Mariage de raison ou pas, c’est une histoire de business entre Carrefour et certains petits producteurs. Un commerce baptisé «Circuit court». Si l’expression est partout, elle est aussi au Carrefour d’Arlon après celui de Marche. Un stand de «produits locaux» pour s’adapter au marché et aux consommateurs.
Seulement 16 artisans
Carrefour propose un rayon de produits d’un commerce d’ici: du fromage de chèvre, de la bière de micro-brasseries, du miel ou du saucisson, produits dans les 40 kilomètres.
«C’est du win-win, on a essayé de choisir le meilleur endroit du magasin pour les producteurs», explique le directeur arlonais, Marc Del Degan.
Seulement 16 artisans locaux, mais «on en espère 50, 70 en juin».
Dans la charte, la société n’imposera pas de clauses d’exclusivité. Le responsable du département développement durable, Pascal Leglise explique: «Il n’y a aucune exigence de volume, si le producteur ne sait plus répondre à la demande, il nous le dit.»
Se faire des sous sur les artisans? Pas question de cannibaliser ces petits qui font faire la pub du grand frère! assure-t-on «Nous faisons payer le prix conseillé par le producteur. Nous lui conseillons d’ailleurs de ne pas avoir plus de 20% de son chiffre d 'affaires avec Carrefour. Il ne faudrait pas qu’il tombe dans un état de dépendance
Quant aux factures, elles sont payées dans les 30 jours. «Pour la livraison, nous nous sommes engagés: l’artisan ne fera pas la queue derrière les semi-remorques.»
René Collin, le député provincial y voit du gagnant-gagnant: «C’est une idée de Carrefour qui nous a sollicités. Nous avons invité une quarantaine de producteurs. Si certains sont venus en curieux, plusieurs ont adhéré. Nous les avons accompagnés dans les négociations. C’est une part de marché en plus pour les producteurs locaux. Le contrat est équitable ».
Il n’y a pas que Carrefour
Le député assure que cela a coûté en temps et «quelques euros en étiquettes de promotion». Il se dit partant pour tout autre enseigne.
Pas le choix pour les supermarchés de se passer du circuit court? Carrefour verrait le retour de certains clients «en les étonnant par de nouveaux produits». Aussi une belle visibilité pour les «petits» qui s’ouvrent à un nouveau public qui ne fréquente pas les marchés. Les producteurs comme Barnichèvre de souligner: «On a ressenti une confiance. Carrefour nous a écoutés».
Quant au client, il semble ravi. Comme Annick, cette consommatrice: «Depuis qu’il y a le rayon, je prends ce jus de pommes!»
Source: L'Avenir (http://goo.gl/CqqtF9)