vendredi 14 septembre 2012

Herstal oblige Carrefour à redistribuer ses invendus alimentaires


Le gaspillage alimentaire… souvent (d)énoncé, mais rarement combattu concrètement. Les comportements de certaines enseignes de la grande distribution ont maintes fois suscités l’opprobre des plus sensibles et censés d’entre nous. Les denrées périssables badigeonnées de détergent, les poubelles cadenassées, tout cela, sous couvert de prévenir d’un risque sanitaire les plus démunis cherchant de quoi se nourrir…
En Belgique, suite au constat que la banque alimentaire est de moins en moins approvisionnée en dons, notamment provenant des grandes surfaces, un petit village se décide à passer à l’action.

Quand la ville impose une clause solidaire sur le permis d’exploitation d’une enseigne :

Ces pratiques sont heureusement misent à mal suite à une récente initiative municipale en Belgique. La commune d’Herstal près de Liège a en effet décidé de céder un permis d’exploitation au Carrefour Planet moyennant la redistribution à des associations caritatives de tous ses invendus alimentaires consommables.
Car on sait bien qu’une date de péremption n’est pas forcément synonyme de risque sanitaire. Et puisque le droit de glanage est combattu par ces industriels, qui n’hésitent la plupart du temps pas à bousiller leur stock d’invendus plutôt que de n’en tirer aucun bénéfice financier, il est très encourageant de voir des communes exiger un changement de méthode à cet égard.
Ainsi, le Carrefour d’Herstal a obligé l’enseigne à mettre à disposition d’associations caritatives ses invendus alimentaires. Placés en zone tampon, les associations sont ensuite libres de venir en disposer. En espérant que la bonne foi de l’enseigne Carrefour soit sincère.
Lorsque les municipalités obligent les grandes surfaces à redistribuer des invendus... c'est peut être ça le premier pas vers moins de gaspillage de masse

Mesure réellement solidaire ou effet d’annonce ?

C’est d’ailleurs bien là que le bât blesse. Cette mesure semblerait presque révolutionnaire parcequ’elle a ce caractère imprévisible et nouveau. On est plus habitué à entendre les récits de méthodes de sabotage des denrées pour éviter d’attirer les plus démunis dans une zone de commerce et d’unités de consommation (la dénomination des clients pour une enseigne). On est plus habitué a entendre que l’enseigne impose sa loi marchande sur les territoires qu’elle investie.
L’initiative de la commune de Herstal manque un peu, soit de fermeté, soit de communication sur le suivi. Les associations caritatives seront « libres d’en disposer » ? L’approche d’élections communales met un coup supplémentaire dans l’aile de l’annonce… Sera-t-elle suffisante pour  masquer les problèmes structurels, inhérents aux méthodes de production et de commercialisation des produits ? Car la gestion des invendus fait partie de l’activité de Carrefour qui doit gérer cela comme tout autre flux. Laisser les denrées dans une zone tampon, (pourquoi ne pas dire « neutre » d’ailleurs), et ensuite que ce passe-t-il ? Quels moyens de communication entre l’enseigne et les associations ? Carrefour dégage d’énormes bénéfices, et ce serait aux associations de payer pour venir débarrasser le géant de la distribution de ses stocks d’invendus ?
Pour le moment annoncée uniquement dans une grande surface de la commune d’Herstal, cette initiative devrait être étendue, avec pourquoi pas un accord reconduit à chaque renouvellement de permis pour les surfaces commerciales. D’autres communes belges seraient intéressées par ce New Deal. A confirmer lorsque les permis arriveront à échéance ou lorsqu’un nouveau tentera de s’implanter.
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En savoir plus sur le gaspillage alimentaire :
Source: Consommer Durable (http://goo.gl/BRvEB)

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