieu géré par une filiale locale de Véolia, sa caméra a « débusqué »…Des tonnes de nourritures ! Il nous raconte.

« Le début du tournage de Super Trash en 2008, coïncide avec le début de la crise. De plus en plus de familles ne parviennent pas à joindre les deux bouts et sont obligées d’aller solliciter des associations comme les Restos du Cœur pour survivre. La crise est déjà bien installée et la question du « comment se nourrir ? » omniprésente.  C’est dans ce contexte que j'arrive sur la décharge, loin d’imaginer ce que je vais découvrir.

Dès les premiers jours, des camions déversent des tonnes de nourriture. Je pense que ce sont des stocks impropres à la consommation. Etrangement, les travailleurs m’empêchent de m'en approcher. Je ne comprends pas sur le moment. Les jours passent et je revois ces mêmes camions déverser inlassablement ces mêmes montagnes de nourritures. A chaque fois les ouvriers m'éloignent, m'empêchant de tourner. Au fil des mois, ils m'acceptent progressivement et me laissent finalement filmer.

La nourriture balancée au milieu des ordures n’est pas du tout périmée. Elle sort à peine des chambres froides, et est encore réfrigérée. Poulets fermiers, côtes de bœuf, fruits de mer... Gargantuesque ! J’étais sous le choc. Toute cette nourriture pourrait nourrir des familles dans la détresse, être redistribuée, repartagée. Au lieu de ça, elle finit au milieu des fosses sceptiques et des hydrocarbures. Un gâchis total, une vraie folie. Notre société régie par la loi du marché préfère détruire plutôt que de donner.

Alors que je filme, je sens une ambiance étrange autour de moi.  Comme si je gêne les travailleurs à mes côtés. Pour détendre l’atmosphère je me fais un sandwich avec ce qu’il y a à nos pieds. Cela libère l'atmosphère, dissipe le malaise palpable. Tous se mettent alors à faire leurs marchés. Récupérant saucisson, foie gras, saumons, jambons à l'os... tout les produits de luxe de notre société qu'ils ne peuvent pas se payer.

J’ai compris que si depuis le début ils ne voulaient pas que je filme c’est qu’ils avaient peur, honte, de montrer qu'eux aussi se ravitaillaient dans la décharge pour offrir à leurs familles des aliments hors de portée de leur bourse. Leur situation financière les obligeait à faire de la récup pour s’en sortir. Cette décharge m’offrait un reflet de notre société. Une précarité de plus en plus présente, poussant des gens qui travaillent à se nourrir dans une décharge pour faire des économies et cette folie humaine. Celle qui pousse à gâcher, à jeter et à détruire plutôt qu’à partager. »

Source: Marianne (http://goo.gl/OtHDVT)