jeudi 10 octobre 2013

La distribution digitale : prochaine révolution pour les coopératives agricoles ?

Avec un chiffre d’affaires 2012 de 83,7 milliards d’euros (en augmentation de 1 milliard d’euros par rapport à 2011), les coopératives agricoles françaises présentent un bilan en croissance. Néanmoins, les scandales alimentaires à répétition, la pression sur les prix exercée par la grande distribution et la concurrence internationale nécessitent une transformation en profondeur de leurs métiers, note Kurt Salmon. Au-delà des réorganisations des acteurs (fusion, optimisation, partenariat…), la révolution ne pourrait-elle pas venir des nouveaux modèles de distribution ?


Traçabilité, contrôle qualité, tendance consumériste du « Locavore »,… des impératifs à prendre en compte !

La succession de scandales alimentaires a mis le doute dans l’esprit des consommateurs et du législateur sur la réelle transparence des modèles de distribution à circuit long et la performance des contrôles, résume le cabinet de consultants.

Comme une alternative à ces modèles, la notion de « Locavore » apparue en 2005, part d’une idée simple : tenter de manger seulement les aliments cultivés et produits à l’intérieur d’un rayon de 160 kilomètres. Renforcé par la prise de conscience écologique, ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur, et la production locale est même devenue un argument marketing.

Les enseignes de la grande distribution (Carrefour, Leclerc…) ont bien identifié cette tendance, et n’hésitent plus à mettre en avant l’origine locale dans les linéaires ou sur leurs sites internet : « Reflets de France » pour Carrefour, « Nos régions ont du Talent » pour E. Leclerc,… De plus, selon une étude réalisée par BVA pour METRO Cash & Carry France, 49% des Français achètent ou consomment régulièrement des produits alimentaires fabriqués localement.

Les circuits de distribution courts des produits alimentaires se développent en parallèle (en 2005, 16,3% des exploitations françaises vendaient en circuits courts, elles étaient 21% en 2010) visant entre autre à rassurer le consommateur et à maintenir les marges du producteur.


Un nouveau mode de distribution alimentaire : le Drive

Parallèlement à cette tendance de rapprochement entre le producteur et le consommateur, la grande distribution a développé depuis quelques années le système des points de vente « Drive ». Adossés à un portail e-commerce, ce système permet de répondre aux attentes des consommateurs souhaitant réduire le temps passé à faire leurs courses. Les Drive sont ainsi devenus un incontournable de la distribution alimentaire, avec un nombre de points de vente en forte croissance (1350 en septembre 2012, plus de 2100 en janvier 2013). Représentant aujourd’hui entre 2% et 3% du marché français de l’alimentation, la perspective de croissance à 3 ans est estimée à 10% du marché français.


Les coopératives agricoles, actrices d’un nouveau modèle de vente ?

Dans ce contexte, les coopératives devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu, estime Kurt Salmon ! Capable de produire en circuit court, à partir de leur bassin historique et de rassurer le consommateur sur la provenance locale des produits, certaines coopératives expérimentent la distribution traditionnelle. Le Sud-Ouest, voit ainsi apparaitre des tentatives de vente directe via des points de vente dédiés / des sites internet : UNICOR (les halles de l’Aveyron), EURALIS (les fermiers occitans)… Mais les expériences de distribution mixant e-commerce et points de vente physique (type Drive) sont beaucoup plus rares.

Les coopératives peuvent promouvoir les produits locaux via leurs adhérents. La mise en avant des producteurs et la promotion des produits de saison ne pourraient-elle pas se faire à travers un site de vente, associé à la distribution des produits directement chez l’adhérent, que le produit soit transformé ou non ?

Suite aux différents regroupements et partenariats, beaucoup de coopératives disposent d’un portefeuille produit importants. Pourquoi ne pas envisager la création d’un réseau de points de vente spécialisés dans la distribution de produits élevés et transformés localement ? Le succès de réseaux alimentaires spécialisés (bio, fruits et légumes, fromages…) démontre l’intérêt économique. Des points de vente type « Drive » de produits locaux pourraient répondre aux besoins d’une clientèle certes pressée, mais très attentive à la qualité de ce qu’elle achète…

Source: Infodsi (http://goo.gl/9DDuqT)

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